Le système de santé français : placé au 15ème rang mondial
La qualité des soins s’améliore à l’échelle du monde, mais les pays les plus pauvres progressent moins vite que les autres. Et la France se situe à la 15ème place sur 195 pays. C’est le résultat d’une étude mondiale menée par 2000 chercheurs entre 1990 et 2015, sur deux critères : l’accessibilité et la qualité des soins à l’hôpital. Selon cette enquête, la France affiche «un bon système de santé, un accès égalitaire aux soins et un bon accès aux thérapeutiques innovantes », mais perd des places, dans le classement, sur les risques liés aux soins : maladies nosocomiales et les effets secondaires des médicaments…
Fin mai 2017, la revue médicale britannique « The Lancet » a publié un classement de 195 pays, en se basant sur les taux de mortalité de 32 maladies pour lesquelles les décès pourraient en théorie être évités, à condition d’un accès rapide à des soins efficaces (tuberculose, diphtérie, coqueluche, appendicite…).
L’étude a été menée dans le monde entier entre 1990 et 2015.
Quel pays dispose du système de santé le plus efficace selon ces critères ? Andorre arrive en première position avec une note de 95 sur 100, tandis que la République de Centrafrique est dernière (29/100).
Notée 88/100, la France se classe quant à elle à la 15e position entre l’Autriche et la Belgique. C’est un résultat plutôt correct même si on aurait pu s’attendre à mieux : l’Organisation Mondiale de la Santé jugeait en 2000 que la France disposait du meilleur système de santé au monde…
Dans l’étude, la France pâtit du nombre de décès liés aux effets indésirables des traitements médicaux (avec une note assez moyenne de 62 sur 100). Elle enregistre également de mauvais résultats en ce qui concerne les infections respiratoires aiguës, ou encore les leucémies (64 sur 100). Elle n’est pas en pointe dans la prévention des maladies nosocomiales.
Mais elle fait partie du top dix des pays les plus performants dans d’autres pathologies : les maladies respiratoires chroniques (98 sur 100), les maladies du rein (92 sur 100).
Le PER du C.G.O.S, plus simple qu’il n’y paraît
Vous en entendez parler, mais vous ne savez pas toujours par où commencer ? Pas d’inquiétude, on vous guide pas à pas pour comprendre son fonctionnement, ses objectifs et la façon dont il peut s’intégrer dans votre préparation retraite.
Alors comment la France peut-elle envisager de progresser encore dans ce classement ?
Fin 2016, l’OCDE expliquait dans son Panorama santé 2016, que la France jouissait d’une des plus importantes espérances de vie (82,8 ans) au monde. Mais d’après l’étude, il lui manquerait une vraie politique de prévention, qui pourrait par exemple permettre de détecter certaines maladies plus tôt, afin de mieux les soigner, voire de les éviter.
En 2014, l’OCDE chiffrait à 2 % les dépenses de santé de la France dédiée à la prévention, contre 3 % pour le reste de l’Europe.
«Des milliers de morts pourraient être évitées chaque année en s’attelant à améliorer l’organisation des soins, la formation des soignants, l’observance des patients, les prescriptions médicales, constate le spécialiste. Il y a là un vrai enjeu…» explique François Alla, professeur de santé publique à l’université de Lorraine et coauteur de l’étude.
Sur le plan international, parmi les 15 premiers du classement (dans l’ordre l’Andorre, l’Islande, la Suisse, la Suède…) 13 sont des pays européens. Ceux qui ferment la marche sont l’Afghanistan, la Somalie, la Guinée-Bissau et la République centrafricaine. Les plus belles progressions sont attribuées à la Chine, à la Turquie, à la Corée du Sud ou au Pérou.
Cette étude montre aussi que les inégalités se sont creusées
L’écart entre le premier pays et le dernier était de 66 points en 2015 contre 62 seulement en 1990. L’étude s’intéresse aussi à l’écart entre les performances réelles des pays et celles que leur niveau de développement devrait normalement entraîner. Les Etats-Unis par exemple ne se situent qu’à la 35ème place, une position inférieure de 10 points à ce qu’on pourrait attendre d’eux. «Une honte, surtout quand on considère que le pays dépense plus de 9000 dollars par an par habitant, soit plus qu’aucun autre pays», commente le responsable de l’étude, le professeur Christopher Murray. «Ces résultats sonnent comme un avertissement : l’augmentation du niveau de développement n’entraîne pas forcément une amélioration de la qualité et de l’accès au système de santé ». Tout dépend de la volonté des pouvoirs publics de permettre à chacun d’accéder facilement aux soins.
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