Pollution de l’air : un coût élevé pour la santé des Français

La pollution de l’air augmente le risque de développer des pathologies respiratoires et cardiovasculaires, chez l’enfant comme chez l’adulte, comme le révèle Santé publique France. Parmi ces maladies, l’asthme, l’hypertension artérielle, le diabète de type 2, mais également le cancer du poumon ou la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO). Pour l’agence nationale de santé publique, le nombre de cas pourrait être réduit et il existe différents leviers pour réduire l’impact de la pollution. Explications.

Particules fines, dioxyde d’azote : attention, dangers pour la santé !

Dans son rapport publié en janvier 2025, Santé publique France évalue l’impact de la pollution de l’air (particules fines et dioxyde d’azote) sur la santé des Français. Mais aussi sur l’économie, car la prise en charge de ces maladies représente un coût élevé.

Des maladies qui touchent principalement le système respiratoire et cardiovasculaire

Les chercheurs se sont penchés sur les maladies qui ne se seraient pas forcément développées dans un environnement plus sain. Pour cela, Santé publique France a eu recours aux données issues de l’OMS, l’Organisation mondiale de la santé, sur une période entre 2016 et 2019. L’étude met en évidence l’impact de deux polluants contenus dans l’air, et respirés au quotidien.

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– Les particules fines (microparticules ou PM2,5), qui proviennent notamment du trafic routier et du chauffage au bois ;

– Le dioxyde de carbone (NO²), principalement émis par les chaudières (gaz, fioul ou bois) et par les véhicules essence ou diesel.

Ces deux polluants augmentent le risque de voir apparaître, chez l’enfant comme chez l’adulte, des pathologies respiratoires, cardiovasculaires et métaboliques. Santé publique France cite notamment :

– L’asthme, les pneumopathies et infections aiguës des voies respiratoires inférieures (hors grippe), le cancer du poumon, la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) ;

– L’accident vasculaire cérébral (AVC), l’infarctus aigu du myocarde et l’hypertension artérielle ;

– Le diabète de type 2.

En France, les deux polluants seraient ainsi responsables chaque de 40 000 nouveaux cas de maladies respiratoires chez l’enfant. Et de 78 000 cas d’asthme, de maladies cardiovasculaires et de diabète chez les personnes adultes.

Zones rurales ou zones urbaines : des différences, mais toujours des maladies

L’étude menée par Santé publique France identifie des disparités, selon les zones d’habitation. Ainsi, dans les zones urbaines, le dioxyde de carbone serait principalement responsable des nouveaux cas d’asthme chez les enfants et chez les adultes. « L’analyse met en évident que les impacts sur la santé sont plus importants en zone urbaine », explique Santé publique France. Néanmoins, les recherches montrent que les polluants sont présents aussi dans les territoires ruraux. Comme le relève Sébastien Denys, directeur santé environnement travail auprès de l’agence nationale de santé publique, « tous les Français, ruraux comme urbains, sont actuellement surexposés ».

La pollution a un impact économique

Au-delà de l’impact sur la qualité de vie et sur la santé des Français, la pollution pèse aussi sur le budget des Français, et sur celui du système de santé. Santé publique France identifie diverses composantes liées aux maladies : les soins et les ressources médicales bien sûr, mais également les ressources perdues par le patient ou ses proches (perte de salaire, retraite anticipée…). Au total, la pollution de l’air représenterait ainsi un coût annuel de 16,7 milliards d’euros.

Des solutions pour améliorer la situation

Mais si un air pollué augmente le risque de développer des maladies, il est également possible d’inverser la tendance. Santé publique France évoque plusieurs actions à mener sur le long terme.

Différents leviers d’actions collectives et individuelles

L’agence nationale cite plusieurs mesures qui peuvent contribuer à réduire les émissions de particules fines ou de dioxyde de carbone, parmi lesquelles :

– la réduction du trafic routier, au profit de modes de déplacements actifs (marche, vélo), ce qui diminue aussi le bruit environnant et libère de l’espace au profit de zones végétalisées ;

– l’amélioration des conditions de chauffage (et notamment au bois), par exemple en rénovant l’isolation thermique des logements, en privilégiant un combustible de meilleure qualité ou en remplaçant un ancien appareil par un chauffage plus performant ;

– ou encore le développement de pratiques agricoles limitant les émissions d’ammoniac et de méthane, deux éléments qui produisent des particules fines.

Ces préconisations complètent les résultats de l’évaluation quantitative des impacts sur la santé (EQIS). Cette étude, publiée en décembre 2024, montre les bénéfices sur la santé :

– des déplacements actifs ;

– du développement d’espaces verts ;

– d’une réduction de la pollution et du bruit.

Un exemple : avec davantage d’espaces végétalisés en ville, la mortalité pourrait diminuer de 3 à 7 %.

Des directives pour limiter la pollution de l’air

« Améliorer la qualité de l’air demeure un enjeu de santé publique sur tout le territoire », rappelle Santé publique France. À partir de 2030, la directive européenne sur la qualité de l’air ambiant (UE 2024/2881 du 23 octobre 2024) va imposer des seuils limites à ne pas dépasser pour les particules fines et le dioxyde de carbone. Les émissions ne devront pas dépasser une moyenne quotidienne de 10 µg/m3 pour les particules fines, et 20 μg/m3 pour le dioxyde de carbone. Actuellement, Santé publique France relève une concentration jusqu’à 11,6 μg/m3 (particules fines) et jusqu’à 22,7 µg/m3 (dioxyde de carbone) dans les zones urbaines. Des taux bien supérieurs à ceux préconisés par l’OMS. Or, respecter les recommandations de l’OMS pourrait « éviter une grande partie de la morbidité en lien avec la pollution », rappelle Santé publique France.

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