Les patients-experts et la pair-aidance : une autre manière d’appréhender la maladie

Et si l’expérience de la maladie devenait une compétence ? Les patients-experts et les pair-aidants sont de plus en plus présents dans le système de santé. Forts de leur vécu de la maladie, ils mettent leur expérience au service d’autres patients et des professionnels de santé. Ils contribuent aussi à faire évoluer les pratiques de soins. Explications.

Patients-experts : de nouvelles postures qui émergent

Qu’est-ce qu’un patient-expert ou un pair-aidant ?

Les termes patient-expert, patient-partenaire, patient-ressource ou encore pair-aidant font référence à un rôle particulier que certains patients occupent dans le système de santé. Il s’agit de personnes qui ont elles-mêmes vécu une maladie chronique. Elles ont développé « une réelle expertise », selon les termes de la Haute Autorité de Santé. Elles mettent à contribution cette connaissance poussée de leur maladie pour aider d’autres patients ou pour intervenir auprès de professionnels de santé, dans différents cadres :

  • Des rencontres, des groupes de parole ;
  • L’animation ou l’organisation d’ateliers d’éducation thérapeutique (ETP).

Un rôle qui se développe de plus en plus dans le système de santé

Le partage et l’échange d’expériences sont déjà bien développés dans certains domaines (santé mentale et addictions notamment). Aux États-Unis par exemple, cela fait partie des réponses thérapeutiques proposées par les Alcooliques Anonymes depuis le début du XXe siècle.

Le PER du C.G.O.S, plus simple qu’il n’y paraît

Vous en entendez parler, mais vous ne savez pas toujours par où commencer ? Pas d’inquiétude, on vous guide pas à pas pour comprendre son fonctionnement, ses objectifs et la façon dont il peut s’intégrer dans votre préparation retraite.

Découvrir

Depuis plusieurs années, le système de santé français accorde une place de plus en plus importante au patient-expert. L’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale) fait d’ailleurs référence à « un nouvel acteur clé du système de santé » (2020). En 2023, la Haute Autorité de Santé a publié des recommandations pour encadrer la pair-aidance dans les organisations sanitaires, sociales et médico-sociales. Pour la HAS, il s’agit de mieux reconnaître « le savoir expérientiel » des patients, et de contribuer à l’« empowerment » des patients : c’est-à-dire leur capacité d’agir.

Qui peut devenir pair-aidant ou patient-expert ?

Un patient-expert ou un pair-aidant est lui-même patient, ou l’a été. Des parents de malades peuvent aussi remplir ce rôle. L’expertise seule ne suffit pas. Il faut avant tout une volonté d’aider d’autres personnes, et faire preuve de certaines qualités humaines : une capacité d’écoute, d’empathie et de pédagogie. Les patients-experts doivent aussi s’engager dans une démarche d’accompagnement, respecter un cadre éthique, tout en travaillant en coopération avec les professionnels de santé. Pour l’Inserm, ils doivent « être capables de communiquer, de vulgariser sans déformer et d’être pédagogue ».

Des formations existent pour devenir patient-expert

De plus en plus de centres hospitaliers et d’associations proposent des formations. Les patients-experts qui interviennent en éducation thérapeutique (ETP) peuvent se former à l’ETP : entre 40 et 42 heures, selon les organismes. Élodie, 46 ans, est patiente-experte en formation : « cela permet de découvrir des outils et des moyens pour mieux communiquer avec d’autres patients. Notre rôle n’est pas uniquement de partager une expérience, mais aussi d’apprendre des postures qui vont aider les autres patients : l’écoute active, la bienveillance. »

À la Sorbonne, l’Université des Patient-es organise depuis 2010 des formations diplômantes pour transformer l’expérience de la maladie en compétences. C’est aussi le cas à Bordeaux, à Marseille ou encore à Montpellier. Il existe des diplômes : un DU (diplôme universitaire) en éducation thérapeutique, ou pour devenir référent autour d’une pathologie spécifique.

Quelles sont les missions des patients-experts et des pair-aidants ?

Les patients-experts interviennent auprès des patients et des professionnels de santé à différents niveaux. Ils ne remplacent pas les médecins, les infirmières ou encore les aides-soignantes. Ils contribuent plutôt à enrichir les prises en soin.

Partager son expérience de la maladie

Le pair-aidant est le premier rôle que peuvent remplir des anciens malades qui souhaitent s’investir. On parle aussi de patient-aidant, ou de patient-partenaire. Madeline, 38 ans, intervient en tant que pair-aidante dans un service d’addictologie dans l’Est de la France. « Je participe à des groupes de parole deux fois par semaine, en tant que bénévole. Mon expérience en tant qu’addict facilite la discussion avec les autres malades. Ils sont plus à l’aise pour se confier. »

Collaborer avec les soignants pour améliorer les soins

Au-delà de l’entraide et des rencontres avec d’autres patients, les patients-experts peuvent également participer au parcours de soin, par exemple en animant des ateliers d’éducation thérapeutique. Le patient-expert devient alors patient-formateur, ou patient-intervenant. C’est le cas d’Anne, en rémission d’un cancer du sein. Cette retraitée de 68 ans, formée à l’ETP, intervient au cours d’ateliers sur l’image de soi. « Quand on a vécu avec la maladie pendant des années, on a acquis un certain savoir : des habitudes qui ont permis de tenir le coup physiquement ou émotionnellement par exemple, des ressources découvertes au fil du parcours… c’est ce que j’essaie de partager avec les participantes », analyse Anne.

Devenir une ressource pour les professionnels de santé

En mobilisant leur expérience vécue de la maladie, les patients-experts deviennent des patients-ressources pour les équipes soignantes, et pour des instances publiques. La Haute Autorité de Santé ou encore les Maisons départementales pour les personnes handicapées (MDPH) font appel à des groupes de patients-experts pour améliorer leurs pratiques. Les patients-ressources peuvent également intervenir auprès des équipes soignantes. C’est le cas de Magali, patiente-ressource auprès d’un service d’oncologie en Île-de-France. « Nous travaillons aussi en collaboration avec les représentants des usagers de l’hôpital et les associations, avec le même objectif : améliorer le parcours de soins », détaille-t-elle.

Les articles qui pourraient vous intéresser

  • Quel est le salaire d’un PU-PH (professeur des universités-praticien hospitalier) ? Métiers et Carrière

    Quel est le salaire d’un PU-PH (professeur des universités-praticien hospitalier) ?

    La rémunération d’un professeur des universités-praticien hospitalier est complexe. Elle comprend à la fois une part hospitalière, versée par l’établissement de soins, et une part universitaire qui correspond aux activités d’enseignement et de recherche. Il faut également y ajouter des primes et indemnités, qui varient selon l’organisation du travail. Voici ce qu’il faut savoir pour comprendre ce que gagne réellement un PU-PH.

    Lire la suite
  • Quel est le salaire d’un radiologue à l’hôpital ? Métiers et Carrière

    Quel est le salaire d’un radiologue à l’hôpital ?

    Spécialiste de l’imagerie médicale, le radiologue peut exercer son métier dans le secteur public. Il bénéficie du statut de praticien hospitalier comme les autres médecins de la Fonction publique hospitalière, avec une grille indiciaire spécifique. Revenus, activité, formation, compétences et évolution de carrière : zoom sur le métier de radiologue à l’hôpital.

    Lire la suite
  • Quel est le salaire d’un aide-soignant à l’hôpital ou en Ehpad ? Métiers et Carrière

    Quel est le salaire d’un aide-soignant à l’hôpital ou en Ehpad ?

    Les aides-soignants occupent une place indispensable dans les établissements de santé, au plus près des patients. Salaire, grilles indiciaires et évolution de carrière : voici tout ce qu’il faut savoir sur le métier d’aide-soignant ou aide-soignante dans la Fonction publique hospitalière.

    Lire la suite
  • Maladie de Parkinson : comment mieux accompagner les patients ? Autres

    Maladie de Parkinson : comment mieux accompagner les patients ?

    Le 11 avril, c’est la journée mondiale de la maladie de Parkinson. Une pathologie qui touche plus de 200 000 personnes en France, mais dont les symptômes sont souvent réduits à des tremblements. Or, la maladie de Parkinson cause aussi des troubles cognitifs et altère considérablement la qualité de vie des patients. Elle impose ainsi une prise en charge pluridisciplinaire, avec un rôle central pour les infirmières et les aides-soignantes. Des thérapies innovantes permettent aussi d’envisager un quotidien plus confortable pour les malades.

    Lire la suite
  • L’Anap, une plateforme d’échanges de bonnes pratiques pour les établissements de santé Autres

    L’Anap, une plateforme d’échanges de bonnes pratiques pour les établissements de santé

    Chez soi ou dans les établissements hospitaliers, la question de l’achat responsable est devenue incontournable. Si vous hésitez entre une tomate du Pérou ou de Marmande, les responsables des achats se posent les mêmes questions au moment de sélectionner les fournitures pour l’ensemble des services de l’hôpital. L’Agence nationale de la performance sanitaire et médico-sociale (Anap) a lancé la première plateforme nationale « Achats responsables » pour valoriser les bonnes pratiques. Explications.

    Lire la suite
  • L’ostéoporose, une maladie sous-diagnostiquée Autres

    L’ostéoporose, une maladie sous-diagnostiquée

    Près de 5,5 % de la population française est concernée par cette maladie liée au vieillissement. Si elle touche majoritairement les femmes, l’ostéoporose est souvent sous-diagnostiquée. Il est temps de rappeler les symptômes mais aussi les moyens de limiter l’arrivée de cette pathologie qui peut s’avérer très invalidante.

    Lire la suite
  • L’infirmière hygiéniste, un rôle majeur pour la prévention des infections nosocomiales Autres

    L’infirmière hygiéniste, un rôle majeur pour la prévention des infections nosocomiales

    Dans un établissement hospitalier, la prévention des infections est un enjeu majeur. Pour garantir la sécurité des patients comme celle des soignants, l’hôpital peut compter sur une professionnelle incontournable : l’infirmière hygiéniste. Sa mission est essentielle puisqu’elle participe à prévenir les infections nosocomiales et réduire les risques liés aux soins.

    Lire la suite
  • Des progrès dans le traitement de la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) Autres

    Des progrès dans le traitement de la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA)

    La dégénérescence maculaire liée à l’âge, ou DMLA, est, selon la Haute Autorité de Santé (HAS), la première cause de handicap visuel chez les personnes de plus de 50 ans. « Toutes formes confondues, cette maladie touche 8 % de la population française ». Tous les progrès concernant cette pathologie sont d’autant plus importants qu’il n’existe pas de traitement pour la DMLA sèche.

    Lire la suite
  • L’activité physique : meilleure alliée de la femme enceinte ? Autres

    L’activité physique : meilleure alliée de la femme enceinte ?

    Les femmes enceintes ont tendance à arrêter toute activité physique dès les premiers mois de grossesse. Or, depuis plus de 15 ans, les autorités médicales publient des recommandations montrant tous les bienfaits d’un exercice physique régulier pour les parturientes. La dernière étude en date, Pregmouv, a été lancée en septembre 2024 au CHU de Clermont-Ferrand. Quels sont les résultats ? Qu’en pensent les 250 femmes qui ont participé à cette enquête depuis 1 an ?

    Lire la suite

Affiliez-vous dès maintenant et recevez 80 € en carte cadeau de bienvenue !

Je m’affilie
Mascotte CGOS tenant une carte cadeau de 80 €

Mentions légales

Le Plan Epargne Retraite du C.G.O.S correspond au contrat d’assurance vie de groupe ayant pour objet la couverture d’engagements de retraite supplémentaire dénommé “Complémentaire Retraite des Hospitaliers”. Ce contrat d’épargne retraite, dédié aux hospitaliers et à leur famille, est souscrit par le C.G.O.S auprès d’Allianz Retraite et prend la forme d’un PER individuel. Ses modalités de fonctionnement sont définies dans la Notice d’information.