La médecine narrative : une nouvelle approche centrée sur les récits des patients

À l’hôpital, l’écoute du patient est depuis toujours l’un des piliers d’une prise en charge optimale. C’est l’une des raisons d’être de la médecine narrative. Cette approche des soins accorde en effet une plus grande place au récit du patient et à ses nombreux détails, pour humaniser les relations avec les soignants. En France, elle n’est encore que peu développée malgré ses bénéfices. C’est ainsi que le CHU de Bordeaux fait partie des établissements précurseurs, avec la création d’une chaire de Médecine narrative en 2023. Explications !

Qu’est-ce que la médecine narrative ?

Une approche développée par Rita Charon dans les années 2000 aux États-Unis

La médecine narrative est relativement récente puisqu’elle date des années 2000. C’est Rita Charon, médecin américaine, professeure de médecine et docteure en littérature anglaise, qui en est à l’origine. En 2006, elle publie le livre « Narrative Medicine. Honoring the Stories of Illness ». L’ouvrage est également sorti en français en 2015, sous le nomi « Médecine narrative. Rendre hommage aux histoires de maladies ». Aujourd’hui Rita Charon dirige toujours le master de Médecine narrative qu’elle a elle-même créé, à l’université de Columbia aux États-Unis.

Placer l’écoute du récit du patient au cœur des soins

Rita Charon est passionnée de littérature, et c’est – comme on peut s’y attendre – cette discipline qui l’a conduite à conceptualiser la médecine narrative. Le principe ? Placer (ou replacer) le récit du patient au cœur de la prise en charge médicale. Mais pas seulement. La médecine narrative repose surtout sur une meilleure écoute de la part des professionnels de santé. Avec des objectifs multiples : apporter plus d’empathie, humaniser les soins et améliorer la relation entre le patient et le médecin. En effet, en accordant de la valeur à ce que dit le patient, le médecin crée un lien de confiance. Rita Charon préconise pour cela le recours à des outils d’analyse littéraire et à des figures de style : le cadre de la narration, l’intrigue, les intentions du narrateur, les métaphores qu’il utilise, etc. Finalement, le soignant accueille le récit du patient comme il lirait un roman.

Préparer votre retraite, ça peut commencer tôt

C’est justement le bon moment pour poser les bonnes bases. En découvrant les solutions adaptées du PER du C.G.O.S vous pouvez commencer à vous constituer une épargne pour plus tard, tout en gardant une solution adaptée à votre situation.

Découvrir

Dans la même optique, l’Académie de Médecine a publié en 2024 un rapport sur « La culture générale, pilier d’une médecine plus humaniste ». Elle recommande, elle aussi, la lecture et l’interprétation d’œuvres d’art pour encourager l’empathie des soignants.

Comment utiliser la médecine narrative concrètement ? Des exemples voient le jour en France

L’exemple de Bordeaux : une chaire de Médecine narrative et un programme de recherche en pédiatrie

Les initiatives françaises en médecine narrative en sont encore à leurs débuts, et le CHU de Bordeaux (Gironde) fait partie des établissements précurseurs en la matière. En 2023, Isabelle Galichon, docteure en lettres, chercheuse à l’université Bordeaux-Montaigne, et Jean-Arthur Micoulaud-Franchi, psychiatre, et neurophysiologiste, créent la chaire de Médecine narrative. La première en France ! Le projet comprend des interventions sur le campus universitaire et hospitalier, et dans d’autres lieux culturels comme les musées. Il a également permis le développement d’un Diplôme universitaire (DU) de Médecine narrative à l’université de Bordeaux, qui se prépare en un an de formation.

En 2024, un an après la création de cette chaire, le pôle pédiatrie du CHU de Bordeaux s’est doté d’un programme de recherche pour former les soignants. L’idée est également d’observer l’application de la médecine narrative dans un service où les petits patients n’ont pas toujours les mots pour exprimer leur ressenti. Un défi de taille, qui implique une relation renforcée avec les parents.

À Créteil aussi, des ateliers de lecture et d’écriture à l’hôpital

Au Centre Hospitalier Intercommunal de Créteil, dans le Val-de-Marne, les soignants ont la possibilité de suivre des ateliers de lecture et d’écriture : lecture de textes et commentaires à partir d’un tableau, par exemple. Et il est finalement assez facile de mettre ces actions en parallèle des soins. Les professionnels de santé qui participent remarquent à quel point le fait de parler d’une œuvre d’art peut être assimilé au récit d’une pathologie par un patient, dans toute sa complexité. Certains observent aussi des améliorations concrètes : prendre plus de temps pour comprendre le patient et son histoire, c’est un pas de plus vers l’acceptation et l’observance des traitements.

Les articles qui pourraient vous intéresser

  • Quel est le salaire d’un radiologue à l’hôpital ? Métiers et Carrière

    Quel est le salaire d’un radiologue à l’hôpital ?

    Spécialiste de l’imagerie médicale, le radiologue peut exercer son métier dans le secteur public. Il bénéficie du statut de praticien hospitalier comme les autres médecins de la Fonction publique hospitalière, avec une grille indiciaire spécifique. Revenus, activité, formation, compétences et évolution de carrière : zoom sur le métier de radiologue à l’hôpital.

    Lire la suite
  • Quel est le salaire d’un aide-soignant à l’hôpital ou en Ehpad ? Métiers et Carrière

    Quel est le salaire d’un aide-soignant à l’hôpital ou en Ehpad ?

    Les aides-soignants occupent une place indispensable dans les établissements de santé, au plus près des patients. Salaire, grilles indiciaires et évolution de carrière : voici tout ce qu’il faut savoir sur le métier d’aide-soignant ou aide-soignante dans la Fonction publique hospitalière.

    Lire la suite
  • Les patients-experts et la pair-aidance : une autre manière d’appréhender la maladie Autres

    Les patients-experts et la pair-aidance : une autre manière d’appréhender la maladie

    Et si l’expérience de la maladie devenait une compétence ? Les patients-experts et les pair-aidants sont de plus en plus présents dans le système de santé. Forts de leur vécu de la maladie, ils mettent leur expérience au service d’autres patients et des professionnels de santé. Ils contribuent aussi à faire évoluer les pratiques de soins. Explications.

    Lire la suite
  • Des progrès dans le traitement de la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) Autres

    Des progrès dans le traitement de la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA)

    La dégénérescence maculaire liée à l’âge, ou DMLA, est, selon la Haute Autorité de Santé (HAS), la première cause de handicap visuel chez les personnes de plus de 50 ans. « Toutes formes confondues, cette maladie touche 8 % de la population française ». Tous les progrès concernant cette pathologie sont d’autant plus importants qu’il n’existe pas de traitement pour la DMLA sèche.

    Lire la suite
  • La ménopause : vers la fin d’un tabou chez les patientes comme chez les soignantes Autres

    La ménopause : vers la fin d’un tabou chez les patientes comme chez les soignantes

    Depuis quelques années, les femmes se sont emparées du sujet de la ménopause pour qu’il ne soit plus un tabou. Des podcasts à la mise en place de cohortes (Climatère), le monde médical et la société dans son ensemble s’emploient à lutter contre l’invisibilité de cet état qui concerne toutes les femmes. En 2025, cela représente 17,2 millions de Françaises âgées de plus de 45 ans. Il était temps d’en parler : le 18 octobre est la Journée Mondiale de la Ménopause.

    Lire la suite
  • Des initiatives pour changer l’image de la psychiatrie Autres

    Des initiatives pour changer l’image de la psychiatrie

    Alors que la santé mentale a été déclarée Grande Cause nationale 2025, 13 % des places en psychiatrie sont restées vacantes lors de l’Examen classant national, en 2024. Face au désintérêt des jeunes médecins et à l’accroissement de la demande des Français, les professionnels s’organisent pour la promotion de leur profession. C’est ainsi que le hashtag #ChoisirPsychiatrie a vu le jour pour créer un élan et attirer les étudiants vers la psychiatrie. Mais ce n’est pas la seule action lancée en France pour changer l’image de cette spécialité. Explications.

    Lire la suite
  • Hépatites : une journée mondiale pour en parler, et mieux protéger les soignants Autres

    Hépatites : une journée mondiale pour en parler, et mieux protéger les soignants

    En France, près de 270 000 personnes souffrent d’une hépatite virale, et notamment d’hépatites B et C. Les soignants sont aussi concernés car ces maladies se transmettent principalement par le sang. Des mesures sont indispensables pour bien les protéger. Chaque année, le 28 juillet, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) mobilise les acteurs des soins contre les hépatites. L’occasion de parler de ces maladies et de leur prise en charge.

    Lire la suite
  • Les rhumatismes, un mal qui touche soignants comme patients Vie à l'hôpital

    Les rhumatismes, un mal qui touche soignants comme patients

    Les rhumatismes touchent 12 à 13 millions de Français. C’est le résultat annoncé lors d’un sondage Ifop « les Français et les rhumatismes », mené par l’Inserm. 93 % des interrogés déclarent qu’ils ont déjà souffert de douleurs articulaires au moins une fois dans leur vie. Les conséquences sur leur vie quotidienne sont nombreuses et en particulier une diminution de la mobilité. Parmi ces personnes atteintes, des professionnels de santé. Comment gérer ce type de pathologie lorsque l’on est un soignant ? Réponses et explications.

    Lire la suite
  • De l’art sur ordonnance ? Vie à l'hôpital

    De l’art sur ordonnance ?

    « L’art est une garantie de santé mentale », disait l’artiste plasticienne Louise Bourgeois. Ce constat est corrélé par de nombreuses études, dont celle de l’OMS en 2023, qui mentionne même l’art comme « un complément du traitement et de prévention des maladies non transmissibles ». Comment cette pratique est intégrée par le personnel médical dans les établissements hospitaliers en France ? Voici quelques exemples significatifs de la prise en compte de cette expérience dans les soins médicaux.

    Lire la suite

Affiliez-vous dès maintenant et recevez 80 € en carte cadeau de bienvenue !

Je m’affilie
Mascotte CGOS tenant une carte cadeau de 80 €

Mentions légales

Le Plan Epargne Retraite du C.G.O.S correspond au contrat d’assurance vie de groupe ayant pour objet la couverture d’engagements de retraite supplémentaire dénommé “Complémentaire Retraite des Hospitaliers”. Ce contrat d’épargne retraite, dédié aux hospitaliers et à leur famille, est souscrit par le C.G.O.S auprès d’Allianz Retraite et prend la forme d’un PER individuel. Ses modalités de fonctionnement sont définies dans la Notice d’information.