Pharmacien en établissement hospitalier : une profession qui tend à se féminiser
Les métiers du soin sont traditionnellement exercés par des femmes. 87 % des infirmiers sont des femmes et l’on atteint le chiffre de 93 % pour les aides-soignantes. Une profession tend à se féminiser de plus en plus : les pharmaciens hospitaliers. Zoom sur ce métier et précisions sur la part des femmes grandissante dans cette profession.
Comment devenir pharmacien en établissement hospitalier ?
Un concours commun en première année
Les récents changements dans les études médicales ont modifié l’accès à la formation de la profession de pharmacien. Au PACES, succède le PASS (Parcours d’Accès Spécifique Santé) pour les bacheliers dès 2020. Cette réforme concerne les filières médecine, maïeutique, odontologie, et pharmacie (MMOP). Selon le résultat au concours de première année, les étudiants choisissent leur filière : c’est là que le futur pharmacien commence sa formation, en deuxième année.
Les années de formation
Les 2e et 3e années sont consacrées aux disciplines théoriques et aussi au stage en officine. Au cours de la 3e année, l’étudiant choisit son orientation :
Le PER du C.G.O.S, plus simple qu’il n’y paraît
Vous en entendez parler, mais vous ne savez pas toujours par où commencer ? Pas d’inquiétude, on vous guide pas à pas pour comprendre son fonctionnement, ses objectifs et la façon dont il peut s’intégrer dans votre préparation retraite.
La 4e année est une année charnière, coupée en deux. Le 1er semestre est consacré au tronc commun. Au début du 2e semestre, l’étudiant entame sa spécialisation vers l’une des trois orientations : officine, industrie-recherche ou PHBMR.
Au cours de la 5e année, appelée « hospitalo-universitaire », les étudiants passent une partie de l’année à l’hôpital. Puis ils suivent, à l’université, uniquement des cours spécialisés selon leurs choix d’orientation.
L’internat (cycle long) est une formation, alternant cours et stages à plein temps, à l’hôpital et sur quatre ans. Il est accessible sur concours à partir de la 5e année.
Enfin, la 6e année se partage entre six mois de cours et six mois de stage en officine ou en industrie ou en laboratoire de recherche.
Quelles sont les grandes missions d’un pharmacien hospitalier ?
Ce métier propose une grande diversité de missions en relation avec les produits de santé, et également avec les autres professionnels de l’établissement public et les patients.
La gestion des achats des produits de santé
Le pharmacien gère les achats, l’approvisionnement, la détention et la gestion des produits de santé. Il les dispense aux patients hospitalisés ou en ambulatoires (analyse des prescriptions, délivrance, conseils de bon usage).
Ce professionnel de santé assure aussi la traçabilité de certains médicaments et dispositifs médicaux implantables et contrôle les matières premières, les préparations, l’eau pour hémodialyse, etc.
Les actions de pharmacie clinique
Le pharmacien mène des bilans de médication à l’entrée et à la sortie des patients et réalise des préparations magistrales, hospitalières et officinales. On peut citer les médicaments à usage pédiatrique, anticancéreux, radio-pharmaceutiques, nutrition parentérale, médicaments de thérapie innovante.
La participation à la pharmacovigilance
Le pharmacien prend en charge les actions de pharmacovigilance, de matériovigilance et autres vigilances sanitaires. Il assure la sécurisation du circuit du médicament à travers des actions qualité et sécurité des soins et la gestion des risques.
Enfin, il participe à la commission du médicament, aux recherches biomédicales, aux actions de formation et d’enseignements des personnels pharmaceutiques et autres paramédicaux et, selon les établissements, à l’éducation thérapeutique, à la pharmacocinétique, à l’hygiène.
Le salaire d’un pharmacien hospitalier
Un praticien hospitalier pharmacien à temps plein débute sa carrière avec une rémunération brute mensuelle de 4 565,50 euros pour terminer au 13e échelon à 9 222,60 euros.
La féminisation du métier de pharmacien hospitalier
Des chiffres éloquents
En janvier 2022, le Conseil national de l’Ordre des pharmaciens (CNOP) a publié un rapport dans lequel il soulignait que la profession se féminisait de plus en plus : les femmes représentent 68 % de l’ensemble des pharmaciens. Mais cette étude va plus loin en distinguant les chiffres en fonction des spécialités.
Dans les établissements de santé ou médicosociaux, trois pharmaciens sur 4 sont des pharmaciennes. Néanmoins, même si elles représentent 74 % des effectifs, les femmes sont moins nombreuses que les hommes à exercer un poste à responsabilité. Ainsi, en 2019, « seulement 12 % des responsables de pôles médicaux et 27 % des chefs de services étaient des femmes », relève Marina Nguon, pharmacien responsable du secteur vigilance des essais cliniques aux Hospices civils de Lyon.
Dans les officines privées, les pharmaciennes représentent 71 % des effectifs. Mais il existe aussi des disparités pour les postes à responsabilité : elles sont à 80 % adjointes et seulement 56 % à diriger la pharmacie.
Plusieurs raisons :
– Les missions liées au poste d’adjoint ont évolué vers plus de responsabilités et offrent une plus grande diversité : préparations, prises de sang, entretiens pharmaceutiques, vaccinations, etc.
– Le début de carrière en tant qu’adjoint peut être un tremplin vers la titularisation.
– Il est possible de travailler à temps partiel.
Des résultats qui vont progresser
Même si le secteur des établissements de santé, médico-sociaux et des services d’incendie et de secours ne concerne que 12 % des pharmaciens, ses effectifs continuent de progresser (+ 1,1 % en 2021). C’est le phénomène inverse dans le secteur privé avec une baisse de 2,7 % des effectifs.
Pour continuer sur cette dynamique, de nouveaux postes sont ouverts dans les établissements publics de santé. Des passerelles aussi sont en projet pour que les pharmaciens qui n’ont pas choisi cette spécialité (pharmacie hospitalière, biologie médicale, recherche) puissent évoluer vers cette carrière.
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