Zoom sur : le métier d’infirmière ou d’infirmier en soins palliatifs
Lorsqu’une infirmière choisit de travailler dans une unité en soins palliatifs (USP), c’est rarement par hasard. En effet, il s’agit de prendre en charge des patients atteints de maladie grave, évolutive et terminale. Les actes pratiqués sont très particuliers car ils allient, encore plus qu’ailleurs, les soins mais aussi le confort. Cela peut aller jusqu’au réconfort pour ces malades qui sont en fin de vie. Présentation de ce métier à part au sein des établissements de santé, où il ne s’agit pas seulement d’accompagner les malades.
Les soins palliatifs, un lieu où l’on ne guérit pas
C’est une des spécificités des USP : dans ces unités de soins, il n’est pas question de guérison. Et pourtant, pour les soignants « l’attitude de résignation devant la mort n’est pas dans la pensée médicale », comme le rappelle le cardiologue Claude Bersay, dans un document de la Dares de 2015. Cela demande, en effet, un engagement particulier pour les professionnels de santé car même si la prise en charge de la douleur est maintenant largement partagée, la proximité avec la mort n’est pas évidente au sein des CHU. Cette étude de la Dares (Direction de l’Animation de la recherche, des Etudes et des Statistiques) est une des rares à s’intéresser aux professionnels en soins palliatifs et non aux modalités du travail auprès des malades. Il en ressort que les soignants qui choisissent de travailler dans le cadre d’une unité de soins palliatifs sont en rupture avec leur situation antérieure. Ils recherchent « un engagement authentique ». Les médecins, psychologues, infirmières ou aides-soignants ont souvent travaillé dans des services comme l’oncologie ou la gériatrie. En entrant dans une USP, ils deviennent des professionnels de la fin de vie auprès des patients et de leurs proches. Ils sont au service des malades « pour leur procurer » le plus de confort et de bien-être possible ».
Les missions de l’infirmière ou d’infirmier en soins palliatifs
Le travail au sein d’une équipe soudée. Au sein d’une unité en soins palliatifs, l’infirmièr (e) travaille dans une équipe interdisciplinaire. Celle-ci est constituée de médecins mais aussi d’aides-soignantes ou encore de psychologues. La communication entre chaque membre du groupe est indispensable : les demandes pour le suivi et le bien-être des patients sont souvent très différentes des soins menés habituellement, dans les autres services. Il est question de « sur mesure », de temps nécessaire passé avec les patients et les proches. Les soins dispensés par les infirmièr(e)s dans une USP Il est possible de distinguer différents soins au sein de l’USP :
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prodiguer un soutien psychologique, spirituel et social au malade ;
soutenir l’entourage et l’accompagner lors du deuil ;
préparer le retour au domicile à chaque fois que c’est possible et souhaité.
Les infirmières dans ce cadre très spécifique, peuvent être amenées à avoir recours à des alternatives thérapeutiques qui peuvent soulager la douleur et les symptômes gênants. Il peut s’agir d’hypnose ou même de massages. « Donner un toucher-massage est une des interventions du rôle propre infirmier » comme le rappelle cette infirmière des hôpitaux de Genève où a été menée une expérience originale de réflexologie dès 2007.
Comment devenir infirmièr(e)en soins palliatifs ?
Il est bien sûr nécessaire d’obtenir son diplôme d’Etat pour devenir IDE. Des formations pour intégrer une unité de soins palliatifs Deux parcours universitaires sont possibles pour les infirmièr(e)s en formation permanente ou continue : un Diplôme Universitaire (un an) et un Diplôme Inter Universitaire (dans le prolongement de la réussite au DU). Le DIU de soins palliatifs et d’accompagnement est organisé en deux ans. La première partie est en général consacrée à la pratique de soins dans leurs compétences cliniques, techniques, relationnelles et psychiques pour ensuite passer à l’enseignement de l’éthique et un stage au sein d’une équipe. La formation est possible au sein de l’USP. Les infirmièr(e)s motivées mais qui n’ont pas encore suivies de formation peuvent parfois intégrer l’unité et commencer une formation interne auprès des autres membres de l’équipe. Certaines infirmières ont obtenu un DU Douleur.
Le salaire des infirmièr(e)s en soins palliatifs
Le salaire de l’infirmièr(e) dépend de son ancienneté et de son diplôme : un ou une IADE aura une rémunération plus importante. Il n’est pas prévu de grille salariale spécifique pour les infirmières en soins palliatifs : il est calculé en fonction de son statut au sein l’établissement de santé.
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