S’il y a bien un métier qui n’est pas connu par les patients dans un établissement hospitalier, c’est celui de documentaliste médical. En effet, il n’a pas de blouse blanche mais il joue un rôle important pour permettre à l’ensemble du personnel médical de connaître les dernières publications dans leur domaine. Focus sur ce métier à connaître !
Les missions principales du documentaliste médical
Le documentaliste médical collecte, analyse, organise et diffuse l’information médicale au sein de l’établissement hospitalier et auprès du public.
La veille scientifique et les recherches documentaires
Le premier travail du documentaliste médical est d’effectuer la veille dans les publications de revues spécialisées ou encore sur les sites institutionnels. Cela lui permet de repérer des informations récentes et pertinentes pour les différents praticiens et chercheurs.
Ces recherches correspondent aux demandes des médecins ou du personnel administratif. Ces derniers n’ont pas toujours la possibilité de consulter des bases de données spécialisées, internationales comme françaises (PubMed ou BDSP, Banque de données en santé publique).
L’organisation et la gestion de l’information
C’est une autre partie importante de la mission : l’organisation et la gestion de l’information, une fois qu’elle est récoltée.
Le documentaliste médical a la charge du centre de documentation et de la bibliothèque hospitalière. Il crée et alimente les bases de données internes avec les thèses ou les articles produits. Il met en place des outils de gestion des références pour retrouver rapidement toutes les publications qui ont été compilées.
La transmission et la diffusion de la documentation médicale
Une fois que l’information a été trouvée puis référencée, le documentaliste médical doit la transmettre et la diffuser. Pour cela, il élabore des synthèses documentaires mais aussi des revues de presse médicales ou encore des bulletins d’informations et des newsletters.
C’est un travail important qui permet aux équipes médicales de bénéficier d’une information toujours pertinente.
La formation et l’accompagnement des équipes médicales
Cette facette de leur métier n’est pas toujours connue : le documentaliste peut transmettre aussi ses connaissances en matière de bibliographie ou de recherches documentaires. À travers des ateliers, il initie les étudiants ou le personnel médical et paramédical aux méthodes de veille, ainsi qu’aux outils numériques spécifiques.
La formation et les compétences requises pour un documentaliste médical
Ce métier nécessite une formation spécifique. Mais ce n’est pas tout : des compétences particulières sont importantes pour devenir un documentaliste médical qualifié.
La formation des documentalistes en santé
Pour exercer ce métier, il est recommandé de suivre un cursus universitaire de sciences de l’information-documentation, jusqu’au master. Différentes spécialités sont possibles au moment du Bac +5, comme master science de l’information et des bibliothèques ou master stratégies informationnelles et documentation numérique, par exemple.
Les compétences nécessaires pour un documentaliste en santé
Au-delà de la formation, le documentaliste médical doit présenter des compétences particulières :
- Une capacité de synthèse et d’analyse critique ;
- Une facilité pour travailler sur plusieurs sujets dans une même journée ;
- Une grande curiosité car il n’est pas nécessaire au départ d’avoir des connaissances médicales particulières ;
- Un sens de la pédagogie pour transmettre et former aux outils documentaires ;
- Une certaine éthique (protection des données sensibles).
Bon à savoir : la Journée nationale des bibliothécaires et documentalistes en santé est organisée tous les ans, depuis 2017. Un bon moyen de mieux connaître le périmètre de ce métier au sein des établissements de soins.
Les évolutions possibles pour un documentaliste médical
Ce métier est en pleine mutation avec la numérisation et le développement de l’intelligence artificielle.
Il est possible de devenir responsable du centre de documentation d’un établissement ou coordinateur de veille scientifique et médicale. Et bien sûr formateur aux outils numériques.
D’autres spécialisations sont possibles :
- Le traitement des données en lien avec la prévention et la surveillance sanitaire ;
- La documentation en imagerie médicale, génétique et IA médicale ;
- La gestion des données issues d’études cliniques et de projets de recherche ;
- L’accompagnement du personnel médical pour la publication en open access…
Le champ des possibles ne cesse de s’ouvrir pour ce métier au carrefour de plusieurs évolutions massives comme la numérisation des données, la veille stratégique et l’IA.
Le salaire du documentaliste en santé
Le statut de documentaliste médical n’existe pas dans la Fonction publique hospitalière. Cela reste un sujet sensible car il y a de grande diversité de statuts : les documentalistes peuvent avoir l’impression de ne pas être reconnus dans leur fonction.
Un statut de technicien supérieur hospitalier
À défaut d’avoir un statut officiel, la plupart des documentalistes sont considérés comme des techniciens supérieurs hospitaliers. Ils appartiennent à la catégorie B mais certains demeurent dans la catégorie C. D’autres avec plus de responsabilités bénéficient d’un statut de catégorie A.
Le salaire d’un documentaliste en santé
Plusieurs grilles indiciaires sont applicables :
- Adjoint administratif, catégorie C : entre 1 600 et 1 800 euros bruts par mois ;
- Technicien supérieur hospitalier, catégorie B : entre 1 950 et 2 650 euros bruts par mois ;
- Responsable structure, catégorie A : entre 1 890 et 2 180 euros bruts par mois.