Des mots qui soignent les maux… Encore peu développée en France, la thérapie par la lecture intéresse de plus en plus le monde médical à l’hôpital. Si, en Angleterre, les médecins prescrivent déjà des abonnements dans les bibliothèques, en France la méthode se base plutôt sur la lecture des livres à haute voix. Après l’art-thérapie par la musique, place à la bibliothérapie ! Partout en France, le personnel soignant se forme de plus en plus à la lecture à voix haute des récits pour les patients.
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En France, on connaît depuis longtemps les vertus de l’art-thérapie pour combattre la douleur. Depuis quelques années déjà, certains hôpitaux ont recours à des art-thérapeutes qui viennent par exemple jouer du violoncelle pendant que les patients reçoivent des soins douloureux. La musique bouleverse tellement les patients qu’elle leur permet de supporter plus facilement certains examens particulièrement pénibles. « On ne les guérit pas évidemment, mais on cherche à s’adresser à la partie saine de la personne malade », raconte la violoncelliste musicothérapeute, Claire Oppert.
En Angleterre, on prescrit des abonnements aux bibliothèques, en France on pratique plutôt la lecture à voix haute
De la même manière, la thérapie par la lecture, encore balbutiante en France, suscite de plus en plus l’intérêt du monde médical. De l’autre côté de la Manche, en Angleterre, les médecins prescrivent des abonnements aux bibliothèques, Ici, la méthode française se base plutôt sur la lecture à haute voix. C’est le cas notamment à l’hôpital de Castres, dans le Tarn.
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“La lecture calme les angoisses des patients et instaure une communication « , explique Véronique Gandon, le médecin qui a introduit cette pratique sur place il y a deux ans. Et elle ajoute : « C’est un outil thérapeutique qui peut même avoir un effet antalgique ». A l’hôpital Bichat, à Paris, l’addictologue Michel Lejoyeux est sur la même longueur d’onde : « Je recommande la lecture aux patients. Quand on lit, on va indiscutablement mieux. »
Simone, une patiente en fin de vie atteinte d’un cancer métastasé, est suivie dans l’unité de soins palliatifs d’un établissement du sud de la France qui pratique la lecture à l’hôpital. Et elle aime plus que tout écouter les sketches de l’humoriste Pierre Desproges que lui lit un soignant. « Ca m’apaise, je prends beaucoup de plaisir », confie-t-elle.
Des infirmières et des aides-soignantes suivent des formations à la lecture à voix haute à l’hôpital
Preuve de l’engouement nouveau pour cette pratique, des infirmières et des aides-soignantes, vont même suivre des formations à la lecture à voix haute comme outil de relaxation à l’hôpital. Une étude écossaise, publiée récemment, a même montré que la lecture était plus efficace qu’un antidépresseur : « Selon moi, c’est l’équivalent du sport », explique Pierre Canouï, président d’honneur de la Fédération de psychothérapie.
Au service psychiatrique de l’Hôtel-Dieu, à Paris, des ateliers de lecture mensuels à voix haute offrent aux patients une occasion de penser à autre chose qu’à la maladie.
“On n’est pas là pour soigner mais pour prendre soin. Après les ateliers, certains patients se remettent à lire. La lecture à voix haute s’est énormément développée ces dernières années. La mentalité des médecins a évolué, le bien-être est devenu une priorité », explique la formatrice. Elle précise aussi : « On leur demande à longueur de journée s’ils ont bien mangé et bien dormi. Là, pour une fois, on ne leur parle pas comme des patients mais des humains ».
Ces expériences viennent s’ajouter aux autres méthodes recommandées par la Haute Autorité de Santé (HAS) comme la sophrologie, l’hypnose, le Yoga ou la relaxation pour le soulagement des douleurs.
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