Déduction fiscale du PER : comment réduire ses impôts grâce au plan d’épargne retraite ?
Quand on travaille à l’hôpital, on pense rarement à sa retraite au début de sa carrière. Pourtant, entre les primes, les gardes ou les heures de nuit, beaucoup d’agents hospitaliers constatent une baisse de revenus importante une fois à la retraite : de 25 à 30 % en moyenne.
Le plan d’épargne retraite (PER) permet justement d’anticiper cette situation tout en bénéficiant d’un avantage fiscal : réduire ses impôts pendant la vie active. Pour les infirmiers, aides-soignants, cadres de santé ou praticiens hospitaliers, ce dispositif peut devenir un véritable outil pour préparer l’avenir plus sereinement.
Résumé
– Le PER permet de réduire son revenu imposable grâce aux versements déductibles, dans la limite du plafond fiscal disponible ; plus la tranche marginale d’imposition (TMI) est élevée, plus l’économie d’impôt peut être importante.
– Le plafond de déduction est encadré : il correspond généralement à 10 % des revenus professionnels nets de l’année précédente, et les plafonds non utilisés peuvent être reportés pendant 3 ans.
– La fiscalité dépend aussi du choix effectué à la sortie : capital, rente viagère ou combinaison des deux ; une sortie fractionnée peut permettre de limiter l’impact fiscal au moment de la retraite.
Comment fonctionne la déduction fiscale du PER ?
Le fonctionnement fiscal du PER est relativement simple : les versements effectués sur le contrat peuvent réduire le revenu imposable du foyer. Concrètement, cela permet souvent de payer moins d’impôts tout en se constituant une épargne pour la retraite. Le montant de l’économie réalisée dépend de trois critères : le niveau d’imposition, le montant versé et le plafond fiscal disponible.
Vous trouvez cela encore trop compliqué ? Bonne nouvelle : vous n’avez pas besoin d’un expert en fiscalité pour comprendre le principe.
Le PER du C.G.O.S, plus simple qu’il n’y paraît
Vous en entendez parler, mais vous ne savez pas toujours par où commencer ? Pas d’inquiétude, on vous guide pas à pas pour comprendre son fonctionnement, ses objectifs et la façon dont il peut s’intégrer dans votre préparation retraite.
Une déduction fiscale et non une réduction d’impôt
Les cotisations versées dans le cadre du PER viennent diminuer les revenus soumis à l’impôt. Cela ne correspond donc pas à un crédit d’impôt ou à une réduction fiscale classique. L’objectif est plutôt de réduire la base imposable du foyer afin de baisser l’impôt à payer.
Le gain fiscal dépend de la tranche d’imposition
Plus la tranche marginale d’imposition (TMI) est élevée, plus l’économie d’impôt devient importante. Le gain fiscal varie donc selon le niveau d’imposition de chaque foyer.
Par exemple :
– une personne imposée à 11 % économisera environ 11 € pour 100 € versés ;
– une personne imposée à 30 % économisera environ 30 € ;
– une personne imposée à 41 % économisera environ 41 €.
Pour un infirmier qui effectue beaucoup de nuits ou un praticien hospitalier avec des revenus plus élevés, le gain fiscal du PER peut devenir particulièrement intéressant.
Les versements sur un PER sont plafonnés
Une autre limite est à prendre en compte : le plafond fiscal annuel. Même si les versements sont déductibles, ils le sont dans un cadre strict. Le plafond est indiqué sur l’avis d’imposition.
Une précision importante : la déduction n’est pas obligatoire.
Elle dépend également de votre stratégie patrimoniale et vos objectifs à long terme. En effet, cela impacte la fiscalité au moment de la sortie du PER.
Quel est le plafond de déduction du PER ?
Chaque année, l’administration fiscale fixe une limite de déduction pour le PER. Dans la plupart des cas, elle correspond à 10 % des revenus professionnels nets de l’année précédente. Ce mécanisme permet d’encadrer les avantages fiscaux accordés aux épargnants.
Comment connaître le plafond disponible ?
Le plafond disponible apparaît sur l’avis d’imposition, dans la rubrique « plafond épargne retraite ». Ce montant indique la somme maximale qui peut être déduite fiscalement au titre de votre Plan d’Épargne Retraite Individuel (PER individuel).
Par exemple, le « plafond total 2023 » correspond au plafond calculé à partir de vos revenus de 2023. Il s’applique aux versements réalisés en 2024 et déclarés en 2025.
Le « plafond pour les cotisations que vous allez verser en 2025 » correspond à l’addition du plafond de 2023 et des plafonds non utilisés des trois années précédentes.
Les plafonds non utilisés peuvent être reportés
C’est souvent un point méconnu. Lorsqu’une personne n’utilise pas la totalité de son plafond PER, le montant restant peut être reporté pendant trois ans.
Cela peut être intéressant pour :
– effectuer un versement important plus tard ;
– optimiser sa fiscalité ;
– profiter d’une année avec des revenus plus élevés.
Pourquoi la TMI est-elle importante pour le PER ?
Le calcul de l’économie d’impôt repose sur la tranche marginale d’imposition (TMI). Cette tranche marginale d’imposition correspond au taux appliqué à la dernière tranche de revenus du foyer. Autrement dit, les derniers euros gagnés sont imposés différemment des premiers euros. Là aussi, l’administration fiscale publie tous les ans un tableau concernant les tranches de revenus (ci-dessous celui de 2025).
Une partie des revenus est imposée à 0 %, puis une autre à 11 %, puis éventuellement à 30 %, 41 % ou 45 % selon le niveau de revenus.
Tranches de revenus
Taux d’imposition de la tranche de revenu
Jusqu’à 11 600 €
0 %
De 11 601 € à 29 579 €
11 %
De 29 580 € à 84 577 €
30 %
De 84 578 € à 181 917 €
41 %
Plus de 181 917 €
45 %
Lorsque vous versez de l’argent sur un PER, la déduction fiscale vient réduire la partie des revenus imposée dans votre tranche la plus élevée.
Pas besoin d’entrer dans des calculs complexes : il faut simplement retenir que plus la TMI est élevée, plus le PER devient intéressant fiscalement.
Attention : la TMI n’est pas le taux réel d’imposition. C’est une confusion très fréquente. Une personne ayant une TMI de 30 % ne paie pas 30 % d’impôt sur tous ses revenus. Seule une partie des revenus est imposée à ce taux. Le taux moyen d’imposition est souvent plus faible que la TMI. Cependant, pour estimer le gain fiscal du PER, la TMI reste le bon indicateur à utiliser.
Des exemples concrets de déduction fiscale
Pour mieux comprendre comment fonctionne cette déduction fiscale, rien de mieux que des exemples concrets.
Une infirmière hospitalière imposée à 30 % (ou un TMI de 30%)
Une infirmière hospitalière qui verse 3 000 € sur un PER peut économiser 900 € si elle est imposée à 30 %. En pratique, son effort d’épargne « réel » se rapproche donc davantage de 2 100 € après avantage fiscal.
Un aide-soignant imposé à 11 % (avec une TMI de 11 %)
Même avec une imposition plus faible, le PER peut rester intéressant.
Un aide-soignant imposé à 11 % qui verse 2 000 € sur son PER pourra économiser environ 220 € d’impôts. Le mécanisme reste identique, mais le bénéfice fiscal immédiat est moins important. Le PER permet de constituer progressivement une épargne retraite complémentaire. L’intérêt du dispositif ne repose donc pas uniquement sur l’économie d’impôt.
Le cas d’un praticien hospitalier
Un praticien hospitalier imposé à 41 % qui verse 8 000 € sur un PER peut économiser environ 3 280 € d’impôts.
Pour rappel, plus la tranche d’imposition est élevée, plus le PER devient intéressant fiscalement.
Idée reçue : il est possible de déduire 100 % de ses versements sur un PER. La mention « versements 100 % déductibles » signifie simplement qu’ils peuvent être entièrement déduits dans la limite du plafond autorisé par l’administration fiscale.
La fiscalité à la sortie du PER
Le PER permet de bénéficier d’un avantage fiscal pendant la vie active, mais il est également important de comprendre ce qu’il se passe au moment de récupérer l’épargne.
Que se passe-t-il si les versements ont été déduits ?
Lorsque les versements ont été déduits pendant la phase d’épargne, l’administration fiscale considère que l’épargnant a déjà bénéficié d’un avantage fiscal à l’entrée.
Au moment de la sortie :
– le capital correspondant aux versements déduits est soumis à l’impôt sur le revenu ;
– les gains générés par les placements sont généralement soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU), aussi appelé flat tax, sauf situations particulières.
Le PER fonctionne donc selon une logique de fiscalité différée : l’impôt est réduit pendant la vie active puis une partie est récupérée à la retraite.
Que se passe-t-il si les versements n’ont pas été déduits ?
L’épargnant peut choisir de ne pas déduire ses versements du revenu imposable. Dans ce cas, il ne bénéficie pas d’économie d’impôt immédiate mais d’une fiscalité à la sortie souvent plus légère.
Le capital correspondant aux versements non déduits n’est généralement pas soumis à l’impôt sur le revenu au moment de la retraite. Seuls les gains restent fiscalisés.
Cette stratégie peut être intéressante pour :
– les personnes peu imposées ;
– les jeunes actifs ;
– certains agents hospitaliers ayant une faible tranche marginale d’imposition.
La fiscalité dépend du mode de sortie choisi pour le PER
Au moment de la retraite, le titulaire d’un PER peut généralement récupérer son épargne :
– sous forme de capital ;
– sous forme de rente viagère ;
– ou avec une combinaison des deux.
La sortie en capital
Si les cotisations ont été déduites du revenu imposable pendant la période active :
– le capital récupéré correspondant aux versements est soumis au barème de l’impôt sur le revenu ;
– les gains générés par le PER sont soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU) et aux prélèvements sociaux, sauf dispense possible (revenu fiscal inférieur à 25 000 €, par exemple).
S’il n’y a pas eu de déduction des versements :
– le capital récupéré est exonéré d’impôt sur le revenu ;
– les gains restent fiscalisés selon le prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30 %. Ce PFU est effectué par l’organisme (banque ou assurance).
La rente viagère
Lorsque les versements ont été déduits, la rente viagère est imposée comme une pension de retraite classique. Elle bénéficie alors de l’abattement de 10 % applicable aux pensions avant application du barème de l’impôt sur le revenu.
Dans le cas où les sommes n’ont pas été déduites :
– la rente est imposée selon le régime des rentes viagères à titre onéreux ;
– seule une fraction de la rente est alors imposable selon l’âge du bénéficiaire.
Une sortie fractionnée pour optimiser la fiscalité
La sortie fractionnée consiste à récupérer progressivement l’épargne accumulée sur le PER plutôt qu’en une seule fois.
Au lieu de retirer l’intégralité du capital dès le départ à la retraite, le titulaire peut effectuer
– plusieurs retraits étalés dans le temps ;
– des retraits annuels ;
– des retraits ponctuels selon ses besoins.
Cette stratégie permet de mieux gérer la fiscalité du PER. En effet, retirer l’intégralité du capital en une seule fois peut fortement augmenter le revenu imposable et entraîner un changement de tranche d’imposition. La sortie fractionnée est aussi le moyen de continuer à faire fructifier une partie du capital tout en adaptant les retraits aux besoins réels du retraité.
FAQ : fiscalité du PER
Le PER permet-il vraiment de payer moins d’impôts ?
Oui, le PER permet de réduire le revenu imposable grâce à la déduction des versements effectués sur le contrat. Plus la tranche marginale d’imposition est élevée, plus l’économie d’impôt peut être importante.
Que se passe-t-il fiscalement à la retraite ?
La fiscalité dépend du mode de sortie choisi et du fait que les versements aient été déduits ou non. En cas de sortie en capital après déduction fiscale, une partie des sommes récupérées est soumise à l’impôt sur le revenu.
Faut-il déduire ses versements ou non ?
La déduction fiscale est souvent avantageuse pour les personnes fortement imposées. En revanche, certains épargnants préfèrent ne pas déduire leurs versements afin de bénéficier d’une fiscalité plus légère à la sortie du PER.
Transférer son PER : les avantages de cette opération
Au fil des années, il est possible de cumuler plusieurs PER (plans épargne retraite). Certains ont pu être imposés par l’entreprise dans laquelle vous avez travaillé. D’autres ont été ouverts par votre conjoint. Se pose alors la question de transférer l’ensemble des PER dans un seul compte. Simplicité de gestion mais aussi meilleure vision de l’épargne retraite : de nombreuses raisons incitent les épargnants à regrouper leurs PER. Comment faire ? Et quelles sont les contraintes et avantages ? Explications.
Plafond du PER : comment optimiser sa déduction fiscale ?
Le Plan d'Épargne Retraite (PER) permet de préparer sa retraite tout en bénéficiant d'un avantage fiscal pendant la vie active. Les versements effectués sur le contrat peuvent, sous certaines conditions, être déduits du revenu imposable. Pour cela, chaque épargnant dispose d'un plafond qui indique les sommes prises en compte tous les ans. Explications.
Le plan épargne retraite est devenu au fil des ans le produit financier préféré des Français pour se constituer un complément de revenu au moment de la retraite. En 2025, ils étaient plus de 12,7 millions titulaires d’un PER. Il faut dire qu’il présente bien des avantages avec ses modalités de sortie et ses déductions fiscales. Mais de nombreux épargnants se posent une question : est-ce qu’il est possible d’ouvrir plusieurs PER ? Voici quelques éléments de réponse pour vous aider à faire un choix éclairé.
La retraite est souvent perçue comme une étape lointaine, particulièrement en début ou en milieu de carrière. Pourtant, anticiper cette période est essentiel pour préserver son niveau de vie une fois l’activité professionnelle terminée. Et en particulier pour les agents hospitaliers : le départ à la retraite s’accompagne d’une baisse des ressources financières, estimée de 25 à 30 % des revenus perçus. Le Plan Épargne Retraite (PER) constitue aujourd’hui l’un des principaux outils pour préparer sa retraite à long terme.
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