Soignants : se protéger de la souffrance des malades
Les soignants sont confrontés tous les jours aux souffrances des patients et bien sûr à la mort. Ils sont aussi en contact direct avec les familles. Pas facile de se forger « une carapace ». L'expérience des plus anciens collègues et les « groupes de paroles » dans les hôpitaux peuvent les aider.
« Quand je suis entrée dans la chambre de cette petite dame, toute menue, un foulard noué sur son crâne sans cheveux, j’ai lu tellement de désespoir dans ses yeux : elle avait peur, peur de la maladie, peur de la mort aussi. J’ai aussitôt senti une forte émotion m’envahir, c’était la première fois que cela m’arrivait, j’ai prétexté un médicament oublié pour m’éclipser et verser discrètement quelques larmes à l’abri des regards… » Léna est aide-soignante dans un hôpital de la région parisienne, elle adore son métier, mais ce jour là, confrontée à la souffrance d’une malade, elle n’a pas tenu. « J’ai de plus en plus tendance à me mettre à leur place et ça m’angoisse terriblement », reprend Léna.
Un manque de recul qui peut conduire au burn-out
Si le métier de soignant permet de vivre des expériences humaines passionnantes et enrichissantes, on est aussi confronté au malheur, à la souffrance, et parfois à son impuissance à aider autant qu’on le voudrait.
« On ressent parfois les inquiétudes et les déprimes des patients comme si c’était les nôtres », souligne Jean, infirmier en Vendée près de la Roche sur Yon.
Parfois, quand la situation est trop lourde, ce manque de recul peut conduire au « burn out ». Il se traduit par un épuisement émotionnel, une démotivation, une baisse d’énergie au travail. Le soignant se dévalue lui-même, se jugeant incompétent et inutile pour ses patients. Pour Christophe André, psychiatre et psychothérapeute, cet effondrement n’est pas surprenant : « Souffrir avec les malades, c’est humainement normal et compréhensible. Mais si c’est trop intense, le soignant va au delà de son rôle et risque de perdre un peu de son recul nécessaire, ou surtout de ses forces et de ses capacités à rassurer et encourager… »
Découvrez ce que le PER du C.G.O.S peut vous apporter
Le PER du C.G.O.S n’est pas seulement une solution pour préparer votre retraite : il vous offre aussi des avantages adaptés à votre situation d’hospitalier. Découvrez les points clés pour mieux comprendre ce que cette solution peut vous apporter.
Ne pas trop fusionner avec les malheurs de ceux que l’on écoute, c’est un exercice qui s’apprend peu à peu, par l’expérience, en observant les plus anciens dans le métier… Brigitte, aide-soignante depuis 32 ans, travaille dans la Somme et elle raconte : « Avec le recul j’ai appris à tout affronter, je me suis fait une carapace. Il faut être forte pour la famille du patient. Je m’efforce de rester concentrée dans toutes les situations et ne pas me laisser abattre pour être plus efficace. A tel point qu’aujourd’hui, la douleur ou la mort ne me font plus rien. Mais je conserve une véritable empathie vis à vis des malades et des familles…»
Ce travail sur soi-même passe par des prises de conscience, un déclic à un moment donné, comme pour Thérèse, aide-soignante près de Toulouse : « Au début de ma carrière, je ressentais très mal cette solitude du soignant face à son patient… Cette solitude s’est estompée quand j’ai pris conscience que, même si c’est « moi » qui soigne, c’est aussi grâce au patient que le soin apporte la guérison. Nous sommes deux à y participer. Il y a un échange, un partage… Je ne suis pas seule, c’est le patient qui prend en charge sa guérison. Moi, le soignant, je l’accompagne… »
Mais quand le déclic ne vient pas, et que la situation est trop lourde à porter, inutile d’attendre trop longtemps : certains hôpitaux mettent en place des « groupes de parole » ou des formations extérieures pour accompagner les soignants, notamment face à la mort. Mais pour Iris, jeune infirmière débutante, ces formations devraient avoir lieu beaucoup plus tôt : « je me suis retrouvée face à la souffrance des patients sans y avoir été vraiment préparée pendant mes études, il faudrait davantage y penser en amont… »
Les articles qui pourraient vous intéresser
Autres
L’hôpital public est performant, les chiffres et les faits le prouvent !
Souvent dénigré, l’hôpital public reste pourtant une référence dans beaucoup de domaines. Pour mieux lutter contre la désinformation, la Fédération des hôpitaux français publie un livret qui permet de mieux connaître toutes les qualités et performances des établissements publics de santé. Les auteurs ont défini des faits indiscutables appuyés par de nombreux indicateurs chiffrés.
Fatigue, grippe, épidémies : conseils pour les agents hospitaliers en début d’année
La reprise du travail en début d’année est toujours une période particulière dans le milieu hospitalier. Après les fêtes, le retour au rythme professionnel peut s’accompagner d’une certaine fatigue, tandis que les virus hivernaux circulent activement. En adoptant les bons réflexes et en s’appuyant sur une prévention adaptée, il est possible de traverser l’hiver plus sereinement, en préservant sa santé et celle des patients.
La ménopause : vers la fin d’un tabou chez les patientes comme chez les soignantes
Depuis quelques années, les femmes se sont emparées du sujet de la ménopause pour qu’il ne soit plus un tabou. Des podcasts à la mise en place de cohortes (Climatère), le monde médical et la société dans son ensemble s’emploient à lutter contre l’invisibilité de cet état qui concerne toutes les femmes. En 2025, cela représente 17,2 millions de Françaises âgées de plus de 45 ans. Il était temps d’en parler : le 18 octobre est la Journée Mondiale de la Ménopause.
Hépatites : une journée mondiale pour en parler, et mieux protéger les soignants
En France, près de 270 000 personnes souffrent d’une hépatite virale, et notamment d’hépatites B et C. Les soignants sont aussi concernés car ces maladies se transmettent principalement par le sang. Des mesures sont indispensables pour bien les protéger. Chaque année, le 28 juillet, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) mobilise les acteurs des soins contre les hépatites. L’occasion de parler de ces maladies et de leur prise en charge.
Des ateliers nutrition pour améliorer le bien-être des soignants à l’hôpital
L’alimentation est un élément clé de la santé physique et mentale. Pour les patients mais aussi pour les soignants. En effet, si une attention particulière est portée sur les plateaux des malades, ce n’est pas toujours le cas pour le personnel hospitalier. Il est pourtant primordial de bien s’alimenter pour travailler dans de bonnes conditions, de jour comme de nuit. Des ateliers ont été créés pour permettre au personnel soignant de mieux gérer l'alimentation.
Les rhumatismes, un mal qui touche soignants comme patients
Les rhumatismes touchent 12 à 13 millions de Français. C’est le résultat annoncé lors d’un sondage Ifop « les Français et les rhumatismes », mené par l’Inserm. 93 % des interrogés déclarent qu’ils ont déjà souffert de douleurs articulaires au moins une fois dans leur vie. Les conséquences sur leur vie quotidienne sont nombreuses et en particulier une diminution de la mobilité. Parmi ces personnes atteintes, des professionnels de santé. Comment gérer ce type de pathologie lorsque l’on est un soignant ? Réponses et explications.
Comment l’empathie des soignants soulage-t-elle les patients ?
Les professionnels de santé jouent un rôle déterminant lors de l’hospitalisation des patients. Mais au-delà de leurs connaissances et leurs expertises, l’attitude des soignants peut contribuer à soulager la douleur des malades selon une étude récente de l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale). Quelles sont les mécanismes qui participent à ce bien-être ? Explications.
Mieux connaître les autistes pour mieux les soigner
Les personnes atteintes de troubles du spectre de l’autisme présentent le plus souvent des difficultés de communication. Du diagnostic aux soins, ces patients nécessitent une prise en charge différente pour bénéficier d’un suivi médical approprié, comme les autres malades. Du repérage des premiers signes des enfants à la gestion de leur parcours de soins, les professionnels de santé et de la petite enfance sont leurs meilleurs alliés.
Devenir aide-soignant(e), entre vocations et motivations
Les aides-soignantes remplissent un rôle d’accompagnement essentiel pour les patients. Elles exercent dans les services d’un centre hospitalier comme dans les établissements de soins : les établissements d’hébergement pour les personnes âges par exemple. Ces dernières années, le métier a connu plusieurs changements, notamment dans le déroulé de la formation ou les évolutions de carrière. Rencontre avec Valentine, Sabrina et Clara, trois jeunes aides-soignantes. Elles évoquent leurs motivations et le parcours qui les a menées vers leur premier poste en tant qu’aide-soignante.
Le Plan Epargne Retraite du C.G.O.S correspond au contrat d’assurance vie de groupe ayant pour objet la couverture d’engagements de retraite supplémentaire dénommé “Complémentaire Retraite des Hospitaliers”. Ce contrat d’épargne retraite, dédié aux hospitaliers et à leur famille, est souscrit par le C.G.O.S auprès d’Allianz Retraite et prend la forme d’un PER individuel. Ses modalités de fonctionnement sont définies dans la Notice d’information.