Des formations pour devenir un éco-infirmier

Vous ne les connaissez peut-être pas et c’est normal puisqu’ils sont moins d’une centaine sur le territoire français. Les éco-infirmiers sont des soignants qui travaillent dans un domaine qui prend tous les jours plus d’importance : la santé environnementale. Comment nos comportements ont un impact direct sur notre santé ? Quelles pratiques adoptées face aux enjeux climatiques qui se présentent dans les années à venir ? Des formations existent pour apprendre à mieux appréhender ces changements environnementaux. Explications.

Qu’est-ce que la santé environnementale ?

Contexte

Les alertes concernant les changements climatiques, nos nouveaux modes de vie produisent déjà des effets sur notre santé. L’arrivée du moustique tigre en France métropolitaine et les maladies qu’ils transmettent sont directement liés aux transports internationaux. En multipliant nos déplacements pour des raisons commerciales ou personnelles, cet insecte a réussi à s’adapter à différents environnements et en particulier au milieu urbain avec la multitude de récipients. L’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) rappelle que seul l’Antarctique est préservé de cette espèce invasive. L’inquiétude que suscite l’arrivée de cet insecte est liée aux maladies qu’il transmet. Et si la dengue, le virus du chikungunya ou du Zika devenaient des maladies chroniques sous nos latitudes ?

La prévention en santé environnementale

Les nouvelles pathologies sont de plus en plus liées à nos comportements et en particulier ceux qui concernent les impacts sur notre environnement : l’arrivée des moustiques tigres ainsi que la pollution. En 2022, Santé publique France publie des chiffres significatifs : 40 000 personnes décèdent chaque année de la pollution de l’air en France. Les risques à court-terme et à long-terme sont listés, parmi lesquels des maladies cardio-vasculaires ou respiratoires. Les conséquences de la pollution peuvent aussi provoquer des troubles de la reproduction, du développement de l’enfant ou encore du diabète de type 2. L’Ademe (Agence de la transition écologique), en lien avec l’Anses organise les rencontres scientifiques Air et Santé en juin 2023. Preuve s’il en est que la santé et l’environnement sont indissociables : 90 % de la population mondiale respire de l’air pollué.

Le PER du C.G.O.S, plus simple qu’il n’y paraît

Vous en entendez parler, mais vous ne savez pas toujours par où commencer ? Pas d’inquiétude, on vous guide pas à pas pour comprendre son fonctionnement, ses objectifs et la façon dont il peut s’intégrer dans votre préparation retraite.

Découvrir

One Health, une seule santé pour les vivants

Ce concept, que l’Anses traduit par « une seule santé », intègre tous les organismes vivants dans l’approche des enjeux sanitaires. Pour accréditer cette vision globale, l’agence indique que 60 % des maladies humaines infectieuses ont une origine animale, à cause, entre autres de :

• L’accroissement de la population mondiale et des animaux domestiques ;

• L’intensification des transports ;

• La dégradation de l’environnement ;

• La déforestation ;

• Et aussi, comme déjà évoqué, le changement climatique.

Cette approche, qui date des années 2000, fait partie de plusieurs programmes menés par l’OMS. Le Gouvernement a annoncé en mars 2023, de son côté, la création à Lyon d’un Institut One Health pour « devenir l’organisme de référence pour la formation et l’expertise des décideurs sur les sujets ‘une seule santé’ en France« .

Quel est le rôle d’un éco-infirmier ?

Le précurseur, en France, des réflexions sur l’impact des changements environnementaux sur la santé est Philippe Perrin qui est le directeur de l’institut de formation consacré à la Santé Environnementale (IFSEN). Depuis plusieurs années, il s’attache à montrer l’importance grandissante de ces phénomènes et l’intérêt à mener des actions de prévention pour limiter les pathologies. Il défend en particulier cette notion de « One Health ».

L’expert de la santé environnementale au sein des établissements de santé

L’éco-infirmier s’éloigne des compresses et des soins curatifs pour consacrer son temps à la prévention que la promotion de la santé environnementale.

L’éco-infirmier intervient pour proposer des solutions pratiques à des problématiques rencontrées par les équipes dans les services. Il peut s’agir d’une volonté d’améliorer les achats responsables mais aussi d’intervenir dans les projets de rénovation, par exemple.

L’éco-infirmier est aussi un référent de la santé environnementale au sein de l’établissement : il participe aux commissions ou groupes de travail Développement Durable, devenus obligatoires ; Les conférences et expositions, organisées par l’éco-infirmier sont aussi bien destinées aux patients qu’au personnel de l’établissement de soins.

Les questions des patients sont nombreuses

Si les professionnels de santé ont de vrais déficits d’informations sur la santé environnementale, les patients s’interrogent de plus en plus sur ces thématiques. Comment alimenter sainement nos enfants ? Comment protéger efficacement nos aînés de la surchauffe d’été ? Les infirmiers hospitaliers sont à leur place pour jouer un rôle déterminant sur ces questions transversales.

Quelles formations pour devenir un éco-infirmier ?

Alors que l’intérêt pour ces sujets est grandissant, les possibilités de formation ne sont pas encore très nombreuses. Mais elles existent.

Le pré-requis pour devenir éco-infirmier est bien sûr d’être infirmier diplômé d’État (IDE). Le statut d’éco-infirmier n’est pas reconnu dans la grille indiciaire : il n’y a pas pour l’instant de reconnaissance de cette spécialisation comme pour l’IBODE ou l’IADE, par exemple.

L’IFSEN ou l’Institut de formation en santé environnementale

Il propose depuis 2013, une formation abordant l’ensemble des thématiques reliant la santé et l’environnement. Ses diplômés participent ensuite à la formation des étudiants infirmiers dans certains IFSI (Institut de formation en soins infirmiers). D’autres interviennent auprès des professionnels de santé pour qu’ils prennent en compte cette dimension dans leurs pratiques quotidiennes. Certains ont intégré des structures comme des crèches ou des PMI.

Le Diplôme Universitaire (DU) « Management du développement durable en santé de l’université de Montpellier.

Ce cursus est possible en formation continue ou en formation initiale avec 200 heures d’enseignement. Les objectifs du DU visent à appréhender le développement durable et ses enjeux ainsi que la manière de l’appliquer au sein de l’établissement.

L’université de la Sorbonne propose un DU « Développement durable en santé : du concept à la pratique de soins ».

Plusieurs modules permettent d’explorer l’impact environnemental du système de santé ou la conception durable du soin, par exemple. La formation dure 88 heures et se déroule en distanciel.

La formation continue ChanCES dispensée par l’EHESP (École des hautes études en santé publique) – Changement climatique, transitions et santé

Cette formation permet aux stagiaires d’appréhender les défis à relever en termes de santé publique posés par le changement climatique et les grandes évolutions environnementales. Les stagiaires bénéficient d’un accompagnement personnel pour la mise en œuvre d’un projet concret au sein de leur institution ou d’un territoire.

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