Retraite d’une sage-femme à l’hôpital : ce qu’il faut savoir sur l’âge de départ et le montant de la pension

Le corps des sages-femmes des hôpitaux n’existe que depuis décembre 2014. Selon un texte ministériel de 2016, l’âge de départ à la retraite d’une sage-femme dépend désormais de l’activité exercée. Une sage-femme en contact direct avec les femmes enceintes appartient à la catégorie « active » et peut donc ouvrir ses droits à la retraite dès 57 ans. Si elle encadre ou coordonne exclusivement une équipe, elle fait partie des « sédentaires » et l’âge de son départ à la retraite est fixé à 62 ans. Pour celles qui mélangent les deux activités, c’est à l’hôpital de dire quelle activité est majoritaire. Autre condition indispensable pour toutes pour partir à la retraite et bénéficier de la pension maximale : avoir validé, au cours de la carrière, entre 166 et 172 trimestres.

Pour les sages-femmes hospitalières, l’âge de départ à la retraite ainsi que les conditions pour bénéficier d’une pension à taux plein dépendent de plusieurs critères. Quelles sont les règles à connaître pour celles qui exercent en catégorie active, ou en catégorie sédentaire ? Voici comment bien prendre en compte ces éléments, et des solutions pour anticiper la baisse de revenus qui intervient au moment de la retraite.

Résumé

  • – L’âge de départ d’une sage-femme hospitalière dépend de ses fonctions : dès 57 ans en catégorie active pour les missions cliniques au contact des patientes, et à partir de 62 ans en catégorie sédentaire, avec un relèvement progressif jusqu’à 64 ans.
  • – La pension de retraite est versée par la CNRACL et calculée sur le traitement indiciaire brut des six derniers mois ; pour le taux plein, il faut valider entre 167 et 172 trimestres selon l’année de naissance.
  • – Anticiper la baisse de revenus à la retraite est essentiel, notamment parce que les primes sont peu prises en compte ; le PER du C.G.O.S peut compléter la pension et aider à maintenir son niveau de vie.

Tout comprendre sur le parcours professionnel d’une sage-femme à l’hôpital

Quelles sont les missions des sages-femmes dans la Fonction publique hospitalière ?

La sage-femme accompagne les femmes avant, pendant et après leur grossesse. À l’hôpital, elle assure le suivi médical des grossesses. Elle prépare les futures mères à l’accouchement. Elle réalise les soins postnataux, pour la maman comme pour son nouveau-né.

Découvrez ce que le PER du C.G.O.S peut vous apporter

Le PER du C.G.O.S n’est pas seulement une solution pour préparer votre retraite : il vous offre aussi des avantages adaptés à votre situation d’hospitalier. Découvrez les points clés pour mieux comprendre ce que cette solution peut vous apporter.

Découvrir

La sage-femme joue également un rôle dans le suivi gynécologique. Elle prescrit et assure le suivi de la contraception, et réalise certains examens cliniques. Elle peut également pratiquer des interruptions volontaires de grossesse médicamenteuses, et contribuer aux parcours d’assistance médicale à la procréation.

Près de 25 800 sages-femmes exercent en France, selon les chiffres 2025 de la Drees. Plus de la moitié travaillent dans des établissements publics de santé, et il s’agit d’un métier très féminin (97 %).

Quelle formation pour devenir sage-femme dans un établissement public de santé ?

Pour exercer en tant que sage-femme (ou maïeuticien), le diplôme d’État de docteur en maïeutique est obligatoire. Les titulaires du baccalauréat disposent de deux solutions pour accéder à la formation : soit via le PASS (Parcours d’accès spécifique santé), soit via une licence avec option accès santé (LAS). La formation alterne des enseignements théoriques et des stages cliniques. Au terme de leur formation, les sages-femmes doivent également soutenir une thèse.

Depuis la rentrée 2024, le cursus se déroule en 5 années, soit un niveau bac +6 en comptant l’année PASS ou licence. Les futures sages-femmes qui ont commencé leur formation avant la rentrée 2024 suivent un cursus en 4 années (bac +5).  

Quel est le salaire d’une sage-femme qui exerce à l’hôpital ?

Au sein de la Fonction publique hospitalière, le corps des sages-femmes des hôpitaux constitue un corps médical de catégorie A. La rémunération de ces professionnelles de santé repose sur la grille indiciaire de la Fonction publique. Celle-ci détermine un traitement indiciaire mensuel brut (TIBM) en fonction de deux éléments.

  • L’échelon, qui correspond à l’ancienneté. Le changement d’un échelon à un autre est automatique, ce qui fait progresser la rémunération.
  • Le grade (1 ou 2). Il correspond aux fonctions exercées par les sages-femmes : grade 1 pour la catégorie active (missions cliniques), et le grade 2 pour la catégorie sédentaire (missions d’encadrement et de coordination).

En début de carrière, une sage-femme perçoit une rémunération mensuelle brute de 2 796 euros. En fin de carrière et au grade 2, ce traitement est de 4 110 euros. S’y ajoutent différentes primes et indemnités, notamment pour le travail de nuit ou les astreintes, ainsi que l’indemnité de sujétion spéciale. Il existe également des primes spécifiques au métier de sage-femme, comme la prime d’exercice médical.

Retraite d’une sage-femme hospitalière : régime et calcul de la pension

Comment est calculée la pension de retraite des sages-femmes hospitalières ?

Comme les autres agents hospitaliers, les sages-femmes cotisent auprès de la Caisse nationale de retraite des agents des collectivités locales (CNRACL). La pension est calculée à partir du traitement indiciaire, c’est-à-dire la rémunération liée au grade et à l’échelon détenus. La formule de calcul est la suivante : 75 % × (nombre de trimestres validés / nombre de trimestres requis pour le taux plein) × traitement indiciaire brut des six derniers mois d’activité.

Le traitement indiciaire correspond à la rémunération perçue en fin de carrière, hors primes. En effet, les primes et indemnités, bien qu’importantes dans le salaire des sages-femmes hospitalières, ne sont que partiellement prises en compte dans le calcul de la retraite de base.

Des sages-femmes en catégorie active ou en catégorie sédentaire

Depuis la création du corps des sages-femmes en 2014, il existe une différence entre la catégorie active et la catégorie sédentaire. Cette spécificité est importante puisqu’elle conditionne l’âge d’ouverture des droits à la retraite, et les règles applicables pour bénéficier d’une pension à taux plein.

  • Les professionnelles qui assurent majoritairement des missions cliniques, et qui sont en contact direct avec leurs patientes, relèvent de la catégorie active. Elles occupent un emploi reconnu comme pénible.
  • Celles qui occupent principalement des fonctions d’encadrement, de coordination, d’organisation des soins ou encore de formation sont classées en catégorie sédentaire.
  • Enfin, l’hôpital détermine l’activité majoritaire de celles qui pratiquent les deux types de missions.

Sage-femme à l’hôpital : les conditions pour une retraite à temps plein 

Voici les éléments qui déterminent à quel âge et dans quelles conditions une sage-femme hospitalière peut bénéficier d’une pension à taux plein, sans décote.  

L’âge de départ selon les fonctions exercées

L’âge auquel une sage-femme hospitalière peut faire valoir ses droits à la retraite dépend en premier lieu de la nature de ses fonctions (instruction ministérielle du 18 février 2016).

  • Catégorie active : l’âge minimum est fixé à 57 ans et il est relevé de 3 mois par an depuis septembre 2023. L’âge du taux plein automatique correspond à l’âge minimum du départ à la retraite majoré de 3 ans.
  • Catégorie sédentaire : l’âge minimum est fixé à 62 ans et comme pour la catégorie active, il est relevé de 3 mois par an pour atteindre 64 ans. L’âge du taux plein automatique est à 67 ans.

Tableau récapitulatif

Type de catégorie

Active

Sédentaire

Fonctions concernées

Missions de soins au contact direct des patientes

Encadrement et coordination des soins

Âge minimum de départ

57 ans, relevé de 3 mois par an depuis septembre 2023

62 ans, relevé de 3 mois par an depuis septembre 2023, jusqu’à 64 ans

Âge du taux plein automatique

Âge minimum de départ + 3 ans

67 ans

La durée d’assurance requise pour bénéficier du taux plein 

Au-delà de l’âge, les sages-femmes doivent également valider un nombre de trimestres : entre 167 et 172 selon leur année de naissance. Ces trimestres correspondent aux périodes de service effectif dans la Fonction publique hospitalière. Des périodes assimilées (maladie, maternité…) ou bonifiées peuvent s’y ajouter. Si ce nombre de trimestres n’est pas atteint, une décote s’applique. Celle-ci réduit le montant de la pension. À l’inverse, une sage-femme qui poursuit son activité peut bénéficier d’une surcote, ce qui augmente le montant de sa retraite.

Bonifications, majorations et départ anticipé

Les sages-femmes peuvent bénéficier de majorations liées à une interruption d’activité pour la naissance ou l’éducation d’un enfant, ou de bonifications spécifiques selon les conditions de naissance des enfants en cours de carrière. Certaines situations ouvrent droit à un départ anticipé sans application de décote, notamment en cas d’invalidité.

Comment préparer sa retraite quand on est sage-femme à l’hôpital ?

Sage-femme hospitalière : pourquoi est-il indispensable de préparer sa retraite ?

Même lorsqu’une sage-femme remplit toutes les conditions pour bénéficier d’une pension de retraite à taux plein, le départ à la retraite est synonyme d’une baisse des revenus. Cette diminution est estimée entre 25 et 30 % des revenus pour les agents hospitaliers. Cela s’explique par le mode de calcul de la retraite : les primes et indemnités ne sont que très partiellement prises en compte. Or, celles-ci représentent une part importante de la rémunération des sages-femmes hospitalières.

Les sages-femmes peuvent aussi avoir fait le choix du temps partiel pendant leur carrière professionnelle, pour mieux concilier leur métier avec les exigences de leur vie personnelle par exemple. Or, le temps partiel peut aussi avoir un impact sur la pension de retraite puisqu’il réduit les trimestres liquidables, qui servent au calcul de la pension, dans certains cas. Il est donc indispensable de prévoir des solutions pour se constituer un complément de revenus pour la retraite.

Le Plan Épargne Retraite (PER) du C.G.O.S : une solution pour les agents hospitaliers

Le C.G.O.S propose un Plan Épargne Retraite (PER) afin de mieux accompagner les agents de la Fonction publique hospitalière dans la préparation de leur retraite. Ce Plan Épargne Retraite a été conçu par et pour les hospitaliers, et ses avantages tiennent compte des spécificités de la FPH. Plusieurs taux de cotisation sont proposés, afin d’épargner à son rythme tout au long de la vie active. Il est aussi possible de suspendre les cotisations, de moduler le taux, pour s’adapter facilement à des imprévus financiers ou à une évolution des revenus.

Pour les sages-femmes hospitalières, ce dispositif constitue un complément à la pension versée par la CNRACL, et permet de compenser en partie la baisse de revenus au moment de la retraite.

Les questions que vous vous posez

Les réponses à vos questions les plus fréquentes

Quel est le montant de la pension de retraite d’une sage-femme hospitalière ?

Le montant dépend du traitement indiciaire brut des six derniers mois d’activité et du nombre de trimestres validés. La formule qui s’applique est celle-ci : 75 % × (trimestres validés / trimestres requis) × traitement indiciaire brut. Il n’existe pas de montant fixe, puisqu’il varie selon l’échelon et la carrière de chaque sage-femme. Il faut surtout retenir qu’il reste inférieur au dernier salaire brut perçu en activité, primes comprises.

Les primes des sages-femmes sont-elles prises en compte dans le calcul de la retraite ?

Le calcul de la pension de base repose uniquement sur le traitement indiciaire perçu par la sage-femme. Les différentes primes et indemnités ne sont que partiellement prises en compte par la RAFP (Retraite additionnelle de la Fonction publique). Cela explique pourquoi les sages-femmes hospitalières, comme les autres agents de la Fonction publique hospitalière, subissent une baisse des revenus importante au moment du départ à la retraite (25 à 30 % en moyenne).

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Le Plan Epargne Retraite du C.G.O.S correspond au contrat d’assurance vie de groupe ayant pour objet la couverture d’engagements de retraite supplémentaire dénommé “Complémentaire Retraite des Hospitaliers”. Ce contrat d’épargne retraite, dédié aux hospitaliers et à leur famille, est souscrit par le C.G.O.S auprès d’Allianz Retraite et prend la forme d’un PER individuel. Ses modalités de fonctionnement sont définies dans la Notice d’information.