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20 mars 2026

La santé bucco-dentaire des Français : un enjeu de santé publique

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La journée mondiale de la santé bucco-dentaire, le 20 mars, est l’occasion de faire le point sur les habitudes des Français en matière de santé dentaire. Si 43 % d’entre eux déclarent consulter leur chirurgien-dentiste chaque année, ils sont encore trop nombreux à renoncer à des soins dentaires (30 %). Pour lutter contre ce phénomène, les autorités sanitaires ont mis en place plusieurs dispositifs tout au long de la vie des Français. Explications.

S’occuper de ses dents dès l’enfance

M’T dents : un rendez-vous annuel entre 3 et 24 ans

Chaque année, l’Assurance maladie envoie une invitation pour inciter les jeunes assurés sociaux à faire contrôler leurs dents par un spécialiste. Ces consultations, comme les soins associés, sont gratuites sur simple présentation de la carte Vitale et de la complémentaire santé.

Ce dispositif joue un rôle essentiel dans la prévention des caries et la préservation de la santé dentaire. L’objectif est clair : tendre vers des générations sans caries !

Les nouvelles recommandations de la Haute Autorité de Santé (HAS) pour le traitement des caries

Malgré les dispositifs destinés à encourager les jeunes patients à prendre soin de leurs dents, la HAS rappelle qu’environ 30 % des enfants de 6 ans présentent au moins une carie non soignée. Dans les zones défavorisées, cette proportion peut atteindre 50 %. Ces caries non traitées peuvent avoir un véritable impact sur la qualité de vie des plus jeunes. Jusqu’à des carences nutritionnelles à cause de ce handicap à la fois fonctionnel et esthétique.

Pour mieux encadrer la prévention et le traitement de la carie dentaire, une évaluation des différentes techniques a été réalisée. Finalement, la HAS a décidé de privilégier trois actes conservateurs : ils seront pris en charge par l’Assurance maladie.

Pour l’élimination de la carie

Il est recommandé de n’utiliser que des instruments manuels, non rotatifs, contrairement à la fraise. Ensuite, la cavité dentaire est obturée avec un matériau dentaire adhésif.

Pour une carie débutante

Dans ce cas, la conservation de la dent est préconisée avec la mise en place d’un matériau fluide de scellement. Il s’agit d’arrêter la progression de la carie.

Pour une dent mature

Là aussi, la dent est conservée même si une partie de sa pulpe est retirée : c’est ce que l’on appelle une pulpotomie. La dévitalisation est partielle et moins destructrice des tissus dentaires.

Enfin, la pose d’une coiffe pédodontique préformée sur la dent de lait ou « technique de Hall » est simple à mettre en œuvre. Elle n’est pas non plus très invasive puisqu’il s’agit d’une coiffe posée sans anesthésie locale, ni préparation particulière de la dent.

Ces recommandations visent à « délivrer le bon soin, au bon patient, au bon moment ». Elles permettent aussi de ne pas vivre les consultations comme des événements traumatiques. D’autres actions ont été décidées, comme la promotion de l’importance de la santé orale dans les écoles dès la maternelle, au lieu du CP. Ces démarches sont accentuées dans les zones où les plus jeunes sont éloignés des soins dentaires.

Un chiffre est éloquent : 20 % des enfants concentrent 80 % des besoins en soins bucco-dentaires.

Quelques exemples de mesures préconisées pour pallier ce manque de suivi :

  • la collaboration avec des associations en lien avec les publics les plus précaires ;
  • des actions ciblées auprès des enfants de 5-6 ans qui n’ont jamais consulté un dentiste.

Les Français et l’hygiène bucco-dentaire

Pour mieux connaître les habitudes des Français, il est possible de se référer à la première édition du baromètre de la santé bucco-dentaire , réalisée à l’initiative notamment des chirurgiens-dentistes.

Une hygiène bucco-dentaire insuffisante

Moins d’un Français sur 3 (32 %) se brosse correctement les dents, c’est-à-dire deux fois par jour et plus de deux minutes à chaque brossage. Ce constat rejoint les observations des chirurgiens-dentistes.

Un attentisme dommageable

46 % des Français ne voient pas l’intérêt de prendre rendez-vous avec le spécialiste en cas de problème. Et un tiers ne consulte pas son dentiste tous les ans. Pourtant, 64 % des personnes interrogées déclarent qu'elles présentent bien des symptômes liés à la maladie parodontale (saignements des gencives et sensibilité des gencives).

Des maladies méconnues du grand public

Environ 85 % des Français déclarent ne pas connaître les maladies parodontales. Pourtant, les spécialistes rappellent qu’un dépistage précoce permet de limiter l’impact de ces pathologies sur leur état de santé général.

Améliorer la santé bucco-dentaire des personnes âgées dépendantes

Avec l’allongement de l’espérance de vie, les personnes âgées doivent particulièrement prendre soin de leurs dents pour vivre pleinement, sans incapacité. L'ARS d’Île-de-France a publié des recommandations pour aider les seniors à conserver une bonne santé dentaire.

Les chiffres clés à améliorer

Les chiffres sont révélateurs : 67 % des résidents d’EHPAD présentent une inflammation gingivale, 14 % nécessitent des soins dentaires urgents et 40 % un détartrage.

Sans prise en charge rapide, les troubles dentaires peuvent entraîner des difficultés d’élocution avec des conséquences sur la vie sociale des personnes âgées. Les dents cassées ou manquantes ont une incidence sur l’alimentation. Les risques d’infections sont également augmentés.

Créer un protocole individualisé de toilette buccale

Une boîte à outils numérique est en libre accès pour tous les professionnels en lien avec les personnes âgées. Elle permet d’élaborer une toilette buccale adaptée à chaque situation : présence d’une prothèse amovible ou pas, degré d’autonomie du résident… L’objectif est de proposer un protocole personnalisé et mieux accepté.

Faciliter les partenariats avec les professionnels de santé bucco-dentaire

Pour améliorer la prise en charge, les établissements sont encouragés à développer des partenariats avec des chirurgiens-dentistes. Des conventions peuvent ainsi être conclues avec des centres de santé dentaires ou des praticiens libéraux.

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