L’AVC, l’accident vasculaire cérébral est un problème majeur de santé publique. En effet, c’est la première cause de décès chez les femmes et la deuxième chez les hommes. Cela représente plus de 30 000 décès et 120 000 hospitalisations par an en France, selon la HAS (Haute Autorité de santé). Cet organisme a d’ailleurs publié de nouvelles recommandations visant à améliorer la prise en charge des patients, pour réduire les séquelles potentielles de cette urgence neurologique majeure.
Un AVC toutes les 4 minutes en France
Qu’est-ce qu’un AVC ?
Comme le rappelle le texte de la HAS, l’AVC est lié à l’obstruction d’une artère cérébrale (AVC ischémique, 80 à 85 % des cas) ou à la rupture d’un vaisseau sanguin cérébral (AVC hémorragique). Malheureusement, l’AVC ischémique entraîne des séquelles très lourdes pour le patient. Celles-ci affectent principalement :
- Les fonctions motrices ;
- L’expression verbale ;
- La compréhension.
Cette perte d’autonomie est la première cause de handicap acquis de l’adulte.
La prévention du premier AVC, une première étape
La prévention primaire est très importante. Elle repose essentiellement sur le dépistage et le traitement des facteurs de risque vasculaire. Il s’agit en particulier des personnes présentant de l’hypertension artérielle, du diabète, de l’obésité ou encore de la dyslipidémie (des anomalies lipidiques du sang). Le tabagisme ou la consommation excessive d’alcool peuvent aussi favoriser la survenue d’un AVC. Les patients repérés comme pouvant être victimes d’un AVC nécessitent un suivi particulier.
« Mon Bilan Prévention » peut être l’occasion d’en parler avec son médecin traitant. Cette consultation fait partie d’un plan plus large, comme les différents programmes nationaux qui se sont succédé depuis 2018 : la lutte contre le tabac, nutrition-santé, ou encore la stratégie nationale Sport-Santé (2025-2030).
En complément de ces actions visant à prévenir un AVC chez les populations à risque, la HAS rappelle les enjeux d’une prise en charge rapide. Et privilégie en particulier une meilleure connaissance des symptômes, souvent ignorés.
Repérer les signes d’un AVC pour une prise en charge rapide
Les symptômes d’un AVC sont très variés car la localisation de la lésion impacte différentes parties du cerveau. Une chose est sûre : « Time is brain », comme le rappellent les neurologues. Cela signifie que le diagnostic précoce et la prise en charge rapide préservent au maximum les connexions neuronales. Cela évite ou ralentit les différentes séquelles liées à l’AVC.
Des signes à connaître pour donner l’alerte
Voici la liste des symptômes à connaître :
- Une paralysie faciale ;
- Une paralysie d’un bras ou d’une jambe ;
- Le trouble de la parole ou du langage ;
- La perte de la vision d’un œil, d’un côté du champ visuel, ou vision double ;
- Un trouble de l’équilibre ou de la marche.
Dans le cas d’au moins un des cinq symptômes, il faut immédiatement appeler le 15 (114 pour les personnes sourdes, aveugles malentendantes ou aphasiques).
La prise en charge rapide par le SAMU
La HAS rappelle que « l’appel au 15 doit être systématique et immédiat lors de l’apparition des symptômes (…). Cela permet l’entrée du patient dans la filière spécialisée dans les AVC et l’organisation de la prise en charge la plus adaptée et la plus rapide possible. Le SAMU assure la bonne transmission des informations, décisive pour la suite du parcours. »
Cette information est primordiale pour la bonne gestion de l’AVC et la réduction des séquelles. L’Inserm insiste : « Mieux vaut appeler à tort que trop tard » et rappelle qu’il est préférable de contacter les urgences plutôt que de se déplacer. En effet, dès l’appel, la coordination des soins se met en place. Le patient est transféré dans le service proposant le plateau technique adapté à sa situation médicale, le plus souvent dans une unité neurovasculaire (UNV).
Un diagnostic établi dans les 30 minutes
Dès l’arrivée dans l’établissement hospitalier, le diagnostic doit être établi grâce à la réalisation d’une expertise neurovasculaire, sur place ou par téléconsultation. Elle doit être corrélée par une imagerie cérébrale toujours dans le délai le plus réduit possible. Une heure après son admission, le traitement doit être débuté.
Cette phase hospitalière est déterminante pour le suivi du patient : les proches sont aussi intégrés pour qu’ils fassent partie intégrante du processus.
Car dès que le malade est sorti de sa phase aiguë, il est nécessaire d’entreprendre la rééducation dans l’établissement hospitalier ou même à domicile, selon son état.
Le médecin traitant, au centre de la coordination des soins
Le parcours santé du patient continue, une fois que celui-ci est sorti de l’hôpital. Et c’est le médecin traitant qui va prendre en charge la coordination des soins. Il est décidé, en accord avec l’équipe médicale, du nouveau lieu de vie le plus adapté pour la convalescence. Il peut s’agir d’un centre de rééducation ou du domicile. En revanche, la HAS insiste sur l’évaluation systématique des déficiences potentielles et sur le suivi des séquelles sur le long cours.
Les soins médicaux ne sont pas les seuls à intégrer : la pratique d’une activité physique est fortement conseillée pour réduire le handicap et améliorer la qualité de vie du patient. Une attention particulière est portée sur la santé mentale du convalescent mais aussi des aidants. En effet, les personnes victimes d’un AVC sont particulièrement à risque de dépression, à n’importe quelle étape du rétablissement. Quant aux proches, selon la perte d’autonomie du malade, ils peuvent être très sollicités. Il faut aussi faire attention à les préserver.
Selon la HAS, les 135 unités neurovasculaires (UNV) actuelles doivent encore être développées sur l’ensemble du territoire français pour assurer la continuité entre le diagnostic et le traitement. Cela implique aussi un renforcement de l’offre de transport d’urgence. Toutes ces bonnes pratiques vont permettre de limiter les séquelles souvent très invalidantes.