cgos.info Espace agent
Retour

Vie des hospitaliers

Infos hospitalier

29 octobre 2025

La ménopause : vers la fin d’un tabou chez les patientes comme chez les soignantes

En savoir plus pour préparer votre retraite ?

Consultez
la documentation

Je télécharge
Agent hospitalier Practicien hospitalier

Estimez votre
retraite de base

J'estime

Découvrez
les 9 avantages de la CRH

Je découvre
Agent hospitalier Praticien hospitalier

Depuis quelques années, les femmes se sont emparées du sujet de la ménopause pour qu’il ne soit plus un tabou. Des podcasts à la mise en place de cohortes (Climatère), le monde médical et la société dans son ensemble s’emploient à lutter contre l’invisibilité de cet état qui concerne toutes les femmes. En 2025, cela représente 17,2 millions de Françaises âgées de plus de 45 ans. Il était temps d’en parler : le 18 octobre est la Journée Mondiale de la Ménopause.

Qu’est-ce que la ménopause ?

C’est la première question à se poser, tant ce sujet reste tabou : la définition même de la ménopause est encore mal connue.

L’origine du mot

Ce mot est assez facile à comprendre si l’on reprend les deux mots qui le composent :

  • Méno signifie en grec menstrues (règles) ;
  • Pause pour arrêt.

La ménopause désigne donc l’arrêt des règles et du cycle ovarien. Cette période de la vie des femmes est un passage obligé au même titre que la puberté. Toutes les femmes vont connaître cet état qui intervient généralement entre 45 et 55 ans.

Les symptômes de la ménopause

Une femme est considérée comme ménopausée lorsque la disparition des règles dure depuis au moins un an. La baisse des taux d’œstrogènes dans le sang provoque différents symptômes comme :

  • des bouffées de chaleur du torse jusqu’au visage ;
  • une fatigue accrue ;
  • des troubles de l’attention et de la mémoire ;
  • des douleurs articulaires ;
  • une prise de poids ;
  • une sécheresse cutanée.

La liste est longue, et bien sûr, les femmes ménopausées ne cumulent pas (heureusement) tous les symptômes. L’Inserm indique que 87 % des femmes présentent au moins un symptôme de ménopause en plus de l’arrêt des règles. 20 à 25 % des personnes interrogées souffrent de troubles sévères qui affectent leur qualité de vie.

Et l’on peut se demander comment cet état physiologique naturel a pu être passé sous silence. Alors que les manifestations cliniques sont très significatives, créant des effets importants sur la vie des femmes. Selon Santé Publique France, 70 % des Françaises estiment que ce thème n’est pas suffisamment abordé dans la société.

La prise de parole des femmes ménopausées

Pour sortir la ménopause du silence, des femmes ont décidé de parler et de témoigner de leur expérience. En effet, la vie personnelle, mais aussi professionnelle, est impactée par les symptômes de la ménopause.

Des podcasts pour témoigner

Les médias traditionnels (presse, radio et télévision) n’ont pas été les fers de lance sur ce sujet. Les femmes s’en sont alors emparées en produisant des podcasts dédiés. Depuis, la parole des femmes est entendue avec des conseils pour réduire les effets des symptômes de la ménopause. Les autrices de ces podcasts sont, en majorité, des femmes des médias, avec une certaine notoriété. Il s’agit par exemple d’Elsa Wolinski avec « Allez j’ose » qui interviewe des personnalités telles que Carla Bruni ou Isabelle Marant.

« La fin des règles » d’Aude Hayot a été lancé en 2023 et aborde des sujets tels que la sexualité, les traitements et la vie professionnelle. Claire Fournier, autre journaliste, a quant à elle, créé le podcast « Chaud dedans » pour répondre à ses interrogations alors qu’elle était en péri-ménopause.

L’ex-Miss France, Linda Hardy a aussi été l’invitée de ces podcasts après avoir publié un livre « Ménopause Attitude », paru en 2025.

Des actions gouvernementales pour accompagner les femmes ménopausées

25 propositions concrètes de la mission parlementaire

La députée Stéphanie Rist, qui a mené cette mission, a tenu à proposer des actions concrètes « applicables et clé en main (…) pour trouver le chemin de l’action ».

Parmi les annonces, il est possible d’en citer deux, parmi les plus importantes.

Une meilleure prise en charge de la ménopause par les professionnels de santé

Autour de 45 ans, les femmes doivent pouvoir bénéficier d’un bilan 360 degrés. Ce « Bilan prévention » permet d’informer mais aussi d’orienter les femmes vers d’autres professionnels, si nécessaire. D’ailleurs, il est acté l’importance de créer des outils pour les professionnels de santé, qui eux aussi, sont peu informés sur ce sujet.

La prise de conscience du coût économique de la ménopause

Pour l’heure, il n’existe aucune statistique sur ce sujet en France. Le Japon, en revanche, a estimé le coût à 11 milliards par an. Sont pris en compte :

  • La baisse des performances ;
  • L’absentéisme ;
  • La démission.

Le chiffrage du coût en France devrait permettre une meilleure prise de conscience par le monde économique mais aussi par l’ensemble de la société. Les employeurs sont encouragés à engager un dialogue social sur ce thème.

Une cohorte prospective en ligne : Climatère, pour mieux comprendre la ménopause en France

L’objectif de cette cohorte est de fournir de nouvelles informations sur la santé des femmes non ménopausées, en périménopause et en ménopause. L’ensemble des données participe à :

  • mieux anticiper les besoins en santé publique ;
  • améliorer les connaissances médicales et les traitements ;
  • reconnaître et traiter les symptômes sous-estimés ;
  • répondre aux enjeux sociaux et économiques ;
  • promouvoir une médecine basée sur des données françaises ;
  • connaître les attentes en matière de sensibilisation et d’éducation.

Des actions apparaissent au sein des hôpitaux

Petit à petit, des propositions émergent au sein de hôpitaux pour prendre en compte la ménopause. De ces actions à destination des patientes, naissent des ateliers concernant aussi les soignantes.

Des ateliers en petits groupes

L’Institut de Gynécologie Médicale à l’hôpital Paris Saint-Joseph (Paris) propose des ateliers thématiques en demi-journée (4 ateliers successifs, 10 patientes par session) pour la prise en charge des symptômes de la ménopause Ce format est adaptable pour des sessions internes destinées au personnel (cas cliniques, bilan, communication patient).

Un atelier « Bien-être au travail » pour soignantes ménopausées a été proposé dans les recommandations du rapport Rist.

Tous les sujets devraient être abordés comme :

  • la gestion des bouffées de chaleur,
  • la stratégie sommeil,
  • la sophrologie/relaxation,
  • les adaptations horaires/tenues.

Les derniers articles