Dépistage du cancer : une étude de l’Inserm montre l’efficacité des fourmis

Mettre à profit l’odorat des chiens pour dépister les cancers ? C’est une méthode qui fait déjà l’objet de recherches médicales. Mais les fourmis pourraient aussi tenir un rôle dans la détection des cellules cancéreuses. A Paris, une équipe de chercheurs de plusieurs instituts, dont l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale) et le CNRS (Centre national de la recherche scientifique), ont mené une expérimentation. Elle montre que ces insectes pourraient contribuer à dépister plus tôt les cancers chez l’humain.

Des fourmis capables de détecter les cellules cancéreuses

L’expérience a été menée au début de l’année 2022. Il s’agissait pour les chercheurs de mettre à profit à la fois les capacités olfactives des fourmis, et leurs capacités d’apprentissage.

Comment s’est déroulée l’expérimentation des chercheurs ?

Les fourmis – et en particulier l’espèce Formica Fusca – sont en effet capables de faire la distinction entre des mélanges olfactifs complexes… mais aussi d’associer leur effort à l’obtention d’une récompense. Des capacités qui ne sont pas sans rappeler les livres de Bernard Werber ! Pour réaliser leur expérimentation, les chercheurs ont d’abord habitué les fourmis à recevoir une récompense lorsqu’elles se trouvaient près d’un tube contenant des cellules cancéreuses. Celles-ci étaient issues d’un cancer ovarien et de deux formes différentes de cancers du sein. Elles ont ensuite été exposées à plusieurs tubes contenant des cellules cancéreuses ainsi que des tubes contenant des cellules saines. L’analyse de leur comportement a montré que les fourmis avaient passé plus de temps à identifier les cellules cancéreuses.

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Pourquoi cette expérimentation présente un intérêt pour le dépistage des cancers ?

« Le nez des chiens est bien adapté au diagnostic médical, et il est utilisé pour la détection des composants organiques volatils (COV) spécifiques au cancer », estiment les chercheurs dans une publication sur la revue spécialisée iScience. Mais l’entraînement des chiens est lourd et coûteux : 5 mois d’entraînement au minimum sont nécessaires pour que les animaux soient capables d’identifier les cellules cancéreuses. Or, les fourmis ont montré la même capacité en quelques heures d’entraînement. « Cette première étude montre le potentiel élevé des fourmis, capables d’apprendre très vite, à un moindre coût, tout en étant efficaces », assure l’Inserm dans un communiqué. L’efficacité de la méthode des fourmis doit désormais être évaluée lors d’un test clinique.

Le dépistage précoce du cancer : un intérêt majeur pour une meilleure prise en charge médicale

Des méthodes alternatives utilisant les capacités olfactives animales pourraient ainsi contribuer à mieux dépister les cancers, en complément des méthodes actuelles (IRM, mammographies…). Il faut rappeler que le dépistage précoce, avant même l’apparition des premiers symptômes, augmente les chances de guérison des patients. Cela permet aussi d’alléger la prise en charge médicale lorsque c’est possible, et de limiter les séquelles de la maladie ou des traitements.

C’est le cas pour le cancer du sein : la forme de cancer la plus meurtrière et la plus répandue en France. Chaque année, près de 59 000 nouveaux cas sont diagnostiqués. Même si le taux de mortalité tend à baisser, cette forme de cancer provoque encore près de 12 000 décès par an.

– Le dépistage précoce, notamment grâce à la mammographie et à la palpation, allège le traitement. Ainsi, 82 % des femmes touchées bénéficient d’une opération de chirurgie conservatrice, alors que ce pourcentage descend à 70 % si le diagnostic est plus tardif.

– Les programmes de dépistage participent à réduire la mortalité chez les personnes touchées de 15 à 21 %, selon les chiffres de l’Assurance Maladie.

D’autres cancers peuvent faire l’objet d’un dépistage précoce selon l’Institut national du cancer : c’est le cas du cancer colorectal, du cancer de l’utérus, des cancers de la peau, de la prostate et de la cavité buccale.

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