Hôpital de Jossigny (Seine et Marne) : les séances de radiothérapie s’adaptent au rythme des patientes
L’Institut de Cancérologie de Seine et Marne (ICSM) propose des horaires et un rythme de traitement décalés pour les patients qui veulent continuer à travailler malgré leur cancer. Au sein du Grand Hôpital de l’est francilien, situé sur le site Seine et Marne à Jossigny, des patientes atteintes de cancer du sein peuvent arriver sur place aux séances dès 8 h du matin et en ressortir à 8 h 40 après leur séance de radiothérapie. Elles se rendent ensuite directement au travail. Objectif des horaires décalés : permettre aux patientes d’éviter de « cogiter » sur leur maladie et de dédramatiser. Préserver aussi la vie de famille, le contact avec les enfants, et la vie de bureau. Reste encore à généraliser ces offres de soins décalés à tous les établissements
« Nous recevons de nombreuses patientes qui ont entre 35 et 45 ans, elles ont des enfants en bas-âge, une carrière professionnelle, et des activités très diverses. Le médical est une chose, mais il y a aussi la réalité de leur vie. Nous faisons en sorte que l’organisation des soins puisse concilier ces deux aspects, c’est aussi de notre responsabilité », explique Jessica Selz, cancérologue à l’Institut de Cancérologie de Seine et Marne (ICSM) situé sur le site hospitalier de Marne-la-Vallée, à Jossigny, dans le nord de la Seine et Marne.
Voilà pourquoi l’hôpital propose des horaires de soins de 8 heures à 20 heures pour soigner les patientes atteintes d’un cancer du sein qui veulent continuer à travailler en dépit de leur maladie et malgré les soins. Pour ces patientes, c’est fondamental. Pour Sophie, le diagnostic est tombé quand elle avait 27 ans : « Le coup a été vraiment dur à encaisser », explique Sophie, « mais ne pas être obligée d’arrêter le travail à cause de radiothérapies programmées au milieu de la journée m’a aidé à garder le moral. »
« Avec les horaires de soins en décalé, j’arrive au bureau à une heure quasi normale »
C’est tout l’enjeu des horaires de soins en décalé. A l’ICSM, on peut très bien venir faire une séance de radiothérapie à 8 heures du matin et en ressortir à 8 h 40 pour se rendre ensuite à son travail. « J’arrive au bureau à une heure quasi normale, la seule différence, c’est que je n’emmène pas les enfants à l’école, c’est mon mari qui s’en charge… » raconte Josée, 35 ans, atteinte elle aussi d’un cancer du sein depuis peu. Et elle ajoute : «Faire ma radiothérapie tôt me permet d’aller au boulot, de ne pas cogiter sur la maladie et peut être aussi de la dédramatiser. A mon âge, on n’a ni le temps ni la place pour avoir un cancer, mais il a bien fallu faire avec »… Ce vendredi matin là, ce n’est « que » sa troisième séance. Elle se rendra régulièrement à l’hôpital, pendant deux mois, quatre fois par semaine.
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A l’ICSM, tout est fait pour évacuer au maximum le stress des patientes. A sa création en 2013, tout a été pensé dans ce sens. Ici, dans un seul établissement, et quasiment sur un même étage, sont réunies toutes les étapes qu’un patient peut rencontrer dans le traitement de son cancer : diagnostic, hospitalisation de jour, chirurgie, chimiothérapie, thérapie, soins palliatifs… Seuls l’imagerie et le laboratoire de dépistage sont situés sur un autre plateau. « Le but, c’est que le parcours du patient soit centré sur lui-même », explique le docteur Christine Le Foll, la chef de service.
Les entreprises ne donnent pas forcément la même souplesse à leurs employées atteintes d’un cancer
Sidonie, 32 ans, a choisi les horaires de radiothérapie les plus tardifs pour poursuivre en journée son travail d’architecte. Elle se réjouit de cette souplesse proposée par l’hôpital, mais elle aurait aimé que son entreprise suive davantage le mouvement. Elle a eu beaucoup de mal à faire accepter le télétravail à son directeur. Elle réclame aujourd’hui une réelle adaptation sociétale, médicale et de l’entreprise aux jeunes patientes pour « ne pas avoir, collé au front, un statut de femme malade dont on se passerait bien ». Si l’hôpital offre cette possibilité, pourquoi pas l’entreprise ?
Autre bémol malgré tout : si l’Institut de cancérologie de Seine-et-Marne (ICSM) est en pointe sur les horaires décalés, ce n’est pas le cas partout. Et l’offre de soins est encore trop souvent inadaptée à ces patientes de 30, 40 ans, de plus en plus nombreuses à être victimes de la maladie. Aujourd’hui, selon l’ICSM, un sixième des 59 000 nouveaux cas de cancers du sein concernent les moins de 50 ans.
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