Hépatites : une journée mondiale pour en parler, et mieux protéger les soignants
En France, près de 270 000 personnes souffrent d’une hépatite virale, et notamment d’hépatites B et C. Les soignants sont aussi concernés car ces maladies se transmettent principalement par le sang. Des mesures sont indispensables pour bien les protéger. Chaque année, le 28 juillet, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) mobilise les acteurs des soins contre les hépatites. L’occasion de parler de ces maladies et de leur prise en charge.
Une journée mondiale pour lever les obstacles et mieux soigner la maladie
Pourquoi une journée mondiale contre les hépatites ?
Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), les hépatites sont « évitables, traitables et, dans le cas de l’hépatite C, guérissables ». Pour rappeler la nécessité d’une prise en charge de ces maladies, l’OMS organise chaque année une journée mondiale le 28 juillet. Pour cette édition 2025, l’organisation a choisi le thème « Éliminer l’hépatite ».
Les hépatites A, B, C, D, E et G sont des inflammations du foie, provoquées par des virus. Ces hépatites virales sont, dans le monde, la deuxième cause de décès dû à une maladie infectieuse selon l’OMS. Les hépatites B et C, notamment, ont des conséquences graves sur le foie, allant jusqu’au cancer.
Préparer l’avenir ensemble
La retraite se prépare aussi à deux, surtout lorsqu’elle impacte les projets du foyer. Votre conjoint peut également adhérer au Plan Épargne Retraite du C.G.O.S et bénéficier des mêmes avantages pour construire sereinement les projets du foyer.
Bon à savoir : La date du 28 juillet correspond à celle de l’anniversaire de Baruch Blumberg, le scientifique américain (et prix Nobel) à l’origine de la découverte de l’hépatite B. Le scientifique a également mis au point un vaccin contre le VHB.
En France aussi, la lutte contre l’hépatite virale est un enjeu de santé publique
L’hépatite B et l’hépatite C sont fréquemment asymptomatiques : une personne sur trois ignore qu’elle est concernée (chiffres Inserm). Or, lorsqu’ils ne sont pas dépistés, les malades peuvent à leur tour contaminer d’autres personnes. En l’absence de prise en charge, ces maladies évoluent pendant plusieurs années jusqu’à l’apparition de complications graves : cirrhose, cancer du foie… Chaque année en France, l’hépatite B provoque 1 300 décès, et 4 000 nouvelles personnes sont infectées par l’hépatite C (VHC).
Dépistage, traitement : quelle prise en charge de l’hépatite en France ?
La politique de dépistage menée en France depuis plusieurs années ainsi que l’arrivée de nouveaux traitements permettent de meilleures perspectives pour les patients, relève l’Inserm. Ainsi, le nombre de porteurs chroniques du VHC a diminué de 232 000 en 2011, à 134 000 en 2024. Depuis septembre 2024, le dépistage du VHB (hépatite B) peut être demandé par le patient, sans ordonnance, directement auprès d’un laboratoire de biologie médicale.
Par ailleurs, le dépistage des hépatites est proposé gratuitement dans les CeGIDD (centres gratuits d’information, de dépistage et de diagnostic), ainsi que dans plusieurs services hospitaliers spécialisés dans le traitement de ces maladies. Ces différentes adresses sont recensées sur le site Hepatites-info-service.org.
Exposition des soignants aux hépatites : quelles sont les recommandations de la HAS ?
Comme le virus de l’immunodéficience humaine (VIH), les hépatites B et C se transmettent principalement par le sang. Les soignants peuvent donc faire face à un risque de contamination, notamment à la suite d’un accident d’exposition au sang (AES). Une surveillance nationale a d’ailleurs été mise en place entre 1991 et 2021 afin de recenser les contaminations et appliquer des mesures de prévention.
En 2023, la Haute Autorité de Santé a publié plusieurs recommandations pour les soignants, en matière de vaccination et de prévention des hépatites virales.
Bon à savoir : Selon Santé Publique France, les accidents d’exposition au sang (AES) se produisent le plus souvent lors de soins infirmiers, soit 44,5 % des cas, devant les actes chirurgicaux (22,1 %).
Une immunisation obligatoire contre l’hépatite B
La vaccination contre l’hépatite B est obligatoire pour les professionnels de santé exposés à un risque de contamination. Cela concerne également les étudiants qui se préparent à exercer des métiers de la santé. À moins d’être déjà immunisés, la vaccination est donc obligatoire pour les médecins, les sage-femmes, les infirmières, les kinésithérapeutes ou encore les aides-soignantes et les techniciens en analyses biomédicales.
Comme le VIH et le VHC, le VHB se transmet par le sang : relations sexuelles non protégées, de transfusion de sang sans dépistage préalable ou par contact avec du matériel médical contaminé.
Contre l’hépatite C, l’importance des gestes d’hygiène
Dans le cas de l’hépatite C, la HAS n’établit aucune recommandation de vaccination. Et pour cause : il n’existe pas de vaccin, même s’il y a bien des traitements antiviraux en cas de contamination.
Le mode de transmission de l’hépatite C est le même que pour l’hépatite B. Comme le virus peut être transmis lors de gestes de soins, la prévention repose sur plusieurs bonnes pratiques.
Le dépistage des patients susceptibles d’être contaminés par le VHC ;
Le port d’équipements de protections (gants, tablier…) ;
L’utilisaiton d’un conteneur pour objets perforants ;
Le nettoyage et la désinfection du matériel immédiatement après utilisation.
Une recommandation vaccinale et des gestes d’hygiène contre l’hépatite A
Il existe également un vaccin contre l’hépatite A, mais il n’est pas obligatoire. Cela s’explique par « une circulation plus limitée du virus », selon la HAS, ainsi qu’une évolution bénigne de la maladie. L’hépatite A est en effet surtout transmise par l’ingestion d’eau ou d’aliments contaminés et les risques de transmission nosocomiales sont très faibles. Aussi, la HAS met plutôt l’accent sur le respect des mesures d’hygiène : le lavage des mains notamment.
Sources :
OMS (organisation Mondiale de la Santé)
Hépatites Info Services
Institut Pasteur
Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale)
Santé Publique France
Les articles qui pourraient vous intéresser
Autres
La santé bucco-dentaire des Français : un enjeu de santé publique
La journée mondiale de la santé bucco-dentaire, le 20 mars, est l’occasion de faire le point sur les habitudes des Français en matière de santé dentaire. Si 43 % d’entre eux déclarent consulter leur chirurgien-dentiste chaque année, ils sont encore trop nombreux à renoncer à des soins dentaires (30 %). Pour lutter contre ce phénomène, les autorités sanitaires ont mis en place plusieurs dispositifs tout au long de la vie des Français. Explications.
De nouvelles prises en charge de l’AVC pour réduire les séquelles potentielles
L’AVC, l’accident vasculaire cérébral est un problème majeur de santé publique. En effet, c’est la première cause de décès chez les femmes et la deuxième chez les hommes. Cela représente plus de 30 000 décès et 120 000 hospitalisations par an en France, selon la HAS (Haute Autorité de santé). Cet organisme a d’ailleurs publié de nouvelles recommandations visant à améliorer la prise en charge des patients, pour réduire les séquelles potentielles de cette urgence neurologique majeure.
Fatigue, grippe, épidémies : conseils pour les agents hospitaliers en début d’année
La reprise du travail en début d’année est toujours une période particulière dans le milieu hospitalier. Après les fêtes, le retour au rythme professionnel peut s’accompagner d’une certaine fatigue, tandis que les virus hivernaux circulent activement. En adoptant les bons réflexes et en s’appuyant sur une prévention adaptée, il est possible de traverser l’hiver plus sereinement, en préservant sa santé et celle des patients.
L’activité physique : meilleure alliée de la femme enceinte ?
Les femmes enceintes ont tendance à arrêter toute activité physique dès les premiers mois de grossesse. Or, depuis plus de 15 ans, les autorités médicales publient des recommandations montrant tous les bienfaits d’un exercice physique régulier pour les parturientes. La dernière étude en date, Pregmouv, a été lancée en septembre 2024 au CHU de Clermont-Ferrand. Quels sont les résultats ? Qu’en pensent les 250 femmes qui ont participé à cette enquête depuis 1 an ?
La ménopause : vers la fin d’un tabou chez les patientes comme chez les soignantes
Depuis quelques années, les femmes se sont emparées du sujet de la ménopause pour qu’il ne soit plus un tabou. Des podcasts à la mise en place de cohortes (Climatère), le monde médical et la société dans son ensemble s’emploient à lutter contre l’invisibilité de cet état qui concerne toutes les femmes. En 2025, cela représente 17,2 millions de Françaises âgées de plus de 45 ans. Il était temps d’en parler : le 18 octobre est la Journée Mondiale de la Ménopause.
Que contient la proposition de loi sur le métier d’infirmière ?
Le 5 mai 2025, le Sénat a adopté la proposition de loi sur le métier d’infirmière. C’est une nouvelle étape pour ce texte législatif, qui avait déjà été adopté en mars à l’Assemblée nationale. La proposition de loi vise à redéfinir le cadre de la profession, et à l’élargir les missions et les compétences des infirmières et infirmiers. Quels sont les différents points à retenir et quelles sont les mesures proposées dans ce texte ?
Mieux connaître les autistes pour mieux les soigner
Les personnes atteintes de troubles du spectre de l’autisme présentent le plus souvent des difficultés de communication. Du diagnostic aux soins, ces patients nécessitent une prise en charge différente pour bénéficier d’un suivi médical approprié, comme les autres malades. Du repérage des premiers signes des enfants à la gestion de leur parcours de soins, les professionnels de santé et de la petite enfance sont leurs meilleurs alliés.
Les droits des femmes en santé, un sujet toujours d’actualité en 2025
À l’occasion de la journée internationale des droits des femmes, il est intéressant de s’interroger sur l’inégalité de santé entre hommes et femmes. Sujet toujours d’actualité en 2025. De nombreux travaux et études attestent de cette différence persistante entre les deux sexes. Quels sont les constats et les principales actions à mener pour parvenir à une égalité des soins ? Tour d’horizon.
Le 28 février 2025, c’est la journée internationale des maladies rares !
En France, près de 3,5 millions de personnes sont atteintes de maladies rares. Chaque année, le 28 février, une journée internationale est dédiée à ces pathologies. Ce rendez-vous permet d’informer, d’encourager à la mobilisation et ainsi d’améliorer le quotidien des patients. Quelles sont ces maladies, dont les plus rares peuvent être difficiles à identifier ? Comment sont-elles prises en charge ? Explications.
Le Plan Epargne Retraite du C.G.O.S correspond au contrat d’assurance vie de groupe ayant pour objet la couverture d’engagements de retraite supplémentaire dénommé “Complémentaire Retraite des Hospitaliers”. Ce contrat d’épargne retraite, dédié aux hospitaliers et à leur famille, est souscrit par le C.G.O.S auprès d’Allianz Retraite et prend la forme d’un PER individuel. Ses modalités de fonctionnement sont définies dans la Notice d’information.