Pratique du télésoin : les recommandations de la Haute Autorité de Santé
Désormais ouvert à 17 professions du secteur paramédical et aux pharmaciens, le télésoin est une solution intéressante pour limiter les déplacements et éviter le renoncement aux soins. Mais encore faut-il le mettre en place dans de bonnes conditions : prérequis techniques, consentement du patient, déroulement d’un soin à distance… zoom sur les bonnes pratiques publiées par la Haute Autorité de Santé.
Le télésoin : définition et professions concernées
Qu’est-ce que le télésoin ?
D’après la définition du Ministère de la Santé, « le télésoin permet à un professionnel paramédical ou à un pharmacien d’accompagner un patient et de le suivre à distance grâce au numérique. » Une solution confortable pour limiter les déplacements, les transmissions de virus et pour organiser des rendez-vous plus rapidement. Ainsi le télésoin peut-il contribuer à faciliter l’accès aux soins, et donc à éviter le renoncement. Il peut s’agir d’exercices de rééducation ou de la réalisation d’un bilan de traitements, par exemple.
Attention : ne pas confondre télésoin et téléconsultation. Cette dernière concerne uniquement les médecins, chirurgiens-dentistes et sage-femmes.
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Dans quelles situations est-il possible d’y avoir recours ?
La Haute Autorité de Santé indique dans ses recommandations qu’aucune situation n’est a priori exclue de ce dispositif. Tout patient peut en bénéficier dès lors qu’un soin à distance est considéré comme pertinent. À l’inverse, certaines situations spécifiques imposent une présence physique :
si l’intervention requiert la présence d’un professionnel et/ou l’usage d’un équipement (prise de mesure, pansement, massage, vaccination, etc) ;
si le patient n’est pas en mesure d’utiliser les outils numériques permettant un soin à distance ;
si les données du patient ne sont pas accessibles.
À noter : selon la HAS, le recours exclusif au télésoin n’est pas souhaitable. Les professionnels de santé peuvent néanmoins associer télésoin et soins en présentiel dans le cadre d’un suivi sur le long terme.
Quels professionnels de santé sont concernés ?
Dans le contexte de la pandémie de la COVID-19, le télésoin est désormais ouvert à 17 professions du secteur paramédical et aux pharmaciens :
audioprothésistes ;
diététiciens ;
épithésistes ;
ergothérapeutes ;
infirmiers ;
manipulateurs en électroradiologie médicale ;
masseurs
kinésithérapeutes ;
ocularistes ;
opticiens-lunetiers ;
orthopédistes-orthésistes ;
orthophonistes ;
orthoprothésistes ;
orthoptistes ;
pédicures-podologues ;
pharmaciens ;
podo-orthésistes ;
psychomotriciens ;
techniciens de laboratoire médical.
Les prérequis pour pratiquer le télésoin
Le consentement du patient
Le télésoin ou soin à distance ne peut être mis en pratique sans le consentement du patient ou de son représentant légal. Il peut être recueilli à l’écrit ou à l’oral, précise la HAS, mais doit toujours être tracé dans le dossier du patient. Ce dernier reste, dans tous les cas, libre de refuser une consultation à distance.
Bon à savoir : la Haute Autorité de Santé met à disposition une fiche conseils à remettre aux patients pour les informer de toutes les modalités du télésoin, avant de recueillir leur consentement.
Les équipements techniques nécessaires
Un ordinateur, une connexion Internet haut débit et une webcam constituent l’équipement minimum pour pratiquer le télésoin dans de bonnes conditions. Il existe également des outils numériques spécifiques au domaine de la télésanté, dont la liste est disponible sur le site du Ministère de la Santé. Il peut s’agir d’applications de facturation, de prise de rendez-vous ou encore de vidéotransmission.
Un télésoin, comment ça se passe en pratique ?
S’installer dans un environnement calme et propice à la confidentialité
La Haute Autorité de Santé invite professionnels de santé et patients à s’installer dans un lieu calme, confidentiel, où ils sont sûrs de ne pas être dérangés. L’ensemble de la consultation doit se dérouler par vidéotransmission (webcam) pour faciliter la communication. Pour les patients, il est également possible de se faire accompagner : professionnel de santé, aidant, interprète, etc. La présence d’un adulte est obligatoire en pédiatrie.
Vérifier l’identité du patient
La HAS rappelle combien cette étape est indispensable : il s’agit de vérifier l’identité du patient, et de s’assurer que les données seront bien compilées dans son dossier médical. Dans le cadre du télésoin, il est recommandé de connaître la localisation du patient et son numéro de téléphone pour prendre le relais en cas de problème de connexion.
Réaliser un compte-rendu
Pour bien clore un soin à distance, la Haute Autorité de Santé préconise la rédaction d’un compte-rendu, à mettre à disposition dans le Dossier Médical Partagé (DMP) du patient. Comme à la fin de chaque consultation, il est toujours indispensable d’informer le patient de sa situation et de la prise en charge prévue par la suite.
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