Près de 5,5 % de la population française est concernée par cette maladie liée au vieillissement. Si elle touche majoritairement les femmes, l’ostéoporose est souvent sous-diagnostiquée. Il est temps de rappeler les symptômes mais aussi les moyens de limiter l’arrivée de cette pathologie qui peut s’avérer très invalidante.
Qu’est-ce que l’ostéoporose ?
Définition et description de l’ostéoporose
Le nom de la maladie est composé de deux termes grecs :
ostéo- pour « os » ;
poros pour le « passage » ;
puis du suffixe – ose pour un état ou une affection.
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Littéralement, cela signifie que l’os devient poreux. L’ostéoporose correspond à une diminution de la densité osseuse et une dégradation de la structure de l’os. Cela le rend plus fragile, comme un matériau devenu plus “troué” ou poreux.
Dans un dossier consacré à cette pathologie, l’Inserm rappelle que l’os n’est pas un « tissu statique : il est en perpétuel renouvellement ». Le tissu osseux ancien (résorption osseuse) est remplacé par la formation d’un tissu neuf. L’ostéoporose correspond à la période où la formation est inférieure à la résorption : l’os est fragilisé car sa structure est altérée.
Bon à savoir : les œstrogènes freinent la résorption osseuse. Au moment de la ménopause, la baisse de ces hormones provoque la fragilisation des os. C’est en grande partie pour cette raison que les femmes sont plus touchées par l’ostéoporose que les hommes. En revanche, le traitement hormonal de la ménopause (THM) prévient le risque de fracture : c’est une bonne nouvelle pour les femmes ménopausées !
Quels sont les moments de la vie propices à l’ostéoporose ?
Durant l’enfance, la formation de l’os prédomine, jusqu’à un pic à l’adolescence. Puis la masse osseuse continue d’augmenter jusqu’à l’âge de 25 ans. Elle reste stable jusqu’à 40-50 ans pour commencer à décroître et encore plus intensément avec l’âge. Si tout le monde voit sa masse osseuse baisser, il peut exister des différences selon les individus. En effet, le risque d’ostéoporose est plus élevé pour les personnes qui n’ont pas connu un pic de masse osseuse important.
« L’intensité de ce pic dépend essentiellement de facteurs génétiques » rappellent les auteurs de l’étude de l’Inserm. Mais il est possible de maximiser le pic de masse osseuse avec des apports alimentaires en calcium et en vitamine D. La pratique d’une activité physique est aussi conseillée pour les enfants et les adolescents.
L’ostéoporose concerne de plus en plus de personnes
Avec l’allongement de l’espérance de vie et le vieillissement de la population, cette pathologie touche de plus en plus de Françaises. Autour de 65 ans, près de 40 % des femmes sont concernées. Pour les plus de 80 ans, le pourcentage monte à 70 %. Cette maladie est un problème de santé publique qui devrait être de plus en plus important.
Concrètement, cela représente, tous les ans, plus de 500 000 fractures dites de fragilité :
de la hanche, plus communément appelées du « col du fémur » ;
des vertèbres, anciennement « tassements vertébraux » ;
du poignet.
Les autres fractures des os comme le bassin, les côtes ou encore la clavicule sont plus rares.
Ces fractures sont très invalidantes pour les patientes, surtout en raison des douleurs persistantes qu’elles engendrent. Les personnes âgées peuvent être durablement perturbées, surtout lorsque l’hospitalisation a été longue et le retour au domicile compromis.
Le dépistage reste le meilleur allié d’une prévention réussie.
Le dépistage pour mieux évaluer le risque d’ostéoporose
Les professionnels de santé ont mis en place des dispositifs pour quantifier le nombre réel de fractures dues à l’ostéoporose.
Le centre d’expertise de l’ostéoporose du CHU de Nîmes
L’examen de référence pour poser le diagnostic est la mesure de la densité minérale osseuse (DMO) par ostéodensitométrie et l’établissement du T-score (< -2,5 pour une ostéoporose).
En octobre 2025, le CHU a lancé le projet MONIKA en faisant un appel à 425 femmes volontaires de 20 à 89 ans pour participer à cette étude pionnière. L’enjeu ? Améliorer le diagnostic de l’ostéoporose et « approfondir la compréhension des interactions entre les tissus osseux, musculaires et adipeux. »
Le questionnaire en ligne pour déterminer le risque d’ostéoporose
Il a aussi été décidé d’interroger systématiquement les patientes qui présentent des fractures mineures, grâce à un questionnaire en ligne, établi par le Groupe de recherche et d’information sur les ostéoporoses (GRIO). Le site du GRIO est d’ailleurs très riche en informations sur la maladie, tant sur le calcul des apports calciques quotidiens que sur les associations de patients.
Des conseils sont aussi disponibles en ligne pour apprendre à éviter les chutes. Voici quelques exemples :
Au réveil, asseyez-vous quelques instants sur le bord de votre lit avant de vous lever ;
N’encombrez pas les lieux de passage avec des objets (plantes, guéridons, rallonges électriques…), préférez les téléphones sans fil ;
Faites attention si vous prenez des médicaments pour dormir, ils diminuent votre vigilance et peuvent être à l’origine de chutes.
La prévention, un allié précieux pour l’ostéoporose
Comme pour beaucoup de pathologies, une bonne hygiène de vie permet de modifier certains facteurs de risque d’ostéoporose.
L’exercice physique a un effet bénéfique sur la musculature et l’équilibre. Cela participe à limiter le risque de chute.
L’arrêt du tabac et de la consommation d’alcool évitent la perte osseuse.
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