Quel est le salaire d’un praticien hospitalier (PH) ?
La rémunération d’un praticien hospitalier varie selon différents paramètres. Un praticien peut en effet être permanent ou contractuel, exercer à temps plein ou à temps partiel, ou encore pratiquer une activité libérale complémentaire. Quelle est la grille indiciaire des praticiens hospitaliers, et quelles sont les principales primes et indemnités ? Voici tous les éléments à connaître pour calculer le salaire d’un praticien hospitalier.
Résumé
– Le praticien hospitalier (PH) bénéficie d’un statut spécifique : médecin, chirurgien, pharmacien ou chirurgien-dentiste, il n’est pas fonctionnaire et sa rémunération suit une grille propre comprenant 13 échelons.
– Le salaire d’un PH permanent varie d’environ 4 634 € à 9 368 € brut par mois selon l’ancienneté ; à temps partiel, la rémunération est calculée au prorata du nombre de demi-journées travaillées.
– Des primes et indemnités peuvent compléter la rémunération, notamment l’IESPE, la prime d’engagement de carrière hospitalière, les primes territoriales ou les indemnités liées aux gardes et astreintes.
Qu’est-ce qu’un praticien hospitalier (PH) ?
Le praticien hospitalier : un statut spécifique dans la Fonction publique hospitalière
Le terme “praticien hospitalier” (PH) désigne l’ensemble des médecins, chirurgiens, pharmaciens ou encore chirurgiens-dentistes qui exercent dans les établissements publics de santé ou les Ehpad. Et ce, quelle que soit leur spécialité. Pour obtenir ce statut, ces personnels médicaux doivent remplir plusieurs conditions :
Être titulaires d’un Diplôme d’études spécialisées (DES), délivré par un État membre de l’Union européenne et dans la spécialité d’exercice ;
Réussir le concours national de praticien hospitalier (CNPH) ;
Être nommés à titre permanent (à temps plein ou partiel) dans un établissement ou un groupement d’établissements.
Contrairement à d’autres agents hospitaliers, les PH ne sont pas considérés comme fonctionnaires. Ce qui n’empêche pas un ensemble de règles : le statut de PH est régi par le Code de la santé publique (articles R6152-1 à R6152-333). Leur rémunération et leur avancement, notamment, sont encadrés par des décrets.
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Bon à savoir : un praticien hospitalier peut également exercer en tant que contractuel dans un hôpital, avant même le concours national. Il est alors recruté directement par l’établissement de santé et sa rémunération ne dépend pas de la grille indiciaire de la fonction publique.
Praticien hospitalier : de nombreuses spécialités
Les praticiens hospitaliers exercent dans l’ensemble des disciplines liées aux soins : médicales, biologiques, pharmaceutiques et odontologiques. Ils portent le titre de médecin, chirurgien, psychiatre, pharmacien, radiologue ou encore biologiste.
Au 1er janvier 2025, le Centre national de gestion (CNG), qui assure la gestion statutaire des praticiens hospitaliers, en recense 56 928 en France. 89 % d’entre eux travaillent dans un établissement public de santé. La majorité (74 %) des praticiens hospitaliers sont en médecine. Les spécialités les plus représentées sont :
La médecine générale et d’urgence ;
La pédiatrie ;
La gériatrie ;
La neurologie ;
La néphrologie ;
Ou encore la pneumologie.
En chirurgie, les spécialités de gynécologie obstétrique, oto-rhino-laryngologie et cervico-faciale sont les plus fréquentes.
Quelles sont les missions des praticiens hospitaliers ?
Les praticiens hospitaliers assurent les actes médicaux liés à leur spécialité : le diagnostic, le traitement ainsi que les soins d’urgence. Ils exercent généralement au sein d’une équipe pluridisciplinaire et peuvent également participer à des actions d’enseignement, de recherche clinique ou d’intérêt général. Dans ce dernier cas, il s’agit par exemple de missions liées à la vigilance sanitaire ou de conseil auprès d’administrations publiques.
Les praticiens hospitaliers sont également tenus à une permanence des soins au sein des établissements :
Des gardes (présence continue sur place) ;
Des astreintes pendant la nuit, le week-end ou les jours fériés.
Quel salaire pour un praticien à l’hôpital ?
Comment est calculé le salaire d’un praticien hospitalier ?
Contrairement aux fonctionnaires, la rémunération des praticiens hospitaliers n’est pas basée sur le point d’indice de la Fonction publique. Les émoluments annuels sont fixés par un arrêté ministériel (Article R6152-23 du Code de la santé publique). Il existe une grille indiciaire, spécifique aux praticiens hospitaliers, qui détermine une rémunération selon l’échelon, c’est-à-dire l’ancienneté du praticien.
La carrière d’un praticien hospitalier comporte 13 échelons. L’avancement est plus rapide en début de carrière puisque les échelons évoluent tous les deux ans. À partir du 9e échelon, ils changent tous les 4 ans.
Il n’existe pas de différence selon la spécialité pratiquée. À ancienneté équivalente, un radiologue, un médecin urgentiste ou un chirurgien perçoivent la même rémunération brute. En revanche, des primes et des indemnités s’ajoutent selon les conditions d’exercice.
La grille indiciaire des praticiens hospitaliers permanents
Échelon
Durée de l’échelon
Salaire mensuel brut
1
2 ans
4 633,98 €
2
2 ans
4 840,20 €
3
2 ans
5 179,01 €
4
2 ans
5 547,26 €
5
2 ans
5 724,02 €
6
2 ans
5 930,24 €
7
2 ans
6 372,15 €
8
2 ans
6 637,30 €
9
4 ans
7 545,76 €
10
4 ans
7 879,80 €
11
4 ans
8 317,52 €
12
4 ans
8 755,24 €
13
Dernier échelon
9 368,05 €
Temps plein ou temps partiel : quel impact sur le salaire d’un PH ?
Depuis le décret du 5 février 2022, les praticiens hospitaliers relèvent du même cadre statutaire, qu’ils exercent à temps plein ou à temps partiel. La rémunération est donc calculée sur la base des émoluments annuels, au prorata des obligations de service hebdomadaires.
Un équivalent temps plein correspond à 10 demi-journées hebdomadaires.
Lorsqu’un praticien hospitalier exerce son activité à temps plein au sein de l’établissement, il perçoit 100 % de la rémunération.
S’il est présent à temps partiel, sa rémunération est calculée au prorata des demi-journées de présence : 80 % du salaire pour 8 demi-journées hebdomadaires par exemple.
Le temps partiel permet ainsi aux praticiens qui le souhaitent d’exercer leur activité en secteur privé. Cet exercice en secteur privé nécessite néanmoins une autorisation de l’établissement public de santé, et le temps de travail en hôpital ne peut excéder 90 % d’un temps plein.
Praticien hospitalier permanent ou contractuel : quelle différence de rémunération ?
La situation est différente pour les praticiens contractuels. Ces personnels médicaux ne sont pas titulaires, c’est-à-dire qu’ils n’ont pas passé le concours national de praticien hospitalier (CNPH), organisé par le CNG. Ils sont recrutés directement par l’établissement de soins et le décret n° 2022-135 du 5 février 2022 encadre les motifs de recrutement : remplacement, accroissement temporaire d’activité, territoire en tension ou encore dans l’attente d’une inscription sur la liste d’aptitude au CNPH.
Le montant de la rémunération est directement négocié au moment du recrutement. Mais l’arrêté du 8 juillet 2022 fixe :
Un seuil minimum annuel brut à 40 774,86 euros (soit 3 397,9 euros mensuel brut) ;
Et un seuil maximum annuel brut à 70 111,16 euros (soit 5 842,6 euros mensuel brut).
Le seuil maximum est plus élevé (119 130 euros brut annuel) lorsque l’établissement de soins fait face à une difficulté particulière de recrutement.
Quelles sont les primes et indemnités d’un praticien hospitalier ?
Les praticiens hospitaliers perçoivent plusieurs primes et indemnités, qui complètent leur rémunération. Voici les principales.
L’indemnité d’engagement de service public exclusif (IESPE)
Cette indemnité d’engagement est la plus emblématique du statut des praticiens hospitaliers, et elle concerne uniquement les personnels titulaires. Elle est versée aux PH qui s’engagent pour une période de trois ans (renouvelable) à ne pas exercer d’activité libérale.
Il s’agit d’une indemnité mensuelle, dont le montant est de 1 010 euros bruts. Un praticien hospitalier qui exerce à temps partiel, sans exercer d’activité libérale, perçoit également cette indemnité au prorata de son temps de présence.
La prime d’engagement de carrière hospitalière (PECH)
Cette prime est destinée aux jeunes praticiens (contractuels et assistants spécialistes) qui s’engagent à :
Passer le concours national de praticien hospitalier (CNPH) ;
Et exercer ensuite à un poste pour lequel l’offre de soins est insuffisante. Il s’agit actuellement de spécialités comme la psychiatrie, la radiologie et l’anesthésie-réanimation (arrêté du 23 janvier 2024).
Le montant de cette prime atteint 20 000 euros pour les spécialités en tension, et 10 000 euros pour des spécialités rencontrant des difficultés de recrutement.
Les indemnités liées à l’exercice territorial
La prime d’exercice territorial (PET) est versée aux praticiens hospitaliers qui exercent leur activité dans plusieurs établissements de soins. Son montant varie selon le nombre de demi-journées passées en dehors du site principal d’exercice. :
De 250 euros brut pour une demi-journée ;
À 1 000 euros brut pour 4 demi-journées sur au moins 2 sites différents.
La prime de solidarité territoriale (PST) est versée aux praticiens hospitaliers titulaires et contractuels lorsqu’ils exercent une activité au-delà de leurs obligations de service. Ce travail est effectué dans un autre établissement de santé que celui auquel les PH sont rattachés.
Les indemnités de permanence des soins
L’indemnité de sujétion rémunère le travail effectué la nuit, le week-end ou pendant les jours fériés.
Il existe également une indemnité des astreintes : celle-ci est forfaitaire. Son montant est fixé par l’établissement de soins, dans une fourchette entre 70 et 280 euros.
Enfin, les praticiens hospitaliers perçoivent une indemnité de temps de travail additionnel (TTA) lorsqu’ils travaillent des demi-journées supplémentaires.
Comment devenir praticien hospitalier ?
Le parcours à suivre pour devenir praticien hospitalier comprend différentes étapes.
L’obtention du Diplôme d’études spécialisées (DES) est le premier sésame indispensable. Après leur internat, les futurs praticiens effectuent une période de post-internat (clinicat ou assistanat) pendant 2 à 4 ans. Ils peuvent ensuite passer le concours national de praticien hospitalier (CNPH), organisé par le Centre national de gestion (CNG). Dès lors qu’ils ont obtenu le concours, ils sont inscrits sur une liste d’aptitude nationale. Le CNG publie deux fois par an les postes disponibles dans les établissements de soins : c’est également le CNG qui confirme la nomination des praticiens hospitaliers qui ont fait acte de candidature. Le praticien hospitalier est nommé à titre permanent après une période probatoire d’un an.
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