La retraite dans la Fonction publique hospitalière
Statut, âge de départ, durée de cotisation, traitement indiciaire, primes… Plusieurs éléments entrent en compte dans le calcul de votre retraite. Et selon votre parcours professionnel, vos droits peuvent être répartis entre plusieurs régimes.
Pour y voir plus clair, voici les principaux repères à connaître pour comprendre votre retraite et préparer sereinement votre avenir.
Comment fonctionne la retraite dans la Fonction publique hospitalière ?
2 régimes pour votre retraite
Si vous êtes fonctionnaire hospitalier
Régime de base : géré par la CNRACL (Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales et de la FPH).
Régime additionnel : géré par le RAFP (Retraite additionnelle de la fonction publique) qui prend en compte les primes et indemnités.
Si vous êtes agent contractuel
Régime de base : géré par le régime général des salariés (CNAV).
Régime complémentaire : géré par l’Ircantec (Institution de retraite complémentaire des agents non titulaires).
Si vous êtes praticien hospitalier
Régime de base : géré par le régime général des salariés (CNAV).
Régime complémentaire : géré par l’Ircantec (Institution de retraite complémentaire des agents non titulaires).
Comment est calculée la retraite dans la Fonction publique hospitalière ?
Votre retraite dépend de plusieurs éléments
votre statut ;
votre durée d’assurance ;
votre âge de départ ;
votre traitement indiciaire ;
votre parcours professionnel.
Une retraite à 2 niveaux
Comme tous les actifs, les agents hospitaliers cotisent pour leur retraite à deux niveaux : une retraite de base, qui constitue le socle de leur pension, et une retraite complémentaire, qui vient compléter les revenus à la retraite.
Niveau 1
Retraite de base
CNRACL ou CNAV selon votre statut
Niveau 2
Retraite complémentaire obligatoire
RAFP ou Ircantec selon votre statut
Pourquoi les primes sont-elles peu prises en compte ?
La rémunération d’un agent hospitalier se compose d’une rémunération principale (traitement indiciaire + complément de traitement indiciaire) à laquelle s’ajoutent des primes, dont la part dans la rémunération est en moyenne de 22,1 %.
À l’hôpital, les primes ne sont que très faiblement prises en compte dans le calcul des pensions de retraite de base.
Même si une retraite par capitalisation (la RAFP, Retraite Additionnelle de la Fonction Publique) a été mise en place en 2005, elle ne porte que sur 20 % maximum des primes, et seuls les fonctionnaires titulaires de leur poste peuvent être affiliés à cette retraite additionnelle.
Par conséquent, à la retraite, les revenus des agents hospitaliers baissent de 25 % à 30 % en moyenne…
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Quel que soit votre âge, il n’est jamais trop tôt ni trop tard pour vous intéresser à votre retraite.
Quelles sont les conditions de départ à la retraite dans la Fonction publique hospitalière ?
Réforme des retraites de 2023 : des conséquences sur l’âge de départ et la durée de cotisation
La réforme des retraites de 2023 a conduit à un recul de l’âge de retraite mais a également allongé la durée de cotisation pour les personnes en activité.
Un nouveau recul de l’âge d’ouverture des droits à la retraite : passage progressif, selon l’année de naissance, à 59 ans pour les actifs et 64 ans pour les sédentaires.
Un nouvel allongement de la durée de cotisation : pour bénéficier d’une retraite à taux plein, elle est portée à 43 ans dès 2027 (soit 172 trimestres).
À quel âge pourrez-vous partir à la retraite ?
L’âge d’ouverture de vos droits à la retraite dépend de la catégorie à laquelle vous appartenez : catégorie active (infirmières, aides-soignantes, sages-femmes) ou catégorie sédentaire pour les fonctionnaires. Les agents contractuels bénéficient des mêmes conditions d’âge de départ que les fonctionnaires de la catégorie sédentaire.
Atteindre l’âge légal ne signifie pas nécessairement bénéficier automatiquement d’une retraite à taux plein. La durée d’assurance requise dépend notamment de votre année de naissance.
Catégorie active
Année de naissance
Âge d’ouverture des droits à la retraite
1966 (avant le 31/08)
57 ans
1966 (après le 31/08)
57 ans et 3 mois
1967
57 ans et 6 mois
1968
57 ans et 9 mois
1969
58 ans
1970
58 ans et 3 mois
1971
58 ans et 6 mois
1972
58 ans et 9 mois
1973 et années suivantes
59 ans
Catégorie sédentaire et agents contractuels
Année de naissance
Âge d’ouverture des droits à la retraite
1961 (avant le 31/08)
62 ans
1961 (après le 31/08)
62 ans et 3 mois
1962
62 ans et 6 mois
1963
62 ans et 9 mois
1964
63 ans
1965
63 ans et 3 mois
1966
63 ans et 6 mois
1967
63 ans et 9 mois
1968 et années suivantes
64 ans
Quelle est la durée de cotisation pour partir à taux plein ?
Pour partir à taux plein, il faut avoir validé entre 168 et 172 trimestres d’assurance retraite selon sa catégorie et son âge.
Catégorie active
Année de naissance
Durée de cotisation (en trimestres)
1966 (avant le 31/08)
168
1966 (après le 31/08)
169
1967
169
1968
170
1969
171
1970 et années suivantes
172
Catégorie sédentaire et agents contractuels
Année de naissance
Durée de cotisation (en trimestres)
1961 (avant le 31/08)
168
1961 (après le 31/08)
169
1962
169
1963
170
1964
171
1965 et années suivantes
172
Qu’est-ce que la décote et la surcote ?
La décote
Si vous n’atteignez pas la durée d’assurance retraite requise au moment de votre départ en retraite, autrement dit s’il vous manque des trimestres, votre pension sera définitivement réduite, c’est ce que l’on appelle la décote.
Le montant de la pension sera réduit en fonction du nombre de trimestres manquant au taux plein. Le taux de décote est de 1,25 % par trimestre invalidé, avec un maximum de 20 trimestres.
Exemple : vous avez atteint l’âge légal de départ à la retraite mais n’avez cumulé que 152 trimestres au lieu des 167 requis pour sa catégorie. Il vous manque 15 trimestres. Votre décote sera calculée ainsi : 15 × 1,25 % = 18,75 %. Votre retraite sera donc minorée définitivement de 18,75 % (par rapport au taux plein).
La surcote
Elle se produit si vous avez cotisé plus longtemps que nécessaire, si vous avez commencé à travailler très tôt ou si vous souhaitez continuer au-delà de l’âge de départ légal. Son taux est de 1,25 % par trimestre travaillé supplémentaire.
Exemple : vous souhaitez dépasser l’âge légal de départ à la retraite. Vous décidez de cumuler 4 trimestres en plus du nombre requis. Votre surcote sera calculée de la manière suivante : 4 × 1,25 % = 5 %. Votre retraite sera donc majorée de 5 % (par rapport au taux plein).
Les cas particuliers
Certaines situations méritent une information particulière, notamment si vous avez travaillé à temps partiel ou que vous envisagez d’aménager votre fin de carrière.
Le temps partiel
Avec une rémunération plus faible qu’un temps plein et des cotisations retraite moins élevées, le temps partiel peut réserver de mauvaises surprises au moment du départ à la retraite…
Pour le calcul de la durée d’assurance, les services à temps partiel, de droit ou sur autorisation, sont comptabilisés comme des services à temps plein. Une année accomplie à temps partiel, quel que soit le temps de travail hebdomadaire, compte alors pour 4 trimestres.
Pour déterminer le taux de liquidation de la retraite (75 % au maximum), le service à temps partiel « sur autorisation » est pris en compte au prorata du temps de travail.
Exemple : si vous avez travaillé à 50 % pendant une année entière, vous ne validerez que 2 trimestres.
La naissance ou l’adoption d’un enfant
La naissance ou l’adoption d’un enfant peut vous permettre d’acquérir des trimestres supplémentaires, selon la date de naissance ou d’adoption et votre situation.
Enfant né ou adopté avant 2004 : 4 trimestres peuvent être accordés si vous avez interrompu votre activité pendant au moins 2 mois pour l’élever.
Enfant né ou adopté à partir de 2004 : 2 trimestres peuvent être accordés à la mère, sous certaines conditions, notamment si elle a accouché après son entrée dans la fonction publique.
La surcote parentale : les parents, femmes ou hommes, qui ont une durée d’assurance complète, soit 43 annuités à partir de 2027, 1 an avant l’âge légal de départ à la retraite, peuvent bénéficier d’une majoration de leur pension s’ils poursuivent leur activité au-delà de l’âge requis. La pension peut ainsi être majorée de 1,25 % par trimestre supplémentaire travaillé, dans la limite de 5 % pour une année.
La retraite anticipée
Dans certaines situations, les agents hospitaliers peuvent partir à la retraite plus tôt que prévu. C’est notamment possible :
En cas de carrière longue : si vous avez commencé avant 16 ans, vous pourrez partir à partir de 58 ans, entre 16 et 18 ans, à 60 ans, entre 18 et 20 ans, à partir de 62 ans et entre 20 et 21 ans, à partir de 63 ans, sous conditions d’avoir cotisé le nombre de trimestres requis.
Pour raison de santé : lorsque votre état de santé ne vous permet plus d’exercer votre activité, sous certaines conditions.
En cas de handicap : un départ anticipé peut être possible, notamment à partir de 55 ans sous certaines conditions.
Pour avoir un enfant handicapé : certaines conditions permettent également un départ anticipé.
Pour les parents de 3 enfants ou plus : ce dispositif concerne certaines situations particulières et notamment les agents remplissant les conditions de services prévues par la réglementation.
La retraite progressive
Elle permet aux agents en fin de carrière de travailler à temps partiel tout en percevant une partie de leur pension de retraite. Pour en bénéficier, il faut justifier d’une durée d’assurance minimum de 150 trimestres, et être à 2 ans minimum de l’âge d’ouverture des droits à la retraite.
Le cumul emploi-retraite
Il est possible, sous certaines conditions, de demander une « seconde pension » à la suite d’une période de cumul emploi-retraite.
La retraite par métier dans la Fonction publique hospitalière
Votre retraite peut varier selon votre statut, votre métier, vos missions et votre parcours professionnel. Consultez nos pages dédiées pour découvrir les informations qui correspondent à votre situation.
Retraite IDE
Retrouvez les règles de retraite applicables aux infirmiers hospitaliers : catégorie, âge de départ et montant de la pension.
Transférer son PER : les avantages de cette opération
Au fil des années, il est possible de cumuler plusieurs PER (plans épargne retraite). Certains ont pu être imposés par l’entreprise dans laquelle vous avez travaillé. D’autres ont été ouverts par votre conjoint. Se pose alors la question de transférer l’ensemble des PER dans un seul compte. Simplicité de gestion mais aussi meilleure vision de l’épargne retraite : de nombreuses raisons incitent les épargnants à regrouper leurs PER. Comment faire ? Et quelles sont les contraintes et avantages ? Explications.
Transférer son PER : les avantages de cette opération
Au fil des années, il est possible de cumuler plusieurs PER (plans épargne retraite). Certains ont pu être imposés par l’entreprise dans laquelle vous avez travaillé. D’autres ont été ouverts par votre conjoint. Se pose alors la question de transférer l’ensemble des PER dans un seul compte. Simplicité de gestion mais aussi meilleure vision de l’épargne retraite : de nombreuses raisons incitent les épargnants à regrouper leurs PER. Comment faire ? Et quelles sont les contraintes et avantages ? Explications.
Plafond du PER : comment optimiser sa déduction fiscale ?
Le Plan d'Épargne Retraite (PER) permet de préparer sa retraite tout en bénéficiant d'un avantage fiscal pendant la vie active. Les versements effectués sur le contrat peuvent, sous certaines conditions, être déduits du revenu imposable. Pour cela, chaque épargnant dispose d'un plafond qui indique les sommes prises en compte tous les ans. Explications.
Déduction fiscale du PER : comment réduire ses impôts grâce au plan d’épargne retraite ?
Quand on travaille à l’hôpital, on pense rarement à sa retraite au début de sa carrière. Pourtant, entre les primes, les gardes ou les heures de nuit, beaucoup d’agents hospitaliers constatent une baisse de revenus importante une fois à la retraite : de 25 à 30 % en moyenne.
Le plan d’épargne retraite (PER) permet justement d’anticiper cette situation tout en bénéficiant d’un avantage fiscal : réduire ses impôts pendant la vie active. Pour les infirmiers, aides-soignants, cadres de santé ou praticiens hospitaliers, ce dispositif peut devenir un véritable outil pour préparer l’avenir plus sereinement.
Le plan épargne retraite est devenu au fil des ans le produit financier préféré des Français pour se constituer un complément de revenu au moment de la retraite. En 2025, ils étaient plus de 12,7 millions titulaires d’un PER. Il faut dire qu’il présente bien des avantages avec ses modalités de sortie et ses déductions fiscales. Mais de nombreux épargnants se posent une question : est-ce qu’il est possible d’ouvrir plusieurs PER ? Voici quelques éléments de réponse pour vous aider à faire un choix éclairé.