Vivre avec un diabète de type 2 : de nouvelles recommandations pour la prise en charge des patients

En France, plus de 4,3 millions de personnes vivent avec un diabète. Dans 90 % des cas, il s’agit d’un diabète de type 2 : une pathologie évolutive qui peut avoir de graves conséquences sur la santé. Une prise en charge adaptée à la situation de chacun est donc indispensable. Depuis 2024, la Haute Autorité de Santé (HAS) recommande de nouvelles mesures pour traiter le diabète de type 2. Modifier les habitudes de vie en changeant son alimentation et en pratiquant une activité physique devient ainsi la première étape, avant même de suivre un traitement médicamenteux. Explications.

Une évolution thérapeutique importante pour soigner le diabète de type 2

Jusqu’alors, la HAS préconisait une approche médicamenteuse pour traiter un déséquilibre de la glycémie. Mais ces recommandations dataient de 2013. Cette nouvelle position institutionnelle, annoncée en juin 2024, était donc attendue.

Changer les habitudes de vie : une alimentation équilibrée et plus d’activité physique

Dès lors qu’un diabète de type 2 (DT2) est diagnostiqué chez un patient, la priorité est donnée à la nutrition et à l’activité physique. Ces deux mesures améliorent la qualité de vie des diabétiques et aident à freiner l’évolution de la maladie. La HAS recommande ainsi de mettre en place :

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– un programme nutritionnel afin de mieux équilibrer la glycémie et de limiter une alimentation trop grasse ou trop sucrée ;

– une activité physique régulière, qui permet d’améliorer la sensibilité à l’insuline, de réduire la progression du diabète et de limiter les complications cardiovasculaires.

Impliquer le patient et l’aider à mieux gérer la maladie

Pour que les personnes diabétiques adhèrent à ces modifications de leurs habitudes, la HAS propose plusieurs pistes. Ces changements s’inscrivent notamment dans une démarche d’éducation thérapeutique du patient (ETP), afin de gagner en autonomie et d’apprendre à mieux gérer la maladie au quotidien. La HAS recommande également de bien tenir compte du mode de vie de chaque malade et de sa situation socio-économique. Chaque cas est différent, surtout dans un contexte où la maladie est souvent due à plusieurs facteurs.

Ainsi, l’activité physique peut être prescrite sous forme d’APA (activité physique adaptée). Le patient est alors accompagné par un professionnel de santé (kinésithérapeute, ergothérapeute, psychomotricien…).

Une prescription médicamenteuse lorsque l’évolution de la maladie le nécessite

Le diabète de type 2 est une pathologie évolutive : les besoins des patients doivent donc être réévalués régulièrement. Une prise en charge médicamenteuse peut être proposée « si les modifications du mode de vie ne suffisent pas » comme le souligne la HAS. Elle est aussi préconisée lorsqu’une hyperglycémie majeure est diagnostiquée, ou lorsque le patient présente un risque élevé de maladie cardio-vasculaire. La HAS intègre d’ailleurs, dans ses recommandations, de nouvelles classes médicamenteuses comme le GLP-1. Mais là aussi, l’institution le rappelle : les besoins du patient, sa situation, ses préférences ainsi que son adhésion sont autant de critères à prendre en compte pour déterminer le bon traitement médicamenteux.

En bref : ce qu’il faut retenir du diabète de type 2

Cette pathologie peut entraîner des complications graves et elle est aussi de plus en plus fréquente. Voici des éléments pour mieux la comprendre.

Le diabète de type 2, une maladie évolutive aux conséquences graves

Cette maladie chronique et évolutive est liée à une résistance à l’insuline (insulinorésistance) ou à un déficit d’insuline secrétée par le pancréas (insulinodéficience). La perturbation du métabolisme entraîne des complications graves à long terme, surtout lorsque le déséquilibre n’est pas traité : maladies cardiovasculaires, atteintes des reins, de la rétine, des nerfs ou des extrémités… Une prise en charge est donc indispensable, d’autant plus que le diabète de type 2 (DT2) peut se développer silencieusement pendant plusieurs années avant qu’il ne soit détecté.

Une maladie aux multiples facteurs et de plus en plus répandue

Le diabète de type 2 concerne surtout les adultes, contrairement au diabète de type 1 qui est une maladie auto-immune plus fréquente chez l’enfant et l’adolescent. Le DT2 survient ainsi plus souvent après 20 ans, même s’il peut être diagnostiqué chez des personnes plus jeunes. Il est « multifactoriel », comme le rappelle la HAS. Plusieurs facteurs favorisent en effet le développement d’un diabète de type 2 :

– Une alimentation trop grasse et trop sucrée ;

– Le manque d’activité physique (la sédentarité) ;

– L’obésité ;

– La prise de certains médicaments neuroleptiques ;

– Un déséquilibre de la flore intestinale…

Il faut aussi retenir que le DT2 est de plus en plus fréquent. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) qualifie la maladie d’« épidémie mondiale ». La prévalence du diabète est ainsi passée de 7 % en 1990 à 14 % en 2022 chez les adultes. Le nombre de cas dans le monde a été « multiplié par quatre ces dernières années », souligne l’OMS.

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