Le cumul emploi-retraite dans la Fonction publique hospitalière : comment ça marche ?

Cumuler la rémunération d’un emploi et une pension de retraite après une carrière dans la Fonction publique hospitalière ? C’est possible, et cela permet de percevoir des revenus plus importants. Mais les conditions ne sont pas les mêmes si vous avez liquidé vos droits à la retraite avant ou après l’année 2015. Explications.

Après une carrière à l’hôpital, certains agents choisissent de reprendre une activité professionnelle, une fois à la retraite de la fonction publique hospitalière. Cette décision peut être motivée par l’envie de conserver un lien social ou de compléter ses revenus. Le cumul emploi-retraite permet justement de bénéficier d’une pension de retraite et d’une nouvelle rémunération, sous certaines conditions. Qui peut en bénéficier ? Existe-t-il un plafond de revenus ? Voici l’essentiel à connaître.

Résumé

  • – Le cumul emploi-retraite dans la Fonction publique hospitalière permet à un agent retraité de reprendre une activité tout en percevant sa pension, après avoir liquidé ses droits à la retraite.
  • – Deux dispositifs existent : le cumul intégral, sans plafond de revenus pour les retraités à taux plein ayant liquidé toutes leurs pensions, et le cumul plafonné lorsque ces conditions ne sont pas réunies.
  • – Des démarches sont nécessaires : la reprise d’activité doit notamment être déclarée à la caisse de retraite ; par ailleurs, de nouvelles règles de cumul emploi-retraite sont prévues à compter du 1er janvier 2027.

Qu’est-ce que le cumul emploi-retraite ?

En France, en 2019, 3,7 % des retraités de 55 ans et plus déclaraient cumuler un emploi en plus de percevoir leur pension de retraite, selon l’Insee. Ils étaient 4,2 % en 2023.[EC1]  Cette progression va-t-elle continuer avec la nouvelle réforme de 2027 ? Voici quelques éléments pour mieux comprendre ce dispositif.

Il est encore temps d’optimiser vos choix

Après plusieurs années dans le secteur hospitalier, il est naturel de vouloir mieux anticiper la suite. Le PER du C.G.O.S est une solution intéressante pour préparer votre retraite, compléter vos futurs revenus et organiser votre épargne selon vos objectifs.

Découvrir

Définition du cumul emploi-retraite

Le cumul emploi-retraite désigne la possibilité, pour une personne ayant liquidé ses droits à la retraite, de reprendre une activité professionnelle tout en continuant à percevoir sa pension. Ce dispositif permet ainsi d’associer revenus d’activité et revenus de retraite.

Une solution pour compléter ses revenus après la retraite

Si cette situation est relativement exceptionnelle, elle a tendance à progresser d’une année sur l’autre. L’explication est bien souvent financière : reprendre une activité rémunérée permet de compléter ses revenus lorsque le montant de la pension ne permet pas de subvenir correctement à ses besoins.

L’activité peut être exercée dans la Fonction publique, sous certaines conditions, ou dans le secteur privé. Un agent hospitalier retraité peut ainsi reprendre un emploi salarié. Mais aussi devenir travailleur indépendant ou être recruté comme agent contractuel dans un établissement public de santé.

La différence avec la retraite progressive

Le cumul emploi-retraite est souvent confondu avec la retraite progressive.

La retraite progressive permet de réduire son temps de travail tout en percevant une partie de sa pension, avant le départ définitif à la retraite. Le cumul emploi-retraite intervient, lui, après la liquidation de la retraite. L’agent hospitalier est officiellement retraité au moment où il reprend une activité.

Qui peut bénéficier du cumul emploi-retraite ?

Le cumul emploi-retraite est ouvert aux agents hospitaliers ayant liquidé leurs droits à la retraite et souhaitant reprendre une activité professionnelle.

Les conditions à remplir

Pour bénéficier du dispositif, certaines conditions doivent être respectées :

  • avoir arrêté de travailler et demandé la liquidation de sa pension de retraite ;
  • avoir liquidé l’ensemble de ses retraites de base et complémentaires, auprès de tous les régimes ;
  • respecter, selon la situation, les règles du cumul intégral ou du cumul plafonné.

À noter : les agents hospitaliers qui bénéficient d’une retraite pour invalidité relèvent de règles particulières. Sous certaines conditions, ils peuvent accéder au cumul emploi-retraite sans avoir à remplir l’ensemble des critères habituellement exigés, notamment celui de la retraite à taux plein. Il est recommandé de se rapprocher de sa caisse de retraite (CNRACL) pour connaître les modalités applicables à sa situation.

Fonctionnaires et contractuels peuvent y prétendre

Le cumul emploi-retraite concerne aussi bien les anciens fonctionnaires hospitaliers que les agents contractuels. Il est également accessible aux retraités qui souhaitent exercer une activité dans le secteur public ou privé, sous différentes formes : salarié, indépendant ou contractuel dans un établissement de santé.

Selon que vous remplissez ou non les conditions du taux plein, vous pourrez bénéficier d’un cumul sans limite de revenus ou d’un cumul soumis à un plafond.

Michel, ancien ambulancier fonctionnaire hospitalier, 65 ans « Quand je suis parti à la retraite, j’avais prévu de reprendre une activité quelques jours par mois. J’avais envie de rester actif et de conserver un lien avec le milieu hospitalier. Le cumul emploi-retraite m’a permis de compléter mes revenus, mais j’étais aussi rassuré d’avoir préparé cette période en me constituant une épargne retraite pendant ma carrière. Aujourd’hui, je travaille quand j’en ai envie et je profite davantage de mon temps libre avec ma famille. »

Cumul emploi-retraite intégral ou plafonné : les informations à connaître

Deux situations sont possibles lors du choix du cumul emploi-retraite. Tout dépend de la situation du retraité. Voici quelques éléments pour mieux comprendre les différences entre les deux dispositifs.

Le cumul intégral

Pour bénéficier de ce cumul sans limite, deux critères principaux doivent être respectés :

  • avoir liquidé l’ensemble de ses pensions de retraite (de base et complémentaires, dans tous les régimes auxquels l’agent a cotisé) ;
  • bénéficier d’une retraite à taux plein, soit parce que la durée d’assurance requise est atteinte, soit parce que l’âge du taux plein automatique est atteint.

Dans cette situation, il n’existe aucun plafond de rémunération : le retraité peut percevoir simultanément l’intégralité de sa pension et les revenus issus de sa nouvelle activité, quels que soient leurs montants.

Depuis la réforme des retraites de 2023, ce cumul intégral présente également un avantage supplémentaire : les cotisations versées dans le cadre de la nouvelle activité peuvent permettre, sous certaines conditions, d’acquérir de nouveaux droits à la retraite. Ces droits donnent lieu à une seconde pension, versée après la cessation définitive de l’activité. Il n’existe alors aucun plafond de rémunération.

Le cumul plafonné

Si toutes les conditions du cumul intégral ne sont pas remplies, le cumul emploi-retraite reste possible, mais il est encadré par un plafond de revenus.

Dans ce cas, le total des revenus issus de la nouvelle activité et de la pension de retraite ne doit pas dépasser un certain montant, qui change en fonction du niveau de la pension.

Pour les anciens agents de la Fonction publique hospitalière, ce plafond correspond généralement au tiers du montant annuel brut de la pension, augmenté d’une somme forfaitaire fixée par la réglementation.

Par exemple, pour un ancien agent de la Fonction publique hospitalière affilié à la CNRACL (l’organisme de retraite des fonctionnaires territoriaux et hospitaliers), le plafond annuel est calculé selon la formule suivante :

  • Pension annuelle brute : 18 000 € ;
  • Un tiers de la pension : 6 000 € ;
  • Somme forfaitaire établie pour les professionnels de santé : 8 198,10 €.

Le revenu annuel d’activité ne devra donc pas dépasser 14 198,10 € pour éviter une réduction de la pension. En revanche pour un revenu annuel brut de 10 925 €, la pension de retraite de base est perçue intégralement.

Lorsque le plafond est dépassé, la pension de retraite peut être réduite, voire suspendue temporairement, afin de respecter les limites autorisées.

Bon à savoir : un simulateur de calcul a été mis en place par le Gouvernement pour aider les agents à la retraite à estimer le revenu qu’il est possible de cumuler.

Contrairement au cumul intégral, les cotisations versées dans le cadre d’un cumul plafonné n’ouvrent pas de nouveaux droits à la retraite. Il est donc important d’évaluer sa situation avant de reprendre une activité, afin de choisir la solution la plus adaptée à ses objectifs et à son niveau de revenus.

Quelles démarches effectuer pour bénéficier du cumul emploi-retraite ?

Avant de reprendre une activité, il est recommandé de contacter son régime de retraite afin de connaître les conditions applicables à sa situation.

Selon la nature de l’emploi repris, certaines formalités déclaratives doivent être accomplies auprès des organismes compétents.

Il est notamment nécessaire d’informer sa caisse de retraite de la reprise d’activité, en précisant la date de début, la nature de l’emploi et le montant prévisionnel des revenus.  Dans certains cas, des justificatifs peuvent être demandés pour vérifier le respect des conditions du cumul emploi-retraite.

Si l’activité est exercée dans la Fonction publique, une déclaration auprès de l’employeur peut également être requise. En cas de cumul plafonné, il est important de suivre régulièrement le montant de ses revenus afin de ne pas dépasser le seuil autorisé.

Bon à savoir : Anticiper ces démarches permet d’éviter toute interruption dans le versement de la pension et de sécuriser sa situation administrative.

Une réglementation appelée à évoluer

Le cumul emploi-retraite a connu plusieurs évolutions ces dernières années. Notamment avec la réforme des retraites de 2023 qui permet désormais, dans certaines situations, d’acquérir de nouveaux droits à la retraite après une reprise d’activité.

D’autres évolutions réglementaires sont prévues à partir du 1er janvier 2027 pour les personnes prenant leur retraite à compter de cette date. Le dispositif actuel, qui distingue le cumul emploi-retraite intégral et le cumul plafonné, devrait être simplifié.

Les nouvelles règles devraient reposer davantage sur l’âge du retraité :

  • avant l’âge légal de départ à la retraite, le cumul resterait fortement encadré ;
  • entre l’âge légal et 67 ans, un plafond de revenus pourrait s’appliquer ;
  • à partir de 67 ans, le cumul serait libre, avec la possibilité d’acquérir de nouveaux droits à la retraite.

Ces évolutions visent à rendre le dispositif plus lisible et à encourager la poursuite d’une activité professionnelle après la retraite. Il est donc recommandé de vérifier les règles applicables au moment où vous envisagez de reprendre une activité professionnelle après votre départ à la retraite.

Les questions que vous vous posez

Les réponses à vos questions les plus fréquentes

Peut-on reprendre un emploi après la retraite dans la Fonction publique hospitalière ?

Oui. Un agent hospitalier retraité peut reprendre une activité professionnelle dans le secteur public ou privé, sous réserve de respecter les conditions du cumul emploi-retraite.

Le cumul emploi-retraite est-il obligatoire ?

Non. Il s’agit d’un choix personnel pour améliorer le montant de la pension de retraite. Certains retraités souhaitent poursuivre une activité professionnelle, tandis que d’autres préfèrent préparer leur retraite pendant leur vie active grâce à une épargne dédiée comme le PER.

Quelle différence entre le cumul emploi-retraite et la retraite progressive ?

La retraite progressive permet de réduire son temps de travail avant le départ à la retraite tout en percevant une partie de sa pension. Le cumul emploi-retraite intervient après la liquidation de la retraite et permet de reprendre une activité rémunérée.

Les articles qui pourraient vous intéresser

  • Plafond du PER : comment optimiser sa déduction fiscale ? Avantages fiscaux

    Plafond du PER : comment optimiser sa déduction fiscale ?

    Le Plan d'Épargne Retraite (PER) permet de préparer sa retraite tout en bénéficiant d'un avantage fiscal pendant la vie active. Les versements effectués sur le contrat peuvent, sous certaines conditions, être déduits du revenu imposable. Pour cela, chaque épargnant dispose d'un plafond qui indique les sommes prises en compte tous les ans. Explications.

    Lire la suite
  • Déduction fiscale du PER : comment réduire ses impôts grâce au plan d’épargne retraite ? Avantages fiscaux

    Déduction fiscale du PER : comment réduire ses impôts grâce au plan d’épargne retraite ?

    Quand on travaille à l’hôpital, on pense rarement à sa retraite au début de sa carrière. Pourtant, entre les primes, les gardes ou les heures de nuit, beaucoup d’agents hospitaliers constatent une baisse de revenus importante une fois à la retraite : de 25 à 30 % en moyenne. Le plan d’épargne retraite (PER) permet justement d’anticiper cette situation tout en bénéficiant d’un avantage fiscal : réduire ses impôts pendant la vie active. Pour les infirmiers, aides-soignants, cadres de santé ou praticiens hospitaliers, ce dispositif peut devenir un véritable outil pour préparer l’avenir plus sereinement.

    Lire la suite
  • Peut-on avoir 2 PER ? Avantages fiscaux

    Peut-on avoir 2 PER ?

    Le plan épargne retraite est devenu au fil des ans le produit financier préféré des Français pour se constituer un complément de revenu au moment de la retraite. En 2025, ils étaient plus de 12,7 millions titulaires d’un PER. Il faut dire qu’il présente bien des avantages avec ses modalités de sortie et ses déductions fiscales. Mais de nombreux épargnants se posent une question : est-ce qu’il est possible d’ouvrir plusieurs PER ? Voici quelques éléments de réponse pour vous aider à faire un choix éclairé.

    Lire la suite
  • Pourquoi ouvrir un PER pour sa retraite ? Avantages fiscaux

    Pourquoi ouvrir un PER pour sa retraite ?

    La retraite est souvent perçue comme une étape lointaine, particulièrement en début ou en milieu de carrière. Pourtant, anticiper cette période est essentiel pour préserver son niveau de vie une fois l’activité professionnelle terminée. Et en particulier pour les agents hospitaliers : le départ à la retraite s’accompagne d’une baisse des ressources financières, estimée de 25 à 30 % des revenus perçus. Le Plan Épargne Retraite (PER) constitue aujourd’hui l’un des principaux outils pour préparer sa retraite à long terme.

    Lire la suite
  • Ouvrir un PER : ce qu’il faut savoir avant de se lancer Avantages fiscaux

    Ouvrir un PER : ce qu’il faut savoir avant de se lancer

    Le PER (Plan Épargne Retraite) est devenu, depuis la loi PACTE, le produit d’épargne de référence. En effet, les Français cherchent de plus en plus à compléter leur future pension, d’autant que la pérennité du système de retraite par répartition fait l’objet de débats. Avant d’ouvrir un PER, il est indispensable de connaître certaines informations et de répondre à des questions incontournables.

    Lire la suite
  • Retraite d’un praticien hospitalier :âge de départ, trimestres et pension Métiers et Carrière

    Retraite d’un praticien hospitalier :âge de départ, trimestres et pension

    La retraite d’un praticien hospitalier (PH) répond à des règles particulières, avec un calcul différent de celui des autres agents. Ce qui ne change pas : même s’il est affilié au régime général de la Sécurité sociale pour sa retraite de base, le médecin ou praticien hospitalier doit valider entre 167 et 172 trimestres pour […]

    Lire la suite
  • Comment fonctionne la pension de réversion pour la retraite de base et pour un Plan Épargne Retraite ? Autres

    Comment fonctionne la pension de réversion pour la retraite de base et pour un Plan Épargne Retraite ?

    En cas de décès du conjoint ou ex-conjoint, il est possible de bénéficier d’une partie de sa pension de retraite de base. C’est le principe de la pension de réversion, que vous récupérez sous différentes conditions. Cela dépend du régime de retraite auquel le défunt a cotisé pendant sa carrière. Et dans le cas du PER du C.G.O.S ? Les sommes mises de côté par les affiliés ne sont pas non plus perdues. La Complémentaire Retraite des Hospitaliers (CRH) vous explique tout.

    Lire la suite
  • Comment maintenir son niveau de vie au moment de sa retraite ? Épargne retraite

    Comment maintenir son niveau de vie au moment de sa retraite ?

    Pendant la vie active, il est souvent difficile de s’imaginer à la retraite. Pourtant, de nombreux changements sont prévisibles et en particulier le niveau de vie. En effet, les agents hospitaliers doivent s’attendre à une baisse de leur revenu de 25 à 30% environ à la fin de leur vie professionnelle. Heureusement, des solutions existent pour s’assurer une meilleure stabilité financière et faire face aux imprévus. Et en particulier le Plan Épargne Retraite du C.G.O.S qui est le meilleur allié des retraités !

    Lire la suite
  • Fonction publique hospitalière : comment attirer et fidéliser les talents face à la concurrence du privé ? Métiers et Carrière

    Fonction publique hospitalière : comment attirer et fidéliser les talents face à la concurrence du privé ?

    Les établissements de soins publics ou privés font face depuis des années à une problématique de pénurie de professionnels de santé. Qu’il s’agisse du recrutement des infirmières ou des aides-soignantes, les directions des ressources humaines doivent mettre en place de véritables stratégies pour attirer les candidats dans leur hôpital ou EHPAD. Quelles sont les différentes démarches pour convaincre les nouveaux diplômés ou les professionnels de santé d’intégrer la Fonction publique hospitalière ? Explications.

    Lire la suite

Affiliez-vous dès maintenant et recevez 80 € en carte cadeau de bienvenue !

Je m’affilie
Mascotte CGOS tenant une carte cadeau de 80 €

Mentions légales

Le Plan Epargne Retraite du C.G.O.S correspond au contrat d’assurance vie de groupe ayant pour objet la couverture d’engagements de retraite supplémentaire dénommé “Complémentaire Retraite des Hospitaliers”. Ce contrat d’épargne retraite, dédié aux hospitaliers et à leur famille, est souscrit par le C.G.O.S auprès d’Allianz Retraite et prend la forme d’un PER individuel. Ses modalités de fonctionnement sont définies dans la Notice d’information.