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2 mars 2026

L’Anap, une plateforme d’échanges de bonnes pratiques pour les établissements de santé

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Chez soi ou dans les établissements hospitaliers, la question de l’achat responsable est devenue incontournable. Si vous hésitez entre une tomate du Pérou ou de Marmande, les responsables des achats se posent les mêmes questions au moment de sélectionner les fournitures pour l’ensemble des services de l’hôpital. L’Agence nationale de la performance sanitaire et médico-sociale (Anap) a lancé la première plateforme nationale « Achats responsables » pour valoriser les bonnes pratiques. Explications.

Qu’est-ce qu’un achat responsable ?


Définition de l’achat responsable


L’Afnor (Association française de normalisation) définit l’achat responsable comme « un achat de biens ou de services auprès d’un fournisseur ou d’un prestataire sélectionné pour minimiser les impacts environnementaux et sociétaux, et favoriser les bonnes pratiques en termes d’éthique et de droits humains ».


Un élément dans une stratégie environnementale


L’achat responsable fait partie d’une démarche plus globale pour réduire l’empreinte environnementale d’une organisation. Cela nécessite le plus souvent un audit. Ensuite une stratégie est établie pour améliorer les activités ainsi que les achats dans le respect des normes en place et à venir. C’est le cas, par exemple, de la suppression des plastiques à usage unique et des Spaser (Schéma de promotion des achats publics socialement et écologiquement responsables). Ce document a été instauré par la loi n° 2014-856 du 31 juillet 2014 relative à l'économie sociale et solidaire (ESS).


La plateforme nationale des bonnes pratiques organisationnelles


Pour aider les établissements hospitaliers à définir leur Spaser, l’Anap a mis en place une plateforme regroupant toutes les bonnes pratiques déjà expérimentées. Cela permet à tous les responsables des achats de s’inspirer de ces nouveaux usages, en connaissant les impacts mais aussi les leviers et les freins.


Une fiche explicative pour chaque expérience


La plateforme est une mine d’informations. En effet, chaque expérience est détaillée avec des rubriques telles que :


  • l’objectif ;
  • la description ;
  • les étapes de mise en œuvre ;
  • l’essaimage ;
  • des témoignages de différents participants.

Des indications spécifiques sont aussi publiées, comme les impacts sur :


  • l’environnement ;
  • les professionnels ;
  • l’organisation ;
  • le médico-économique.

Ces observations sont très facilement compréhensibles grâce à des pictogrammes. Les fiches sont accessibles grâce à un moteur de recherche, en fonction de la thématique.


Les expériences des achats responsables selon l’Anap


Le Spaser du CHU de Montpellier


Avec un budget de plus de 450 millions d’euros, le premier employeur de Montpellier Méditerranée Métropole a entamé une véritable réflexion sur les impacts sociaux et environnementaux de sa politique d’achat. Le Spaser est le document qui structure la Stratégie Bas Carbone autour de 3 axes, comme la promotion de l’économie circulaire et des engagements environnementaux. La plateforme de l’Anap indique les principaux leviers utilisés, par exemple le soutien de la Direction Générale grâce au projet d’établissement.

Les impacts positifs sont aussi communiqués : la dimension environnementale est prise en compte dans 37 % des achats en 2024 contre 13 % en 2023. La mise en place d’une plateforme de réemploi a évité 8,5 tonnes de déchets.


Le matériel médical issu du réemploi au CHT 49 (le Groupement hospitalier de territoire du Maine-et-Loire)


Les 10 établissements du groupement hospitalier ont choisi de privilégier, en plus de l’équipement neuf, du matériel médical reconditionné pour les fauteuils roulants, les lits médicalisés ou encore des chariots de douche. Cette décision concerne aussi les accessoires et les pièces détachées.

Les principaux freins rencontrés pour la mise en œuvre de cette décision sont la résistance au changement, mais aussi les défis logistiques avec la conformité aux normes médicales. En revanche, les bénéfices sont très nombreux : autant pour l’environnement, avec une réduction des déchets et des émissions de carbone, que pour les finances. En effet, ce type de matériel constitue une économie de 50 % par rapport à un équipement neuf. À noter que cela a impliqué une gestion plus efficiente des ressources financières.

Ce retour d’expérience est un véritable atout pour toutes les structures hospitalières qui souhaiteraient aller dans cette direction.


À Saint-Brieuc, la réduction des dispositifs médicaux à usage unique (DMUU)


Dans cet établissement hospitalier, une réflexion a été menée sur l’utilisation des DMUU, les dispositifs médicaux à usage unique. En ciblant particulièrement les gants et les seringues dans le service de réanimation. Il a fallu une année pour organiser ce changement, de la formation d’un groupe interprofessionnel à la sensibilisation des équipes soignantes, en passant par la modification des pratiques.

Aurélie Garnier, directrice des achats et de la logistique rappelle que l’analyse des usages a révélé que les seringues étaient inutilement changées toutes les huit heures. « Grâce à une concertation avec les médecins, pharmaciens et infirmiers, nous avons allongé leur durée d’utilisation à 24 heures » indique la directrice. Cette nouvelle consommation des DMUU a permis une réduction d’une tonne de CO2. Elle conclut : « ces initiatives prouvent qu’écologie et qualité des soins peuvent aller de pair ».

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