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16 septembre 2021

Mieux comprendre la fatigue compassionnelle

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La pandémie COVID-19 a révélé de nombreuses difficultés pour le personnel soignant confronté à une situation inédite pour le système de santé. On a constaté notamment le développement d’une fatigue compassionnelle chez certains professionnels. Des symptômes identifiés depuis plus de trente ans chez les soignants. Quels sont ses facteurs de risque et les moyens de prévention de la fatigue compassionnelle ? Explications pour mieux comprendre et détecter.

comprendre fatigue compassionnelle

La fatigue compassionnelle est liée à l’exposition aux traumatismes des patients

Jusqu’à la crise sanitaire COVID-19, les cas de soignants victimes de fatigue compassionnelle étaient essentiellement relevés dans les EPHAD, dans les services de gériatrie ou d’oncologie. Des espaces où les personnels vivent au quotidien avec les traumatismes des patients mais aussi avec le sentiment que les soins prodigués ne sont pas toujours efficaces. En effet, la compassion se définit comme le partage des souffrances d’autrui, en faisant tout pour y remédier. Ne pas réussir à les diminuer ou à les éliminer peut donc être pris comme échec, notamment quand surtout si c’est son métier. Cela provoque alors un sentiment de fatigue et d’épuisement, voire de dépression.

Fatigue compassionnelle : deux définitions

Dans le Dictionnaire des Risques Psychosociaux, (Le Seuil 2014 sous la direction de Philippe Zawieja et Franck Guarnieri), les auteurs proposent deux définitions. La première, enseignée dans les écoles de soins infirmiers :

« une conséquence négative du contact prolongé avec la souffrance d’autrui, à l’occasion de laquelle le soignant témoigne de symptômes tels que la colère, la dépression et l’apathie »Et la seconde plutôt utilisée par les psychologues : « le sentiment d’épuisement physique et émotionnel que les professionnels de la relation d’aide sont susceptibles de développer au contact de la souffrance, au point que leur vision du monde et leurs croyances fondamentales en sont profondément et durablement ébranlées ».

La fatigue compassionnelle est étudiée depuis plusieurs années

Dans un article de la revue médicale suisse, (Vulnérabilité et Santé, 2021), les auteurs précisent que la crise COVID-19 a mis en lumière cette difficulté rencontrée par les personnels soignants. Pour autant, cela ne doit pas laisser penser que le phénomène est uniquement lié aux grandes crises traumatiques ou sanitaires. Selon eux, il faut admettre que :

  • ce syndrome est bel et bien réel ;
  • sa survenue peut apparaitre chez les professionnels qui travaillent dans les métiers visant à aider autrui ;
  • le vécu d’une détresse émotionnelle est une réponse tout à fait « normale » et physiologique, lorsqu’on est confronté à la souffrance et aux traumas d’autrui.

Des symptômes difficiles à identifier

Il est assez difficile de diagnostiquer cet état pour l’encadrement, les collègues, mais aussi la personne victime elle-même. En effet, les symptômes peuvent être ceux de n’importe quelle fatigue ou dépression passagère : irritabilité, colère, anxiété, perte de sommeil, difficultés au réveil, maux de tête, etc. Mais ils sont généralement associés à une tristesse générale. Assez fréquemment, le soignant va jusqu’à rejeter son métier « qui ne lui permet pas de réduire la souffrance ». Il peut décider de rendre sa blouse et changer de profession.

Quelles différences avec l’empathie ?

À la différence de la posture de compassion, l’empathie n’implique pas le partage de la douleur par les soignants. Ils vont comprendre le patient, ce qu’il ressent. Selon la neuroscientifique et psychologue Olga Klimecki, de l’Université de Genève,

« l’empathie c’est un miroir des émotions d’autrui quand la compassion implique un sentiment de bienveillance, avec la volonté d’aider la personne qui souffre ». (source : journal 93 de L’Université de Genève).

La fatigue compassionnelle n’est pas liée à l’organisation du travail

Il convient de ne pas se méprendre. L’organisation du travail n’est pas responsable de la fatigue compassionnelle. C’est bien le lien avec le traumatisme du patient auprès duquel le professionnel de santé intervient qui en le principal responsable.

Comment prévenir la fatigue compassionnelle ?

La prévention demande un travail et une attention sur trois niveaux : l’individu, le service et enfin l’organisation ou l’institution.

Sortir de son rôle de soignant

Pour éviter de rester dans une posture de compassion permanente qui peut provoquer l’épuisement, il est nécessaire de trouver des échappatoires. Des moments culturels, sportifs, de réflexion… tout ce qui permet de ne plus être en lien avec la souffrance. Cela a été une des difficultés lors de la crise COVID où les soignants ont été très sollicités.

Éviter les missions répétitives

C’est au niveau du service et de l’encadrement que la vigilance doit être aussi de mise. La répétition des missions est l’une des causes de la fatigue compassionnelle. Les psychologues du travail proposent d’assurer des changements de postes ou de missions réguliers.

Prendre en compte cette souffrance

Des solutions existent, comme la mise en place de séances de débriefing, l’intervention de psychologue auprès des équipes ou bien encore des formations ou des rencontres avec des experts sur le sujet. L’idée est d’éviter l’isolement ou le sentiment d’être seul à ressentir cette douleur.

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