Le métier d'aide-soignante en hôpital psychiatrique : savoir adapter ses pratiques

date de publication 7 novembre 2019

Travailler comme aide-soignante à l’hôpital, c’est d’abord assurer les soins d’hygiène et de confort au patient. Mais les missions de l’aide soignante en psychiatrie sont sensiblement différentes : en plus de devoir faire preuve de beaucoup d’observation, confrontée au quotidien à des réactions inattendues, voire à de l’agressivité, elle doit davantage convaincre du bien fondé des traitements, être à l’écoute des souffrances, s’habituer à l’idée que les patients puissent refuser sa prise en charge sans véritable raison. Tous les témoignages des aides soignantes en psychiatrie convergent dans ce sens. Pour devenir aide soignante en psychiatrie, il faut être titulaire du diplôme d’Etat d’aide-soignant (DEAS). Selon la grille indiciaire, le salaire brut en début de carrière est de 1537 euros.

aide-soignante en hôpital psychiatrique

L'aide-soignante en hôpital psychiatrique

Quel que soit le type d’établissement dans lequel il travaille, l’aide-soignant a toujours une forte proximité avec le patient. En collaboration avec l'infirmier et sous sa responsabilité, il assure les soins d'hygiène et de confort : toilette, repas, réfection des lits, accueil, installation et transfert des patients...
Mais en psychiatrie, l’aide-soignant se voit attribuer des tâches spécifiques, comme l’explique Walid, aide-soignant depuis 3 ans dans le service de psychiatrie d’un hôpital de Loire-Atlantique :

« Il faut aussi savoir écouter, surtout en psychiatrie. On peut faire de la communication verbale et non verbale, mais ce qui est important c’est d’accompagner le patient dans les gestes de la vie quotidienne.
En psychiatrie, on est confronté à la violence, à l’agressivité, on est parfois en conflit avec le patient s’il refuse des soins… On est souvent confronté à des situations bloquantes, c’est notre quotidien… » Refus de traitement, refus des soins, refus de s’alimenter ou de s’hydrater, en 3 ans Walid a été confronté à toutes les situations et aujourd’hui, il peut apporter des solutions : « Il faut savoir s’adapter : quand on n’y arrive pas, on va voir le collègue aide-soignant ou l’infirmière, on lui dit : « ça ne passe pas, est-ce que tu peux me donner un coup de main ? ». Et en général, ça passe mieux avec le ou la collègue ! En psychiatrie, c’est important d’avoir une équipe solide sur laquelle on peut s’appuyer, donc de savoir travailler ensemble pour de meilleurs résultats.… »

La relation aide-soignant / patient en hôpital psychiatrique

« En service psychiatrique, la toilette de l’aide-soignante prend une autre dimension : son but n'est pas simplement hygiénique, elle permet de rentrer en relation avec le patient »

La principale difficulté du métier, c’est peut-être d’accepter l’échec d’une prise en charge telle qu’elle est prévue, savoir ne pas s'accrocher à une conduite à tenir à tout prix, prendre le recul nécessaire…

A 51 ans, Sophie est une aide-soignante expérimentée du sud de la Bretagne et elle confirme le ressenti de son jeune collègue Walid : « En service psychiatrique, une toilette prend une autre dimension, son but n'est pas simplement hygiénique, elle permet de rentrer en relation avec le patient, de l'accompagner, de l’encourager, de le valoriser… » Titulaire du diplôme d'État d'aide-soignant (DEAS), elle fait partie des emplois classés en « catégorie active », pour tenir compte des risques et des fatigues occasionnées. Conséquence : pour elle, comme pour ses collègues aides-soignants, l’âge d’ouverture des droits à la retraite est fixé à 57 ans.

« Honnêtement, je serai contente de pouvoir décrocher le moment venu, c’est quand même très fatiguant nerveusement… » reconnaît Sophie.

En fin de carrière, comme aide-soignante, conformément à sa grille indiciaire, l'aide-soignante en hôpital psychiatrique perçoit un peu moins de 2000 euros de salaire brut.

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