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12 décembre 2025

L’activité physique : meilleure alliée de la femme enceinte ?

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Les femmes enceintes ont tendance à arrêter toute activité physique dès les premiers mois de grossesse. Or, depuis plus de 15 ans, les autorités médicales publient des recommandations montrant tous les bienfaits d’un exercice physique régulier pour les parturientes. La dernière étude en date, Pregmouv, a été lancée en septembre 2024 au CHU de Clermont-Ferrand. Quels sont les résultats ? Qu’en pensent les 250 femmes qui ont participé à cette enquête depuis 1 an ?

L’activité physique, une prescription de plus en plus courante

Le personnel soignant s’intéresse davantage à l’activité physique pour aider les patients à améliorer leur qualité de vie, lorsqu’ils sont atteints de certaines pathologies. Ce dispositif, l’APA (Activité Physique Adaptée) est proposée aux personnes :

  • atteintes d’une affection longue durée (ALD) ;
  • souffrant de malades chroniques (diabète, cardiopathie, cancer…) ;
  • présentant des facteurs de risque (hypertension, obésité…) ;
  • ou en perte d’autonomie.

L’APA est reconnue comme une thérapeutique non médicamenteuse. Ses bénéfices ont été démontrés pour les patients en freinant l’évolution de la maladie et en limitant les complications. Les répercussions sont aussi visibles sur la qualité de vie, la santé mentale et l’activité sociale des personnes.

Si cet accompagnement a montré de nombreux avantages, il ne concerne pas les femmes enceintes. Il est vrai qu’il ne s’agit pas d’une maladie et que l’état est temporaire… Mais pourquoi ne pas proposer aux futures parturientes de suivre le même type de programme ?

Les effets de l’activité physique durant la grossesse selon l’HAS

La Haute Autorité de Santé a publié en 2019 un référentiel concernant la consultation et la prescription d’activité physique et sportive pour les femmes enceintes et en post-partum.

Les changements physiologiques liés à la grossesse

Durant la grossesse, de nombreux paramètres physiologiques évoluent :

  • la fréquence cardiaque augmente, même au repos ;
  • les besoins en oxygène sont plus importants.

Les modifications morphologiques sont significatives comme l’augmentation du volume de l’abdomen : cela perturbe l’équilibre de la femme et provoque des douleurs dorsales et du pelvis.

Le gain de poids augmente aussi les contraintes au niveau du squelette, des muscles, des articulations et des ligaments. Cela peut favoriser une obésité ultérieure. La Haute Autorité de Santé rappelle que le surpoids des femmes enceintes est en forte augmentation, provoquant des complications sévères pendant la grossesse et l’accouchement.

Enfin, l’incontinence urinaire est fréquente pendant la grossesse. Elle est souvent due à des lésions des muscles du périnée.

Les apports de l’activité physique chez la femme enceinte et en post-partum

Lorsque la HAS préconise de l’activité physique, cela correspond à des séances :

  • jusqu’à 3 heures par semaine ;
  • réparties sur un minimum de 3 jours par semaine ;
  • d’intensité modérée.

Bien sûr, chaque femme est différente : la pratique est adaptée à l’état de santé, la condition physique et l’évolution de la grossesse.

Les premiers effets bénéfiques pendant la grossesse sont le maintien ou l’amélioration de la condition physique de la parturiente, une prévention du diabète gestationnel et de la prééclampsie. Et ce n’est pas tout : les douleurs lombaires et pelviennes sont réduites ainsi que les risques d’incontinence.

Les contre-indications et les précautions à la pratique d’une activité physique

Bien sûr, une consultation médicale est recommandée pour ajuster le niveau et la fréquence de l’activité physique. Il existe aussi des contre-indications : en cas de grossesse de rang élevé (triplés), un travail prématuré ou des antécédents de fausses-couches à répétition, par exemple. Certains signes peuvent justifier un arrêt de l’activité physique : des vertiges, un essoufflement persistant ou une fuite du liquide amniotique

En revanche, la pratique de la marche, de la natation ou du vélo stationnaire est conseillée. Le yoga et le pilates aussi, en évitant les positions provoquant une hypotension artérielle. Sont à éviter les sports avec des risques de chute comme l’équitation, le vélo ou le ski alpin.

Conclusion de la HAS : La pratique d’une activité physique pendant la grossesse est fortement recommandée chez les femmes habituellement inactives et/ou sédentaires et chez les femmes en surpoids ou obèses avant la grossesse (IMC ≥ 25 kg/m²). Le programme doit être régulier, réparti sur la semaine et individualisé en tenant compte de l’état de forme de la parturiente.

L’étude Pregmouv valide l’intérêt de l’activité physique pendant la grossesse

Même si la pratique physique est indiquée dans de nombreux écrits, le CHU de Clermont-Ferrand a décidé de lancer une étude inédite en suivant plus de 250 femmes enceintes pendant un an.

Comment se déroule l’étude Pregmouv ?

Cette enquête, à l’initiative d’une sage-femme du CHU, a été lancée en septembre 2024 et se déroule sur trois ans. Elle concerne toutes les femmes résidant dans la métropole clermontoise qui ont prévu d’accoucher au CHU de Clermont-Ferrand ou à la clinique de la Châtaigneraie. Il est prévu d’intégrer à peu près 630 parturientes, suivies pendant 12 mois.

Elles sont incluses dès la fin du 1er trimestre et sont ensuite tirées au sort pour suivre un des quatre parcours suivants :

  • une consultation dédiée à l’activité physique ;
  • une pratique libre ;
  • des séances en visioconférence ou en salle ;
  • des formats mixtes.

27 séances d’activité physique sont proposées toutes les semaines en présentiel ou en visio-conférence, grâce à un partenariat avec des structures sportives de la ville.

Les études Néomouv (l’impact sur les nouveau-nés) et Cordimouv (analyse du sang de cordon) sont associées à l’enquête Pregmouv. Cela complète les informations sur la pratique de l’activité physique.

Un compte Instagram participe à la communication de ce dispositif : il est possible de voir un cours en visio ou en présentiel. C’est très concret !

Qu’en pensent les participantes ?

Que du positif ! Voici quelques exemples :

« J’étais dans le groupe mixte et j’ai pu profiter des séances de sport à raison de 2 fois par semaine jusqu’à 39 semaines d’aménorrhée. Je ne peux que recommander cette étude et reste intimement convaincue des bienfaits de l’activité physique pendant la grossesse. »

« Je suis convaincue qu’avoir continué le sport, adapté à mon état de grossesse, jusqu’à l’accouchement a largement contribué à garder un bon cardio et une bonne musculature permettant une reprise plus facile (outre la prise de poids limitée à 9 kg). Bref, le sport pendant la grossesse, c’est vraiment essentiel et j’espère que votre étude permettra de prouver cela ! »

Depuis le début de l’étude, 170 bébés Pregmouv sont nés, permettant de recueillir les témoignages des jeunes mères après leur accouchement. Ces initiatives permettent aux futures mères d’envisager leur grossesse autrement.

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