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19 février 2026

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Alors qu’ils sont près de 1,5 million en France, les agents de nettoyage sont invisibilisés. Ils travaillent en horaires décalés, souvent seuls. Pour mieux comprendre leurs conditions de travail, l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) a lancé une étude de grande ampleur (de 2021 à 2025). Après l’audition des acteurs de ce secteur, voici les principaux enseignements de cette enquête.

Qui sont les agents du nettoyage ?


Les agents du nettoyage sont plutôt des agentes puisque 73,5 % sont des femmes. La moyenne d’âge est assez élevée : elle se situe à 45,3 ans. Les auteurs de l’étude soulignent aussi qu’il s’agit souvent d’une population précarisée avec des salaires faibles et un état de santé dégradé. Ce dernier a été particulièrement étudié avec la création de groupes de pathologies selon les postes.

En ce qui concerne les agents du nettoyage, 28 % souffrent de maladies chroniques telles que des lésions de l’épaule et l’asthme. Pour les superviseurs, la pathologie principale est l’anxiété.

Enfin, les personnels du service public représentent environ 600 000 travailleurs dont les ASH et ASHQ (agents des services hospitaliers qualifiés) font partie.


À quels risques sont soumis les agents du nettoyage ?


Ces professionnels sont davantage exposés que la moyenne des salariés à plusieurs types de risques.


Les risques physiques avec les TMS (troubles musculosquelettiques)


Ces pathologies sont dues à des gestes répétitifs (nettoyage des sols, manipulation du linge, etc.), mais aussi au port de charges lourdes, notamment le matériel pour effectuer le ménage. Enfin, les contraintes posturales sont importantes avec des accroupissements nombreux et des torsions.


Les risques chimiques pouvant provoquer de l’asthme ou des dermatites.


Dans ce cas, il s’agit de l’exposition des agents du nettoyage aux produits d’entretien irritants ou sensibilisants. En milieu hospitalier, les produits sont particulièrement concentrés, augmentant le risque d’irritations respiratoires ou cutanées.

C’est d’ailleurs ce risque spécifique qui avait alerté les autorités sur les conditions de travail des agents du nettoyage et conduit à la réalisation de cette expertise.


Les risques biologiques


Les personnels de nettoyage hospitalier sont susceptibles d’entrer en contact avec le champignon Aspergillus fumigatus. Cela peut entraîner une pneumopathie avec des symptômes asthmatiques. C’est possible avec différentes bactéries provoquant des angines ou encore des infections cutanées.


Les difficultés psychologiques


Les chiffres sont également significatifs : 29 % des agents se sentent ignorés, renforçant leur sentiment d’infériorité et de mépris social.

Enfin, la fréquence et la gravité des accidents du travail sont plus importantes que pour la moyenne de l’ensemble des salariés. Le taux de travailleurs ayant une maladie professionnelle reconnue est aussi deux fois plus élevé.

Toutes ces informations montrent à quel point il était impératif de trouver des solutions pour permettre à ces agents de nettoyage de bénéficier de meilleures conditions d'exercice de leur profession.


Les recommandations pour améliorer les conditions de travail pour les agents du nettoyage


Fort de ces constatations, sept thématiques ont été retenues afin de répondre aux contraintes spécifiques des agents du nettoyage.


Développer des connaissances sur les activités professionnelles du nettoyage


Il est nécessaire de mieux évaluer l’impact des activités de nettoyage sur les pathologies chroniques. Il s’agit de documenter les sources d’usure professionnelle. Mais aussi de réaliser un état des lieux pour la reconnaissance des maladies professionnelles comme l’asthme et les dermatites, liées à l’exposition aux produits de nettoyage.


Améliorer l’encadrement réglementaire de ce secteur d’activité


Dans de nombreux secteurs d’activité, l’activité de nettoyage est sous-traitée : cela conduit certaines entreprises à contourner leurs obligations légales. La réalisation d’une étude socio-économique préalable à tout marché de prestation de nettoyage permet de mieux en mesurer les différents effets.


Responsabiliser les donneurs d’ordre


L’entreprise utilisatrice doit assumer la responsabilité des conditions d’exécution du travail sur le lieu de la prestation. Cela inclut aussi la santé et la sécurité au travail.


Organiser des temps d’échanges collectifs sur le travail


Pour rompre l’isolement des agents de nettoyage, il est préconisé de prévoir des temps d’échange. Cela permet de mieux les inclure dans la communauté de travail sur les sites.


Mieux gérer l’organisation des temps de travail


C’est l’un des points identifiés comme une source de la mauvaise qualité des emplois. Par exemple, les temps périphériques comme le temps d’habillage doivent être pris en compte pour un décompte équitable du temps de travail. Le recours au temps partiel est aussi à limiter. L’organisation en journée continue est privilégiée aux horaires atypiques (fragmentés, très matinaux ou encore tardifs).


Assurer l’effectivité des droits des salariés


Les fiches de poste, par exemple, doivent être accessibles tout comme les contrats de travail. Il est nécessaire d’améliorer l’accès à l’information et même à la représentation syndicale.


Améliorer la prévention


La prévention est indispensable pour que les travailleurs du nettoyage soient mieux protégés. L’encadrement des cadences de travail a été évoqué mais aussi des bonnes pratiques concernant l’utilisation des produits, comme :


  • Eviter les sprays ;
  • Limiter l’usage des désinfectants aux usages qui le nécessitent ;
  • Identifier les produits les moins nocifs pour la santé ;
  • Mettre en place des actions de prévention comme la ventilation des bâtiments.

L’information et la formation des agents du nettoyage doivent se développer ainsi qu’un suivi médical régulier et adapté.

Toutes ces bonnes pratiques s’accompagnent de la possibilité pour les travailleurs du nettoyage d’ouvrir de nouvelles perspectives professionnelles grâce à des mobilités internes et externes.

Dans la Fonction publique hospitalière, l’ASH peut évoluer vers un poste d’aide-soignant; grâce à des passerelles entre les deux métiers.

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